‹ Essai sur le traitement du Spina-BifidaChapitre 8 sur 36 · PAT RE · texte numérisé non relu

PAT RE

Cette proposition nous ne la croyons pas trop hasardée ; on sait, en effet, que l’altération de structure de la peau doit être rapportée aux premiers mois de la vie embryonnaire, période à laquelle il y aurait eu une inflammation ayant provoqué l’adhérence de la moelle aux téguments. Jusqu'à présent on a beaucoup insisté sur la présence des éléments de la moelle dans la poche comme contre indication à lintervention ; d'autre part, chacun reconnaissait l'extrême difficulté de diagnostiquer léur existence. Pour nous, 1l nous semble démontré, d’après les résultats opératoires et les différentes autopsies que nous avons indiqués dans nos tableaux, que l’on pourra affirmer l’adhérence de la moelle aux téguments quand ceux-ci ne seront pas formés par une peau normale, quand on trouvera à sa place la dure-mère ou simplement l’arachnoïde, soit seule, soit parsemée d’ilots de peau. Nous ajoutons que cet état des téguments tient sous sa dépendance, d’une facon plus ou moins intime, les conditions que les auteurs ont prises comme indications et contre indications à l'intervention. Ce que nous venons de dire ne doit se rapporter qu’aux altérations de structure des téguments proprement dites ; car nous n’entendons point accorder la même valeur à l’amincissement ou à la gangrène de la peau, la gangrène pouvant très bien survenir dans une peau primitivement normale et saine; le contact de l'urine seul suffit d’ailleurs pour la provoquer, un choc ou des frottements répétés peuvent avoir le même résultat.

Nous prétendions que les altérations de structure des téguments étaient souvent plus importantes à considérer que les autres vices de conformation. Ainsi l’existence de pieds bots, à laquelle on accorde une très grande valeur, pourra être constatée sans que pour cela la moelle soit intéressée dans sa structure ou sa configuration. Dans ces cas souvent on n’a affaire qu'à des phénomènes de compression qu’une simple ponction exploratrice fera disparaitre comme par enchantement. Si au contraire, il y à altération dans la structure de la peau, on peut dire presque à coup sûr que la moelle est atteinte

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dans sa texture et sa configuration: nous en avons donné plus haut une explication parfaitement plausible.

Dans plus d’un tiers des cas le spina-bifida est accompagné de pieds bots, d’hydrocéphalie, ete. Ainsi surles 162 cas qui se trouvent résumés dans nos tableaux, nons trouvons 60 fois des complications, c’est-à-dire 37 p. 100.

Les auteurs sont loin d'accorder la même valeur pronostique à chacune des malformations concomitantes, et il serait peut-être intéressant de voir leur fréquence relative et leur influence au point de vue opératoire dans les différents cas, de constater en un mot par des tableaux statistiques si l'existence du pied bot est plus fâächeuse que la paralysie des sphincters de la vessie et de lanus, ou encore que la concomitance de l'hydrocéphalie ou de telle autre anomalie. Pour cela, il faudrait avoir à sa disposition les observations ?-extenso d’un chiffre assez considérable de cas de spina-bifida ; mais comme nous n’avons pas eu entre les mains les éléments nécessaires nous avons dû renoncer à cette tâche.

Avant de terminer ce paragraphe nous croyons utile d’énumérer les différentes anomalies pouvant accompagner le spinabifida ; nous ne ferons qu'une énumération pure et simple sans insister autrement sur la question.

Et tout d’abord, l'on rencontre assez fréquemment le pied bot dansses diverses variétés, viennent ensuite l’hydrocéphalie, la paralysie des membres inférieurs, de la paroi abdominale et principalement des sphincters anal et vésical. À côté de cela nous rangerons les luxations congénitales de la hanche

dues probablement à ce que les muscles fessiers sont impuis-

sants à maintenir la tête du fémur dans la cavité cotyloïde. Ajoutons à cela la polyurie (Delefosse), les calculs vésicaux et l'exstroversion de la vessie(Hergott) (1). Pour avoir des notions plus précises sur ces questions nous renvoyons à l’article du professeur Rohmer ainsi qu’à la thèse de Delefosse (2).

(1) A. HerGorr, loc. cit.

(2) DELErossE, thèse, Paris, 1873. Des rices de conformation qui accoinpagnent le spina-bifida.

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On nous dira peut-être: ces lésions coexistantes avec le spina-bifida, auxquelles vous attachez une si grande importance, ne seraient-elles pas l'effet d’une simple coïncidence, et alors en quoi peuvent-elles entrer en ligne de compte pour où contre l'intervention opératoire? Sans vouloir nier la possibilité de cette coïncidence, nous prétendons néanmoins que la plupart du temps, et notamment pour les diverses paralysies, elles sont sous la dépendance d’une altération, d’une dissociation de la moelle. En effet, pourrait-on expliquer d’une autre facon la survenance de pieds bots, de paralysies des sphincters anal et vésical, etc., à une époque plus où moins éloignée de la naissance ? Ces faits ne manquent pas, et Delefosse dans sa thèse en cite plusieurs exemples. Il s’est formé alors une altération quelconque de la moelle et des éléments nerveux qui en émergent, telle que inflammation limitée à la suite de chute, de coups sur la tumeur, ou encore compression causée par l'hyperplasie du tissu cellulo-adipeux sous-cntané ainsi que du tissu conjoncüf de la dure-mère.

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