‹ Essai sur le traitement des ulcères gastro-duodénaux par certaines méthodes d'organothérapieChapitre 7 sur 20 · THÉRAPEUTIQUE PAR EXTRAITS D’ORGANES · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE PAR EXTRAITS D’ORGANES

Le simple et rapide exposé, que nous venons de faire dans le chapitre précédent, des principales hypothèses et théories émises pour expliquer la pathogénie de l’ulcère suffit à montrer combien on est loin encore de s’accorder.

La même diversité se rencontre dans le domaine de la thérapeutique.

Certains, fidèles à la thérapeutique classique et admettant que l’ulcère se produit par suite du manque de protection ou de résistivité de la muqueuse gastrique contre l’action du suc gastrique, ordonnent à leurs ulcéreux des saturants et des produits qui, ou bien revêtiront la muqueuse, la panseront, la distrairont aux attaques d’un suc érodant, ou bien diminueront la secretion de ce suc.

D’autres qui croient à l’origine infectieuse de l’ulcère rechercheront le foyer d’où essaimenñt les microbes ou bien emploieront la vaccinothérapie, la sérothérapie, des bactéricides, ou tenteront des méthodes de choc comme la protéinothérapie, l’autohémothérapie.

D’autres encore, qui voient dans l’ulcus la manifestation d’un trouble général, rechercheront de par l’or-

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ganisme queile est la fonction déficiente et s’efforceront d'y remédier.

Presque tous, d’ailleurs, qu’ils soutiennent la théorie infectieuse ou qu'ils soient partisans de l’origine par trouble général, continuent tout en tentant des moyens thérapeutiques nouveaux, à faire bénéficier leurs malades de l’appoint certain et éprouvé de la thérapeutique classique et de la diététique.

Un très grand nombre de méthodes depuis ces dix dernières années surtout, ont été préconisées ; nous ne nous occuperons dans cet ouvrage que de celles qui recherchent la guérison de l’ulcère par le redressement et la normalisation d’une insuffisance ou d’un dysfonctionnement organiques.

Nous pouvons englober toutes ces méthodes sous le nom générique d’organothérapie. Nous passerons en revue les transfusions sanguines, les injections d’extrait parathyroïdien, d'extrait posthypophysaire, la pepsinothérapie, l’insulinothérapie ; nous nous étendrons tout particulièrement sur les injections d’extrait pancréatique désinsuliné ; elles ont été pratiquées depuis plusieurs années avec succès par l’un de nos maîtres, et nous en possédons de nombreuses observations ; nous étudierons ensuite, dernière venue parmi les méthodes de l’organothérapie, les injections d’acides aminés, et nous demanderons enfin si toutes ces méthodes si dissemblables semble-t-il par leurs moyens d’action n’ont pas un prin- <cipe unique, par lequel toutes agissent d’une façon semblable et commune.

ce ee Transfusions sanguines

Katzenstein, le premier, fit connaître en 1925 les résultats qu'il avait obtenus, au moyen de transfusions sanguines importantes, chez des sujets ulcéreux et présentant des gastrorrahgies importantes.

Plehn, quelque temps plus tard, rapporta onze cas traités par transfusions. Il injecte en une seule fois 600 à 1.000 cc. de sang défibriné, qu'il s'agisse d’ulcère non compliqué ou d’ulcère en pleine hémorragie.

La transfusion, d’après ces auteurs, serait suivie d’un arrêt presque instantané des hémorragies, d’une disparition rapide des douleurs, d’une reprise de poids et d’une amélioration de l’état général.

D’après les auteurs, cette action serait dûe à un apport important d’antipepsine et à un léger choc protéinique,

: et Plehn affirme même que l'absence d’amélioration

après la transfusion doit faire soupçonner l'existence d’un néoplasme et rejeter celle d’un ulcère.

Les injections d’extrait parathyroïdien

La thérapeutique des ulcères de l'estomac par l’hormone parathyroïdienne résulte de recherches et d’observations dont les premières remontent à fort longtemps déjà. k 4

Neumann le premier, en 1861, signala la gastrotétanie ; par la suite Kusmaul, Bouveret et Devic, Udaondo ont fait sur ce sujet d'importants travaux. Falka et Kahn signalèrent également, en 1912, l'augmentation de la secrétion et de la mobilité gastriques, chez les sujets

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atteints de tétanie. Des travaux ultérieurs montrèrent les rapports qui existent entre le métabolisme du calcium, la fonction parathyroïdienne et certains troubles dont l’étiopathologie était encore inconnue.

En 1922, Grove et Vines les premiers, eurent l’idée de traiter des malades ulcéreux, par les extraits parathye roïdiens ; certains présentaient une hypocalcémie nette, d’autres n'avaient aucun trouble calcique, ils administrèrent l'extrait parathyroïdien par la bouche et douze malades furent soignés de cette façon avec de bons résultats.

Palier, aux Etats-Unis, rapporte, en 1926, des résultats tellement remarquables de traitement per os des ulcus gastriques par l'extrait parathyroïdien, que, pour lui, l'efficacité ou l’inefficacité du traitement a la valeur d’un véritable test diagnostique.

Alkan, en Allemagne, administra le premier l’hormone parathyroïdienne en injections : dix-huit malades soumis à ce traitement en bénéficièrent grandement.

Essenson relate également des observations favorables.

Moutier et Camus furent les premiers en France à utiliser l'hormone parathyroïdienne dans le traitement de l’ulcère gastroduodénal.

En 1929 et en 1931 ils ont rapporté de Fo he observations de malades consciencieusement et longuement suivis. Dans 44 % des cas ils obtinrent un résultat excellent et dans les autres cas de simples périodes d'amélioration.

Max Lévy et Erna Lévy, G. Durand, G. Hugonot rapportent des observations semblables avec des résultats analogues.

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