‹ Essai sur le traitement intra-utérin de l'infection puerpéraleChapitre 23 sur 49 · OT · texte numérisé non relu

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fournies à l'instant et l’on perd un des bénéfices du toucher digital ; on risque alors de détacher la muqueuse autour du débris à enlever et de le laisser tout en blessant l'endomètre circonvoisin et alors on arrive à. une abrasion déguisée de la muqueuse ce qui va à l’encontré du but.

Au contraire, limité exactement aux saillies à enlever, le curettage traumatise moins violemment l'utérus sim-

plement tendu par une pince amarrée à son col.

B). — GRATTAGE DE L'ENDOMÈTRE

Le curage digital a toujours cette supériorité : c’est que l’on sait exactement ce qu'il faut enlever, la profondeur où l’on est dans l’endomètre, le moment où l’on arrive sur la couche musculaire ; mais à côté de cet avantage que d’inconvénients !

Cest le traumatisme dû à l’'empaumement et à l’abaissement de l’utérus.

L’anesthésie conséquence de cet abaissement forcé.

La maladresse des doigts ; en effet la main droite ne peut bien gratter que la moitié droite de l’utérus ; pour la moitié gauche il faut se servir de la main gauche beaucoup moins entraînée ; elle se fatigue beaucoup plus vile et comme le nettoyage du fonddes cornes utérines est très délicat, il en résulte qu'il est souvent mal fait et qu'on peut y laisser de grandes surfaces non détergées.

Au contraire, ici la curette reprend tous ses droits.

L’anesthésie n’est guère nécessaire sauf chez les per-

sonnes pusillanimes.

Le nettoyage de l'utérus est beaucoup plus facile, l’instrument évolue dans toutes les directions. Les curettes employées toujours très larges et fenêtrées enlèvent à chaque fois une quantité très large d’endomètre. L'extrémité du doigt est beaucoup plus petite ; aussi pour racler la mème surface il faut moins de temps et le travail est bien mieux fait.

On a reproché au curettage d'ètre dangereux car il provoquerait des paralysies utérines et exposerait à la perforation.

Cette question des paralysies après le curettage mal connue en France, a été très étudiée en Allemagne,

Tous les opérateurs ont remarqué maintes fois que dans une infection intra-utérine, qu’au début d’un curetlage après quelques coups de curelte la cavité utérine semble brusquement s’agrandir et les parois s’amollir. On redoute une perforation, mais il n’en est rien. L'utérus se durcit de nouveau et l’on retrouve la même consistance.

Catherine Van Tussenbræck qui a étudié cette question en détails ajoute :

« Je n'ai jamais vu de curettage où ce changement « de tonus n’est pas perceptible dans une mesure plus « ou moins grande.

« Dans certains cas, c’est beaucoup plus net. L’uté- « rus est comparable à un grand sac mou, large, dont « les paroïs reculent devant la curette. C’est une sen- « sation. très désagréable mème si l’on est prévenu. « Attend-on encore un instant, alors on sent une paroi

« plus. ferme sous la curette et en grattant prudem-

LEP « ment on sent que le tonus revient jusqu’à ce que « l’organe ait repris sa consistance normale. »

La pathogénie a donné lieu à de nombreuses discussions.

Pour Doléris, ce serait l'instrument introduit qui augmenterait l'allongement de lutérus parce qu’il pousse vers en haut la paroi utérine mollasse.

D'après Geyl, l'utérus serait assimilable à un sac gonflé, le liquide ou l'air qui y ont pénétré triompheraient non seulement de la résistance du muscle utérin, mais encore de la paroi abdominale ; il y aurait donc tout d’abord une diminution de pression dans la cavité abdominale, parfois même une pression négative et l’utérus mollasse aspirerait, grâce à son augmentation de capacité, l’air et le liquide.

Mais quelles que soient les conditions de l’expérience on n’a jamais pu constater une pression négative dans la cavité abdominale.

Schæffer distingue deux stades :

Le stade de gonflement en forme de ballon avec tonus amoindri mais incomplètement disparu.

Le stade de relâchement complet ou d’atonie.

Ses recherches démontrent que l'agrandissement forcé de l’orifice interne du col dans un utérus non gravide détermine non seulement un afflux artériel local mais aussi une augmentation générale de la pression sanguine et de la fréquence du pouls même pendant la narcose :

La diminution de pression de la musculature utérine

à la suite de la dilatation de l’orifice interne coïncide

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