De la dysménorrhée
Lorsque le flux menstruel est accompagné d’un malaise général ou local , ou de quelque phénomène insolite , tel que des vomissemens, des convulsions , des défaillances , on désigne cet état sous le nom de dysménorrhée.
Causes. Les causes de la dysménorrhée peuvent agir pendant l'écoulement des règles, dans les intervalles qui séparent cet écoulement.
Les causes qui peuvent agir pendant l’écoulement des règles doivent être considérées comme des causes occasionnelles : ainsi l’immersion des pieds on des mains dans l’eau très-froide, un exercice très-violent , des alimens indigestes , la danse , une vive émotion , chez quelques femmes, le coït pendant la menstruation.
Dans le plus grand nombre des cas, les causes de la dysménorrhée agissent dans l'intervalle des règles, et sont plutôt prédisposantes qu’occasionnelles. Une vie sédentaire, une susceptibilité très-vive, une continence absolue ou l’abus des jouissances, une constitution très-faible ou un excès de force, telles sont les causes qui prédisposent et amènent le plus souvent la dysménorrhée.
Symptômes. Les symptômes qui accompagnent cet accident sont, des coliques hypogastriques , des tranchées , des douleurs dans le col de l’utérus , se propageant dans les lombes , les cuisses ; un état de malaise général qui oblige la femme de garder le repos, et même le lit; rabattement des traits, des lassitudes, des spasmes,
sorte de crispation dans les parties intérieures, le brisement des membres , de ia ce'phalalgie , la diminution ou 3a perte de l'appétit, des nausées, des vomituritions , des vomissemens , des frissons passagers.
Traitement , Avant de procéder au traitement de la dysménorrhée » il faut remonter aux causes qui la déterminent. Lorsque la dysménorrhée est habituelle , elle tient le plus souvent à des causes prédisposantes. On doit s’informer si la femme ne mène pas une vie trop sédentaire, quel est son régime habituel : la principale indication est alors d’éîoffiner ces causes.
Lorsque la dysménorrhée, sans être habituelle, arrive fréquemment, elle est alors le plus souvent produite par des causes accidentelles; il est probable que la femme mène un genre de vie peu régulier , soit sous le rapport de l’exercice , soit sous celui du régime. Si l’on apprend que la dysménorrhée s’est toujours reproduite sous l’influence des mêmes causes, c’est en prévenant le retour de ces causes que l’on prévient celui de la dysménorrhée ellemême.
Lorsque la dysménorrhée n’est ni accidentelle , ni habituelle , qu’elle ne s’est pas reproduite depuis un an, par exemple, elle est ordinairement produite par une cause occasionnelle. Mais une chose qui peut devenir fatale dans la pratique et qui se rencontre souvent, c’est la difficulté d’obtenir la confiance entière des malades, surtout chez les jeunes filles qui, par pudeur ou autrement, s’obstinent à garder un silence absolu sur les questions qu’on leur adresse à ce sujet.
Si la dysménorrhée est produite par une cause accidentelle , il suffit de quelques soins hygiéniques pour en prévenir le retour. En général, cette affection doit être plu têt combattue par les moyens puisés dans cet ordre que par ceux empruntés à la pharmacie. Ces soins sont à peu près les mêmes que ceux à employer pour en favoriser l’apparition lors de la première menstruation. Si la malade est
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d’une constitution forte, on doit recourir aux saignées générales et locales; est -elle d'une constitution faible, on a recours aux ioniques, aux boissons aromatiques. C’est par l’emploi de ces moyens qu’on parvient plus souvent à dissiper la dysménorrhée; mais, dans quelques cas , la menstruation reste laborieuse pendant sa durée, et tous les moyens sont infructueux. Si la malade est d’une constitution nerveuse , c’est à une dissipation sagement ménagée , à l’exercice, aux bains tièdes qu’on doit recourir; si elle est d’une constitution molle, accompagnée de torpeur et d’engourdissement , on doit employer les stimulans physiques et moraux.