‹ Essai sur le traitement des ulcères gastro-duodénaux par certaines méthodes d'organothérapieChapitre 10 sur 20 · AE À · texte numérisé non relu

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trouvé une hypoglycémie et un mécanisme glycorégulateur troublé ; d’autre part, chez certains sujets, l’insuline ne s’est montrée active qu’en lui associant du sirop de sucre.

Goyÿena voit dans l’insulinothérapie une action empéchante sur l’hypoavitaminose, hypothèse, qui, pour Harris, explique la fréquence de l’ulcère aux U.S.A où l’alimentation est pauvre en vitamines.

Kes$'akoff observant une différence d’action suivant l'insuline employée remarque que plus l'insuline est purifiée, moins elle est active ; c'est pourquoi Gley et Kisthinois ont émis l’hypothèse que dans l'insuline il y avait deux substances ; l’une hypo-glycémiante, l’autre vasculaire et trophique qu'ils ont isolée sous le nom d’angioxyl.

Les injections d’extrait post-hypophysaire

MM. Drouet et Simonin ayant injecté de l'extrait posthypophysaire à un malade présentant à la fois une polyurie insipide et un ulcère du duodénum avec hypersécrétion acide importante de l'estomac, furent surpris de constater que ce qui était fait pour n’influer que sur la première affection agissait également et d’une façon très favorable sur la seconde. A la suite de cette remarque ils recherchèrent s’il y avait coïncidence fortuite ou relation causale.

Ils expérimentèrent sur quatre cas d’hyperchlorhydrie, quatre ulcères gastriques et un ulcère duodénal. Ayant dosé une première fois le suc gastrique après injection d’histamine, ils ont refait la même épreuve, cette fois

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précédée par l'injection d'extrait d’hypophyse une dizaine de minutes auparavant.

Chez presque tous les sujets ainsi éprouvés, le taux de l'acidité gastrique s’est montré la seconde fois notablement inférieur à ce qu’il était la première.

D'autre part, ayant soumis leurs malades à une série de dix à vingt injections quotidiennes d'extrait posthypophysaire Choay, MM. Drouet et Simonin virent non seulement baisser l’hyperchlorhydrie mais encore s’amender ou disparaître les phénomènes douloureux subjectifs et même les signes radiologiques.

Pour eux, la clé du problème réside dans l’action élective de l'hormone pituitaire sur les chlorures du sang.

« Nous avons en effet noté, disent-ils, chez quelquesuns de nos malades, une diminution des chlorures du sang et une augmentation de l’excrétion chlorurée urinaire après injection d’extrait post-hypophysaire, et nous avons constaté, en outre, en dosant séparément le chlore globulaire et le chlore plasmatique que la diminution portait surtout sur le chlore globulaire.

« C’est cette action d'élimination tissulaire du chlore ou des chlorures que nous considérons comme responsable de la diminution de l'acidité gastrique. »

Et ailleurs, ils concluent :

« Il est possible, comme nos observations le démontrent, d'obtenir la guérison, non seulemen: clinique mais radiologique, sans l’aide d’aucune autre médication, sauf cretaines restrictions alimentaires, et ceci dans un délai relativement court. »

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Pepsinothérapie

La pepsinothérapie a été instaurée en France par le professeur Loeper. On connaît les travaux que, depuis 1921, ce dernier a poursuivis sur la pepsine, hormone qui active la sécrétion gastrique lorsqu'elle est introduite par la bouche. En 1928, il eut l’idée de l’employer dans le traitement des ulcères gastro-duodénaux pratiquant, comme le dit Debray, une véritable homo-opothérapie, tandis que les autres traitements organothérapiques n'étaient que des hétéro-opothérapies.

En 1930, Loeper, Debray, Michaux et Mlle Sainton publient vingt-deux observations d’ulcus traités par les injections hypodermiques de pepsine.

Glaessener, de son côté, à Vienne, avait dès 1927, indiqué les résultats obtenus dans le traitement des ulcères gastro-duodénaux par les injections de pepsine.

Il n’y a pas de contre-indication au traitement des ulcères par la pepsine ; toutefois ceux d'évolution récente, sont plus favorablement influencés.

Le traitement consiste en plusieurs séries d’injections : la première en comprend quinze, au rythme de trois par semaine ; on commence par 1/4 de centimètre cube en piqûre intramusculaire, la dose est ensuite augmentée d’un 1/2 centimètre cube chaque fois, jusqu’à ce qu’on ait atteint le maximum de 2 centimètres cubes ; je produit employé est une pepsine neutralisée et stérilisée par l’adjonction de benzoate de soude suivant la méthode de Bousquet.

Pendant ce traitement, seul le régime de l'exclusion est préconisé : pas de crudités, ragoûts, salaisons, condi-

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ments, vin et café, mais la viande est conseillée. Aucune médication adjuvante n'est prescrite.

Un mois environ après les première série d’injections, les malades sont soumis à une seconde série de piqûres, faites cette fois au rythme de ‘deux par semaine et jusqu’à concurrence de douze. En général, quatre à cinq séries d’injections sont pratiquées au cours de la première année, deux à trois au cours de la seconde.

Les injections sont presque toujours bien tolérées, mais il arrive que les premières provoquent chez certains malades une légère réaction thermique avec sensation de fatigue générale. Ces symptômes ne doivent pas faire abandonner le traitement, bien au contraire.

Dans les cas favorables, la douleur cesse entre la quatrième et la septième injection ; les vomissements disparaissent, l’appétit renaît et le poids ne tarde pas à commencer sa Course ascendante.

L'examen radiologique montre la disparition de l’hyperkinésie, l'amélioration du transit gastro-duodénal et la disparition dans certains cas de la rigidité de la paroi et de l’image diverticulaire.

Le chimisme, lorsqu'il a été pratiqué, a montré en général un abaissement du taux de la chlorhydrie. Glaessner, cependant, note que dans quelques cas d’ulcères avec hypochlorhydrie l’acidité s’éleva.

Fait curieux et intéressant à noter, le dosage des protéines a montré que le traitement élevait assez considérablement le taux de la protéinémie.

Vingt pour cent environ des malades porteurs d’ulcères gastriques ou duodénaux n’ont pas été influencés par la pepsinvthérapie.

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Comment peut-on expliquer l’action thérapeutique de la pepsine ? Celle-ci agit sur le vague, mais en l’excitant ; elle augmente les contractions musculaires et diminue la leucopédèse, conditions qui a priori ne semblent pas devoir aider à la cicatrisation.

Suscite-t-elle la production d’une antipepsine qui s’opposerait à l’action érodante de la pepsine ? Jusqu'à présent l'existence d’une antipepsine n’a jamais pu être démontrée.

Agit-elle par un procédé de désensibilisation spécifique ? En effet, d’après les auteurs, les ulcéreux se montrent particulièrement sensibles à la pepsine, et l’ulcère ne serait que la résultante de cette sensibilisation

- de la muqueuse à l’égard de la pepsine.

Les injections d’Angioxyl

Depuis longtemps déjà, certains auteurs avaient

remarqué qu'en dehors de son action hypoglycémiante,

l'insuline agissait sur la pression artérielle (Klemperer

et Strisower, Weinberger et Holzman, Ugo Sammartino

et Liotta, Maniscalco, Kagan, Gley et Kisthinios), sur l’angine de poitrine (Giroux et Kisthinios, Heteny et Budingen, Ambard, Schmidt et Humbert, etc.), sur les artérites oblitérantes (Vaquez et Yacoel, Ambard) ; nous venons de voir que d’autres l’avaient employée dans le traitement des ulcères gastro-duodénaux (Balint, Cade et Barral, Kessiakoff). Ce sont ces travaux qui ont fait soupçonner la présence dans l'insuline de deux agents à action thérapeutique différente. Kessiakoff, d’ailleurs, avait montré que l'insuline anglaise Brand, très purifiée,

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était moins active que l'insuline Hoechst, moins purifiée.

Gley et Kisthinios réussirent à isoler ua nouvel extrait pancréatique, mais désinsuliné cette fois, et auquel ils donnèrent le nom d’angioxyl.

Les travaux du professeur Vaquez et de ses élèves montrèrent que précisément cet extrait était actit dans les affections vasculaires (artérites oblitérantes, angines de poitrine, ulcères variqueux, etc...).

Dimitracoff, le premier, essaya, en 1929, d'utiliser ce nouvel extrait pancréatique, pour le traitement des ulcères gastro-duodénaux. En février 1930, il rapporte ses trois premières observations : deux des malades étaient porteurs d’ulcères de la petite courbure, le troisième d’ulcère du duodénum ; leurs antécédents pathologiques remontaient à deux, huit et quatre ans. Ils furent soumis tous les deux jours, puis tous les jours à des injections intra-musculaires d’angioxyl ; la cure était de trenie injections, séparées par un intervalle de quelques jours entre chaque dizaine d’injections ; les malades étaient en même temps mis au lit et soumis à un régime non irritant : pendant les huit dix premiers jours ils ne prenaient que 300 grammes de lait toutes les trois heures, jusqu’à concurrence de 1 litre 1/2 à 2 litres par jour. Dans la seconde période, on ajoutait des potages maigres, du beurre frais, des œufs et des biscuits ; enfin, dans la troisième période, on autorisait le pain grillé, les compotes, les poissons maigres et le poulet. Un régime alimentaire très surveillé devait encore être observé durant les trois ou quatre mois qui suivaient la cure.

Les malades, d’abord alités complètement, pouvaient

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ensuite se lever, mais ils devaient garder la position allongée, deux heures au moins après chaque prise alimentaire.

Les révulsifs externes, les compresses chaudes, ainsi que la solution alcaline de Bourget ou la solution bromurée ont été de bons adjuvants.

Le 30 juin de la même année, Dimitracoff publie des observations nouvelles, et il dit avoir traité déjà vingt malades en tout, par les injections d’angioxyl ; les mêmes règles diététiques ont été observées.

En mars 1931, reprenant son étude dans les Archives des maladies de l’appareil digestif et des maladies de la nutrition, le même auteur ajoute huit autres observations d’ulcères gastro-duodénaux.

Tous les résultats obtenus furent très intéressants ; l'amélioration s’observe en général dès la troisième ou quatrième injection : les douleurs, les sensations de brûlure s’atténuent, puis l'intolérance gastrique disparaît, l’alimentation redevient possible ; le retour de l'appétit et du sommeil entraîne bientôt une amélioration considérable de l’état général.

Auguste Bécart et Goehlinger ont rapporté à la Société de médecine de Paris plusieurs observations qui confirment les résultats obtenus par Dimitracoff. Voici la méthode suivant laquelle ils ont traité avec succès plusieurs cas d’ulcères gastriques :

Le matin, à jeûn, une cuillerée de kaolin colloïdal dans un demi-verre d’eau additionnée d’une ampoule de stock-vaccin.

- Dans la matinée, pendant dix jours consécutifs, une injection de 2 centimètres cubes d'extrait. pancréatique

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désinsuliné. Après dix à quinze jours de repos, nouvelle série d’injections.

Après chacun des trois repas, deux pilules d'extrait biliaire cholestériné.

L'un de nos maîtres, le docteur A. Bernard, utilise depuis 1931, les injections d'extrait pancréatique désinsuliné, et il a traité par cette méthode de nombreux malades. Il a rendu compte à plusieurs reprises, dans le Journal des Sciences Médicales de Lille, notamment en mai 1931 et en décembre 1932, des résultats obtenus.

Les malades ont toujours été soumis au régime alimentaire habituel des ulcéreux, mais on ne leur a pas imposé la diète lactée et l’alitement prescrits par Dimitracoff ; certains même n’ont pas abandonné leurs occupations, et l’on peut dire pour tous que le traitement fut ambulatoire. Parfois, dans les fortes hyperchlorhydries, les saturants ont été associés.

Voici d’ailleurs quelques observations inédites de malades qui furent traités de cette façon :

OBSERVATION I. — Ulcère pylorique

Le 9 novembre 1931. M. B..., Lucien, 39 ans, menuisier, souffre depuis trois mois de douleur épigastrique, survenant deux ou trois heures après les repas, irradiée dans le dos, calmée par l’ingestion. Est parfois éveillé la nuit ; a eu des vomissements alimentaires. Selles régulières, appétit diminué, amaigrissement de 5 kllos.

À déjà eu une crise il y a un an.

Examen somatique : cœlialgie nette, clapotage à jeun.

Radioscopie : cœur et poumons normaux.

Estomac non ptosé, liquide à jeun, hyperkinésie intense,

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