‹ Essai sur les crisesChapitre 9 sur 18 · G°. DE LA SÉCRÉTION. HÉPATIQUE , CONSIDÉRÉE COMME CRISE DE MALADIE · texte numérisé non relu

G°. DE LA SÉCRÉTION. HÉPATIQUE , CONSIDÉRÉE COMME CRISE DE MALADIE

IX°. osservarTion. Le 20 avril 1830, Henriette Marcille, âgée de dix-huit ans, et présentant les attributs de la plus forte santé, avait ses règles depuis cinq jours. De vives contrariétés en déterminèrent presque subitement {a suppression, alors que pour être compiètes elles eussent eu à couler pendant quarante-huit heures encore; car leur durée habituelle chez la demoiselle Marcille est d'un septénaire entier.

Dés le lendemain, 21 avril, et vers les six heures du soir, survint un accès de fièvre, qui ne se termina que le lendemain, après seize heures de durée. Ce premier accès fut caractérisé par un frisson qui dura quatre heures, suivi d'un sentiment insupportable de chaleur qui en dura douze. Il n’y eut ce jour-là aucune transpiration ni aucune supersécrétion quelconque. Le 23, second accès tout à fait semblable

(51) au premier ; début à six heures du soir, frisson jusqu’à dix, chaleur jusqu’au lendemain à la même heure : durée totale, seïze heures. Absence complète de toute sueur et de toute autre surséciéfion critique. Le 25, jour auquel eut lieu le troisième accès, les chos:5 ne se passèrént pas autrement que dans le premier et'le second.

Mais le 29 avril, après le frisson ét la chaleur du quatrième accès, chaleur et frisson qui d’ailleurs n’eurent ensemble qu'une durée de huit heures , il se fit dans la glaude hépatique une telle sécrétion, que la malade rendit, tant par les sellés que par le voniissement, de quoi remplir plusieurs cuvettes d’un liquide jaune-vert extrêmement visqueux, d’une amertume remarquable, et qu'en conséquence on doit regarder comme de la bile à peu près pure.

Depuis le 27, les accès fébriles ont complètement cessé ; seulement la supersécrétion bilieuse continuant, la demoiselle Henriette Marcille a constamment vomi une ou deux fois les 28, 29 et 5o avril, puis les premier, deuxième , troisième , quatrième et cinquième jours du mois de mai. Les matières rendues ont toujours présenté les mêmes caractères ; j'ai déjà eu occasion de les indiquer, je n’y reviendrai pas.

Du 6 au 12, la convalescence s’est confirmée de plus en plus, et la demoiselle Marcille est sortie le 13, après neuf jours de séjour dans la salle Saint-Lazare.

Remarques. Il est à remarquer que les antécédens ayant fait connaître la nature et le but des vomissemens, on s’est bierr gardé de recourir à aucun moyen pour les modérer, et qu’ainsi tout est rentré dans l'ordre par les seules forces de la malade.

La cause qui a déterminé une fièvre tierce dans la femme Marcille ne peut être douteuse pour personne : c'est évidemment la suppression des règles survenue au cinquième jour de leur ap parition. Quant aux trois premiers accès fébriles qui en ont été le résultat, ils ont présenté cela de remarquable , que dans tous le frisson a été de quatre heurés et la chaleur de douze, et qu'aucun ne s’est terminé par une supersécrétion constituant communément le troisième stade de l’état

(52) fébrile. Mais il n’en a point été ainsi du quatrième, Après un frisson de quatre heures et une chaleur de même durée, une sursécrétion s’est établie dans la glande hépatique, et la malade a rendu des flots de bile; aussi la fièvre n’a-t-elle plus reparu depuis cette époque.

Ilest bon de remarquer que la crise survenue au quatrième accès ne s'est terminée que le quinzième jour après l'invasion de l'état fébrile, c'est-à-dire le jour même auquel aurait eu lieu le septième accès si la fièvre eût continué, et auquel encore elle aurait probablement fini, si d'abondantes évacuations bilieuses n'eussent formé crise après un demi-septénaire d'accès.

J1 ne faudrait point prendre la crise bilieuse dont je viens de parler pour la fièvre du même nom. Dans la crise bilieuse, les phénomènes bilieux sont consécutifs à l'état fébrile; dans la fièvre bilieuse, au contraire, ces phénomènes sont primitifs, Dans le premier cas, ils terminent tous les accidens ; dans le second , ils en sont le début et la cause, etc., etc,

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