‹ Essai sur les crisesChapitre 12 sur 18 · DE LA SÉCRÉTION LACTÉE , CONSIDÉRÉE COMME CRISE DES MALADIES · texte numérisé non relu

DE LA SÉCRÉTION LACTÉE , CONSIDÉRÉE COMME CRISE DES MALADIES

X1V°. osservarion. Madame de S...., très-bien réglée à dix-huit ans, fut mariée à vingt, et mère à vingt - un. Au huitième mois de l’allaitement, elle éprouva un refroidissement, à la suite duquel les seins, soudainement affaissés , ne fournirent plus qu’une très-petite quantité de lait, dont la sécrétion avait été jusque là très-abondante. Aussitôt elle fut prise d’une violente céphalalgie alternant avec une toux des plus fatigantes. Une fièvre habituelle survint , la malade tomba dans le marasme, et fut regardée comme phthisique pendant huit années entières , c’est-à-dire jusqu’à l’âge de vingt-neuf ans. A cette époque, sans cause connue, elle fut atteinte d’un choléra-morbus si violent, qu'elle eut en vingt-quatre heures plus de cent évacuations par haut et par bas, après lesquelles la rougeole se déclara et parcourut ses périodes avec vivacité. À peine la rougeole touchait-elle à sa fin, que les seins se tuméfièrent énormément , et la sécrétion du lait se rétablit avec une telle abondance, qu'on fut obligé d’avoir plusieurs chiens pour vider les mamelles ; encore ne suflisaient-ils pas. Cette singulière sécrélion cessa enfin , mais elle ramena la santé, les règles et l’embonpoint; madame S... devint presque immédiatement enceinte après huit années de stérilité. |

Cette intéressante observation est tirée de l'ouvrage de M. le professeur Récamier, intitulé : Recherches sur le traitement du cancer, etc. Elle préterait à de nombreuses réflexions , je n’en ferai que deux. Et d’abord, la suppression de la sécrétion lactée a été la cause de tous les accidens : cette assertion me paraît incontestable. Je demande mainfenat ce que devient l'opinion de ceux qui ont qualifié d’innocente

( 59 ) toute suppression de ce genre, lorsque, dans le cas dont il s’agit , elle a suffi pour compromettre sérieusement la vie de la malade. En second lieu, la réapparition de cette sécrétion supprimée, et presque au même instant la cessation de tous les accidens survenus, ne démontrent-elles pas d’une manière frappante quelle était la véritable cause du mal et quel en a été le remède!

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