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LES SENSATIONS REPRÉSENTATIVES

une signification nouvelle. Car, la plupart du temps, l'organisme ne réagi tguère, du moins d'une manière apparente ; et pourtant nous érigeons encore en grandeur une hauteur de son, une intensité de lumière, une saturation de couleur. Sans doute l'observation minutieuse de ce qui se passe dans l'ensemble de l'organisme quand nous entendons telle ou telle note, quand nous percevons telle ou telle couleur, nous réserve plus d'une surprise : M. Gh. Féré n'a-t-il pas montré que toute sensation estaccompagnée d'une augmentation de force musculaire, mesurable au dynamomètre' ? Toutefois cette augmentation nefrappe guère la conscience; et si l'on réfléchit à la précision avec laquelle nous distin-^ guons les sons et les couleurs, voire les poids et les températures, on devinera sans peine qu'un nouvel élément d'appréciation doit entrer ici en jeu. La nature de cet élément est d'ailleurs aisée à déterminer.

A mesure, en effet, qu'une sensation perd son caractère affectif pour passer à l'état de représentation, les mouvements de réaction qu'elle provoquait de notre part tendent à s'effacer; mais aussi nous apercevons l'objet extérieurqui cnestla cause, ou, si nousne l'apercevons pas, nousl'avons aperçu, et nous y pensons. Or, cette cause est extensive et par conséquent mesurable : une expérience de tous lesinstants, qui a commencé avec les premières lueurs de laconscience et qui se poursuit pendant notre existence entière, nous montre une nuance déterminée de la sensation répondant à une valeur déterminée de l'excitation. Nous associons alors à une certaine qualité de l'effet l'idée d'une certaine quantité de la cause; et finalement, comme ilarrive pour toute perception acquise, nous mettons l'idée dans la sensation, la quantité de la cause dans la qualité de l'effet. A ce moment précis, l'intensité, qui n'était qu'une

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