‹ Essai sur le traitement intra-utérin de l'infection puerpéraleChapitre 33 sur 49 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

La femme est mise en travers du lit en position obstétricale et les jambes confiées à des aides ou liées à

des étriers mobiles.

La vulve et le vagin nettoyés au savon, une injection vaginale est donnée et l’on dispose les champs, un sous le siège, un sur le ventre, deux sur les cuisses.

L'opérateur touche d’abord et se rend compte de l’état du col. S'il est insuffisamment dilaté on le dilate aux bougies d'Hégar ; s’il est perméable il pratique le toucher intra-utérin.

La main gauche déprime la paroi, abdominale par l'intermédiaire du champ et abaisse l'utérus pendant que l’index et le médius pénètrent dans la cavité, l’explorent et renseignent sur l'aspect et la grosseur des masses à enlever, leur répartition dans l’utérus, leur adhérence.

Enfin il permettra de se rendre compte de l’état des parois, de reconnaître une entame de la paroi musculaire, une perforation utérine, elle commande d'emblée l'hystérectomie, c’est de plus une constatation très importante, car elle dégage la responsabilité du médecin avant l'intervention, aussi est-ce non seulement une indication absolue mais encore une précaution indispensable que de pratiquer le toucher utérin avant d’entreprendre une opération sur une infectée puerpérale.

L’anesthésie est-elle indispensable pendant l’opération ?

Si l’on n’a pas affaire à une femme excessivement nerveuse elle est inutile, la manœuvre de la pince n’est pas douloureuse, ce qui l’est, c’est l’'abaissement de l'utérus et le travail intra-utérin des doigts, or, ici abaisser l'utérus et introduire simplement deux doigts

est chose aisée ; l'exploration de la cavité est rapide-

ment conduite et on ne la répète guère plus de trois tois pendant toute l'opération, aussi peut-on se passer de la narcose.

Le col dilaté, une des lèvres, la postérieure, est saisie avec une pince de Museux à quatre mors (lorsqu'on le peut, on saisira chaque lèvre avec une pince) une traction modérée mais soutenue tend le col et l'introduction des instruments dans l'utérus est singulièrement facilitée.

La pince est confiée à un aide mais on peut très bien s’en passer et opérer absolument seul comme le montre M. Bonnaire chaque année à ses stagiaires. On passe alors un lac dans l’anneau de la pince et l’opérateur le noue derrière le cou et par son intermédiaire exerce indirectement sur le col une légère traction.

La main gauche avec trois doigts déprime la commissure postérieure ; il est inutile, sauf exception, de compliquer la technique par l’adjonction d’une valve.

La pince-mouchette est introduite fermée dans le col et amenée au fond de l’utérus d’après les indications données par le toucher ; d’ailleurs au bout de quelque temps on distingue nettement si l’on est sur du placenta ou'sur le fond de l'utérus d’après les sensations perçues par le contact de l'instrument. On fait manœuvrer la pince, on lire à soi puis on regarde ce que l’on a amené et l’on recommence la manœuvre.

Dans certains cas (gros morceau de placenta facile à percevoir) on introduit les deux branches successivement comme celles d’un forceps, puis le fragment pla-

ceniaire bien saisi, on articule et on procède à l’extraction.

Lorsque celle-ci paraît en bonne voie, ce quon reconnaît par l'examen des débris et la sensation qu'on a d'opérer plus librement dans une cavité qui se déterge, on pratique pour la deuxième fois le toucher intrautérin et l’on vérifie la besogne accomplie.

S'il ne reste plus rien d'appréciable, la pince est désarticulée la branche curette gauche est saisie, le pouce passé dans l’anneau, l’index et le médius allongés sur le manche, on le tient ainsi avec beaucoup de délicatesse.

Un curettage soigneux et doux fait avec celte curette mousse parachève l'extraction des petits débris placentaires; l'opérateur alors pratique un écouvillonnage à la glycérine créosotée, puis un attouchement iodé suivi d’une injection vaginale et d’une toilette périnéale.

Sauf indications absolues il ne draine pas et ne laisse pas de mèche dans l'utérus ni dans le vagin ; la vulve est protégée par un pansement aseptique maintenu par un bandage en T.

Enfin la médication par la quinine, la glace sur le ventre, tels sont les adjuvants du traitement.

Le lendemain et les jours suivants on renouvelle le pansement iodé jusqu’à la chute complète de la température. |

Le frisson de réinfection si fréquent après l’extraction est évité en ayant soin de faire le badigeonnage iodé préventif de tous les débris utérins putréfiés dont les germes vont être mis èn mouvement par lextraction. Les remarques faites plus haut à ce sujet s’appli-

quent également ici.

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