I. Famille. — Education
Sur les questions qui touchent à la famille, saint Thomas reproduit exactement les opinions d'Àristote, à moins qu'elles ne soient absolument contraires à la foi chrétienne. Il les expose, du moins, et les développe dans son Commentaire sur la Politique, sans y rien objecter, et je n'ai presque rien trouvé de contraire dans ses autres ouvrages.
Son principe général est donc que la famille est une société imparfaite, c'est-à-dire ne se suffisant pas à elle-même; qu'elle n'est qu'une
là
partie de la soeiété parfaite, la eité, et que, par conséquent, elle lui est subordonnée comme la partie l'est au tout. Si le père de famille a une grande autorité sur la femme et les enfants, il est donc soumis à l'autorité supérieure du magistrat, qui, au nom de l'État, surveille et môme dirige la famille.
Conformément à ce principe, Aristote enseigne que l'éducation doit être une et commune dans la cité ; saint Thomas l'enseigne d'après lui.
J'ai lu, dans un passage que je ne retrouve pas, et pour expliquer l'infériorité de la femme dans la famille, que le sexe masculin jouit d'une prééminence absolue sur le sexe féminin : encore une opinion aristotélicienne devenue une opinion thomiste.
En deux mots, saint Thomas ne rompt avec l'enseignement d'Àristote que sur les points absolument décidés par l'Église, comme l'indissolubilité du mariage, ou par le droit canonique, quand, par exemple, il enseigne qu'une fois arrivés à l'âge nubile, les enfants peuvent se marier sans le consentement paternel.