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Chapitre XVI

Achats de livres, t- Nécessité d’un fonds alloué aux budgets par les Chambres.

Je viens de m’occuper des publications actuelles ou futures. En ce qui concerne les publications antérieures dont les bibliothèques administratives ont besoin, soit pour former des collections, soit pour posséder des ouvrages importans et nécessaires à l’exercice de l’administration, chaque ministère devrait, comme le ministère de la marine, avoir un fonds particulier destiné à l'achat des ouvrages. En ce moment ces achats, en petit nombre et sur une échelle trop faible, se font généralementsur les fonds destinés au matériel, ce n’est pas suffisant. 11 faut des ressources spéciales et plus fortes. Un crédit spécial devrait être demandé aux chambres dans le budget de tous les ministères pour cet objet d’utilité générale. Cinq mille francs par an suffiraient pour cette dépense, ce serait donc une faible somme d’environ cinquante mille francs à consacrer à une destination aussi utile. Il ne peut y avoir d’objections sérieuses contre cette allocation; le gouvernement n’a qu’à les demander, et dans tous les cas à mettre les chambres en demeure. Certainement le - parlement , qui connaît et apprécie l’importanco d’une pareille collection pour le service de chaque grande administration, c’est-à-dire du pays, n’hésiterait pas à voter le crédit qui lui serait demandé.

Les souscriptions des ministères de l'intérieur et de l'instruction publique devraient aussi avoir en vue les bibliothèques administratives des autres ministères et les alimenter de leurs produits.

Le système des achats pour les bibliothèques administratives, dans les ministères, doit être basé sur la nécessité de se tenir au courant de toutes les publications spéciales qui se font à Paris, dans les départemens et mémo à l’étranger. Il faut pour cela que le conservateur de la bibliothèque suive attentivement le mouvement bibliographique et scientifique du droit et de l’administration, qu’il en fasse l’objet de son étude spéciale et qu’il ne néglige jamais de provoquer l’achat des ouvrages importans qui paraissent.

11 y a dans quelques ministères un système d’achats essentiellement vicieux. Les bureaux qui ont besoin d’un livre le demandent ou l’achètent pour eux, et il va s'enfouir dans ces bureaux, sans que le reste de l’administration puisse en profiter pour ses travaux. Quelquefois il arrive qu’ou achète ainsi plusieurs fois le même ouvrage sans qu’il en reste un exemplaire dans le dépôt central. Les livres achetés de cette manière et recevant cette destination, non-seulement ne servent pas à l’ensemble de l’administration, qui souvent ignore qu’ils existent dans une de ses parties, mais encore ils sont exposés à s'égarer faute d’un contrôle actif et continuel.

Il vaudrait mieux suivre un système de centrali-

sation au moyen duquel toutes les brandies de l'administration pourraient profiter des ouvrages qu’on acquiert. A mesure qu’un bureau aurait besoin d’un livre on en achèterait un ou plusieurs exemplaires selon sa destination, on l’inscrirait au catalogue de la bibliothèque générale, puis on le remettrait au bureau en mentionnant cette remise sur le catalogue. Lorsque ce bureau n’en aurait plus un besoin incessant et quotidien, il le rendrait à la bibliothèque. Ce système obvierait à tous les inconvéniens provenant de l’éparpillement des livres, il diminuerait les dépenses, détruirait les chances de perte de la propriété de l’État et augmenterait, d’une manière utile pour tous, les richesses de la bibliothèque administrative.

Quant au mode d’achat, le meilleur est d’acquérir des livres neufs, d’édition toujours récente, à moins que des occasions avantageuses se présentent pour acquérir, dans des ventes publiques ou autrement, des ouvrages provenant de bibliothèques particulières.

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