PARALYSIE
M. de Courlillc Dumas de la Crosse (près Néris, Allier), âgé de soixante ans, tempérament éminemment sanguin, d'une forte constitution , ex-cuirassier, maintenant propriétaire. Le 25 avril i855,M. Dumas fut frappé d'une attaque d'apoplexie, l'amnésie parut, et une grande difficulté dans la prononciation se fit sentir, la partie droite de la face fut atteinte de vives douleurs , le bras droit paralysé, de fréquens spasmes se manifestaient surtout la nuit. Sur l'avis de son médecin, le malade eut recours, pendant les années 1 855 et i854 , aux eaux minérales de Néris, qui ne produisirent aucun effet. Renonçant alors à l'espoir de guérir, le malade passa l'année i855 sans suivre de traitement; cependant, en sa qualité de propriétaire de vignes , il se trouvait souvent en relation avec beaucoup d'habitans de la Creuse, et ce qu'il entendit rapporter des eaux d'Evaux le détermina à essayer de ce moyen de salut. Le \ CT août i85G, M. Dumas se rendit aux thermes d'Evaux, il était toujours dans la situation que je viens de décrire. D'après mes observations, les eaux d'Evaux obtenant beaucoup de succès dans les diverses lésions des forces sensitives et motrices, et l'état de paralysie chez le malade ne s'associant plus à une profonde altération de l'axe cérébro-spinal, je lui fis espérer un mieux sensible et prompt. Un léger purgatif lui fut d'abord administré, le lendemain vingt ventouses lui furent appliquées sur le bras; les jours suivans de fortes douches furent dirigées sur les membres inférieurs , le malade prit deux, quatre et six verres d'eau par jour. Les douches produisaient un effet dérivatif, les spasmes diminuèrent subitement. L'no nouvelle application
de ventouses fut faite sur le bras et sur les membres inférieurs; alors, n'ayant plus à redouter de congestion, je fis diriger de fortes douches sur la face et sur le membre paralysé, le malade ayant pendant cette opération les jambes dans un bain de 58 degrés. Sous l'influence de ce traitement, continué pendant toute la saison, un mois environ , la paralysie du bras disparut, la douleur de la face cessa entièrement , le sommeil succéda à un état d'agitation violente et presque continuelle, et il ne resta plus que quelques spasmes paraissant seulement a de longs intervalles.
M. Dumas quitta les eaux d'Evaux, heureux d'en avoir fait usage, et se proposant d'y revenir. En effet, il y a reparu cetle année, non plus en malade, mais uniquement pour y chercher des distractions , y revoir son médecin, et prendre quelques jours les eaux comme moyen prophylactique.
Cinquième observation.
AI>nOIVIE, suite d'éclampsik.
Madame de L. F. , d'un tempérament sanguin , d'une constitution robuste, âgée de 25 ans, était enceinte de six mois quandelle fut subitement frappée d'un premier accès d'éclampsie, à la suite d'un deuxième accès elle accoucha d'un enfant mort-né. Il n'y eut pas de fièvre de lait. De copieuses saignées firent disparaître la céphalalgie , les vertiges , les hallucinations ; le bras et lavant-bras droit furent seuls paralysés. À l'aide de frictions de teinture de noix vomique et de strychnine, de linimens ammoniacés , derubéfians, on parvint a rappeler la sensibilité et le mouvement. Le cerveau était tout-à-fait dans son état normal , l'intelligence était complètement saine et la malade écrivait à merveille ses volontés. Mais quoique l'appareil vocal ne parut être le siège
d'aucune lésion appréciable, il resta néanmoins une aphonie qui i'ut rebelle à toutes les ressources de l'art. J'eus recours I à quelques pédiluves et h l'administration des douches. A la lin d'un traitement assez actif, la malade put prononcer quelques monosyllabes , et j'espérais qu'après son départ des
bains le mieux deviendrait tous les jours plus sensible
J'ai eu la douleur d'apprendre que depuis quinze mois il n'était point survenu d'amélioration. On sait, au surplus, que ces paralysies partielles bornées à la langue sont peutêtre une des altérations les plus rebelles à la médecine.