PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX
Modifications du pouls et de la température.
Dès le troisième ou quatrième jour se manifeste l’endométrite par hétéro-infection banale. Celle qui résulte des modifications septiques subies dans l’utérus par les lochies (lochiométrie) ou par des caillots ou des débris, débute vers le cinquième ou sixième jour et même, mais plus rarement, dans la deuxième semaine.
. D'après Budin et Demelin, dans l'endométrite sim-
ple, localisée, constituée, la température en moyenne oscille entre 38’ et 39° 5, reste toujours le matin au-dessus de 37° et le pouls ne dépasse guère 130 par minute.
En réalité la courbe thermique est excessivement variable d'un cas à l’autre ; on peut cependant distinguer trois types.
A). — Ascension brusque «en feu de paille » : Le thermomètre depuis plusieurs jours accusant 37° à 37° 5, un soir il monte brusquement à 38° 5,39°. Le lendemain matin il est à 37° 8 ; le soir ascension à 38°. Les jours suivants il ne dépasse pas la normale.
B).—Lysis: Lysis ascendant amenant le thermomètre en quelques jours aux environs de 38°, 38°5, 39° puis la défervescence se produit trois où quatre jours après et par un lysis descendant la courbe revient à 37°.
C’est une bonne forme car elle prouve une réaction régulièrement soutenue de l'organisme.
C).— Type irrégulier : Le tracé thermométrique est « déconcertant » le pronostic est indécis et devra se baser surtout sur l’analyse minutieuse des autres symptômes.
Traduction objective des décharges des toxi microbiennes dans la circulation générale, les frissons ouvrent souvent la scène dans l'infection puerpérale.
Peu fréquents dans l’infection localisée quand l’endomètre se défend ils assombrissent le pronostic s'ils se répétent : la résistance faiblit ; l'infection se généralise. | |
Le pouls très irrégulier peut marcher de pair avec
la température ; atteindre un nombre de pulsations de
Mg As
beaucoup supérieur au chiffre correspondant au degré thermométrique ou au conträire notablement inférieur. L'essentiel, c’est le mode d’association des deux phénomènes.
Toutes les fois que le pouls et le thermomètre sont parallèles, le pronostic est bon.
Si la température s'élève et si, parallèlement le nombre des pulsations diminue, le pronostic est encore favorable. |
Par contre, si la température s'abaisse pendant que le pouls s'accélère, la situation devient extrêmement grave.
Évolution : Cette endométrite, si elle doit rester simple, localisée aux couches superficielles, évolue sans thérapeutique de la façon suivante :
Elle tombe en quatre à six jours ; la fièvre diminue, tous les symptômes s’amendent. |
Sous l’influence du traitement la température tombe souvent dès le lendemain ou le surlendemain après le début.
Mais ce premier combat livré dans l’endomètre peut se terminer par la déroute des leucocytes et l’effraction de la zône de réaction ; l'infection gagne tout le parenchyme utérin par voie lymphatique et veineuse, les phénomènes cliniques restent menaçants.
Cette forme dontlaspect anatomo-histologique Correspond au deuxième schéma de Bûmm est une Lympho-phlébite pariétale(Budin, Demelin)ou métrile paren-
chyÿ mateuse.
La situation est fort grave, beaucoup plus que précé-
demment car l'invasion soit du péritoine, soit de lorganisme en entier est imminente; c’est une sorle d’équilibre instable ; si l'organisme faiblit, si les résistances locales et l’état général s’amoindrissent les pires acci-
dents sont à redouter.
Il n’y a malheureusement aucun ensemble symptomatique permettant d'affirmer la métrite parenchymateuse et la séparant de l’endométrite.
Les auteurs concluent que : après sept jours en général et malgré l’institution d’un traitement local, si les accidents continuent en s’aggravant il faut admettre que l’inflammation est propagée à tout l'utérus.
La métrite parenchymateuse a quatre modes de ter-
minaison bien distincts :
{° L'infection reste localisée par virulence atténuée des gérmes ou par résistance du sujet, elle s'éteint sur place en deux ou trois semaines et disparaît sans laisser de traces immédiates mais une sclérose tardive (superinvolution).
9 Elle détermine par troubles vasculaires des désordres graves, souvent mortels dans les tuniques de l’utérin (abcès et sphacèle).
3° Par voie lymphathique elle aboutit à des processus péri-utérins localisés, soit précoces (phlegmons du ligament large), soit tardifs (salpingite).
&° L’infection se généralise par la circulation veineuse (septicémie) ou par la voie lymphatique (péritonite).
Dans la septicémie les frissons se répètent, la courbe
thermique dessine de grandes oscillations irrégulières
de 37 à 40° et au-delà, soit quotidiennement, soit tous les deux jours.
L'état général devient mauvais, le facies pâlit, s'émacie, se creuse, des phénomènes bulbaires (agitation, convulsions, diarrhée) apparaissent tandis que l’état local reste le mème, l’utérus est gros, très mou, perméable. Au contraire dans les septicémies primitives les phénomènes généraux sont aussi sérieux et l’utérus est normal, refermé avec des lochies normales.
La péritonite puerpérale est d’un diagnostic très difficile, si parfois il existe du tympanisme, de la douleur à la pression, souvent aussi les Symptômes abdominaux . sont nuls, ou très peu marqués : pas de douleur. vive en coup de pistolet ; le ventre est très souple sans ballonnement ni défense musculaire, l'exploration des culsde-sacs est négative :
Trois symptômes de grande valeur permettent de la soupçonner: *
1° La température est rarement élevée, 38°, 39° ; le pouls est rapide, mou, abdominal, filant, régulier, il s’accélère, monte à 140, 160, la respiration devient superficielle et angmente de fréquence ; les mouvements respiratoires atteignent 50, 60 à la minute.
| 2* Les vomissements Porracés, vert-épinard, se ren-
conirent plus rarement que ne le disent les auteurs mais la constatation d’un seul a une valeur énorme.
3° Enfin le facies se grippe, les yeux s’ excavent, le nez se pince, la langue est sèche et rôtie, la voix cassée, tous phénomènes indiquant la réaction de la séreuse.
En résumé, s’il est dificile de dire quand une endo-
BTS LS
métrite se transforme en métrite parenchymateuse, saisir le moment où une métrite parenchymateuse se complique de septicémie ou de péritonite, est une tâche malaisée et un problème clinique délicat.
Les symptômes cliniques, les moyens de laboratoire (examen du sang) sont incapables de nous renseigner sur les divers stades de la lutte qui se passe dans l’organisme d’une puerpérale infectée puisqu'on ne peut les rapporter à une forme anatomique bien définie. L'évolution de la maladie et surtout les modifications que lui imprime tel ou tel procédé thérapeutique, voilà
quels seront nos repères.