AVERTISSEMENT. IX
trer l'unité et l'indivisibilité de l'esprit humain. Le matérialisme nie formellement l'immortalité de 1 ame : nous avons ruiné une à une toutes les assertions sur lesquelles s'appuie cette déplorable hypothèse. D'oii sort donc cette accusation? On ne s'en douterait pas : d'un emprunt fait à Leibnitz. Je pense avec ce grand homme que l'univers se peut composer d'atomes ou de monades, et que ces monades ou se combinent et par là constituent ce que nous appelons les corps, ou sont placées au centre d'une organisation de cette nature et deviennent ce que nous appelons des âmes. Je ne me suis pas d'ailleurs prononcé sur les qualités substantielles de ces élémens, et, sans prendre parti ni pour ni contre leur étendue, je me suis déclaré, dans les limites où cette question m'enfermait , purement et simplement unitaire.
Je n'ai jamais clairement conçu comment une critique large et impartiale pouvait reprocher à l'enseignement de la faculté de Caen une tendance matérialiste; mais je ne conçois pas comment la critique la plus étroite et la plus hostile a pu l'accuser d'athéisme. La malveillance la plus ingénieuse ne citerait pas une phrase, pas un mot prononcé dans le cours de quatre aimées consécutives d'où elle puisse inférer,je ne dis pas la négation de la divinité, mais le plus léger doute sur son existence , tandis qu'on peut lui rappeler des leçons entières consacrées à