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venablement , il y a stagnation des liquides. La plus abondante des excrétions , la transpiration insensible , étant retenue , les vaisseaux peuvent être gorgés de liquides sans qu’il y ait pléthore, puis qu’un tel état reconnaît pour cause première l’asthénie. Autant vaudrait-il dire que dans l’hydropisie passive , il y a pléthore, parce que les vaisseaux sont gorgés par le défaut de circulation , et qu’il faut saigner pour empêcher la suffocation ; aussi Hoffmann range-t-il la chlorose parmi les cachexies , et Baillou remarque-t-il que dans cette maladie , l’estomac paraît relâché et avoir perdu ses forces* Les toniques , les martiaux unis aux anti-spamodiques , quand le cas l’exige , sont les seuls remèdes que réclame cette affection. Bordeu s’élève avec forces contre l’usage des adoucissans que plusieurs médecins emploient avec excès dans tous les cas de cette maladie. <c L’aménité dans « le traitement , dit-il , est la dernière chose (( dont s’occupe un médecin qui veut efficav cernent en triompher ; il craint de les aggra- « ver en affaiblissant les forces ».
L’observation suivante prouvera avec quelle promptitude cette maladie peut être guérie par nos Eaux minérales.
Chlorose et dysménorrhée . Une fille âgée de
25 ans , tempérament nerveux , constitution faible , éprouvait depuis cinq à six ans des douleurs dans les régions inférieures de l’abdomen à chaque époque menstruelle , et l’éruption qui suivait ces douleurs , consistait en quelques gouttes d’un sang pâle , mêlé avec une assez grande quantité de sérosité. Le moral de cette personne était très - affecté , son visage pâle , le pouls habituellement petit , concentré , et quelquefois convulsif. A ces symptômes se joignaient des appétits dépravés, des nausées fréquentes , suivies quelquefois de vomissemens très-abondans ; elle était sujette à des
diarrhées très-longues et très-rebelles; ses diges¬
tions étaient très-pénibles. Dans le mois de mai 1831 , elle fut soumise à l’usage de nos Eaux minérales qu’elle prit sans aucun [mélange â la dose de huit à dix verres pendant huit jours. Il en résulta un mieux très-sensible, l’appétit revint, elle digéra mieux. Après cela, les Eaux minérales furent coupées avec égale portion de lait, et par leur usage continué pendant une
vingtaine de jours , l’amélioration fut progressive, la menstruation devint plus abondante , presque sans douleurs et fournit un sang plus coloré.
Elle continua encore quelque temps un traitement si simple , et son rétablissement fut
complet. Pendant l’usage des eaux , le pouls devint par gradation plus fort , plus souple et plus plein.
Une jeune fille de 21 ans, d’une santé délicate , portait tous les signes d’une phtisie nerveuse : douleurs dans la poitrine et dans les épaules , maigreur , pâleur extrême , épaules rentrées , anorexie , vertiges , yeux ternes , enflure des pieds, abattement, faiblesse, pouls petit, dur, concentré, flux menstruel séreux, pâle et peu abondant ; à ses signes se joignent des symptômes d’embarras gastrique. Elle prend les Eaux minérales à la dose de six verres avec autant de petit-lait pendant cinq jours, et pendant deux jours seules à la dose de neuf à dix verres ; l’œdématie des pieds disparaît, les douleurs cessent , la pâleur est moindre , l’appétit meilleur, elle reprend ses occupations ordinaires.
C’est en agissant sur l’estomac , en y produisant un effet tonique qui se réfléchit sur tous les autres organes et principalement sur l’utérus, que les Eaux minérales de flou j an sont d’une efficacité si marquée dans cette maladie.
Il est peu de remèdes que Ton puisse comparer aux Eaux minérales qui font le sujet de cette dissertation , dans le traitement de la leucorrhée ou fleurs blanches qui attaquent
un si grand nombre de femmes. Cette maladie est une source de désagrémens et d’infirmités pour la personne qui en est atteinte. Lorsque l’écoulement est abondant, il contrarie le vœu de la nature en s’opposant à la conception, et même à la copulation par le dégoût qu’il occasionne. L usage de nos Eaux minérales est très-avantageux dans cette affection, soit qu’on la considère comme générale, ce que l’on reconnaît à un état général de débilité , soit qu’on l’envisage seulement comme locale, et causée par une débilité partielle, ou par un relâchement des membranes et des vaisseaux des organes de la génération , ce qui arrive à la suite des catharres chroniques de l’utérus. L’affection générale est combattue avec avantage par l’usage interne de nos Eaux minérales administrées à petites doses , par leur emploi extérieur en demi bains et en injections. L’affection locale ne réclame que l’emploi des moyens externes, et elle cède promptement à leur action tonique bien dirigée. Leur vertu spécifique dans cette maladie , est hors de doute et connue de presque toutes les femmes de notre pays qui se sont convaincues de leur efficacité.
J’aurais un assez grand nombre d’obscrva-
lions à citer $ur cette maladie , mais je crois devoir m’en abstenir. Je n’en rapporterai qu’une seule pour prouver l’utilité des bains tièdes de nos Eaux dans cette maladie.
Une femme d’environ 30 ans., tempérament lymphatique , sujette depuis quelques années à un écoulement muqueux, qui très-souvent occasionnait de grandes démangeaisons aux parties externes de la génération , éprouvait une cardialgie presque continuelle, des faiblesses dans les extrémités inférieures, des vertiges , et autres symptômes nerveux qui accompagnent ordinairement le flux leuchorreïque abondant; à cela se joignent des symptômes d’embarras gastrique , et un état fébrile très-prononcé. Des sangsues appliquées sur l’épigastre , un léger purgatif , quelques tisanes émollientes ,, une vingtaine de demi bains tièdes, avec nos Eaux minérales suffirent pour faire disparaître tous ces symptômes ainsi que les fleurs blanches qui les occasionnaient. Dans ce cas , nos Eaux minérales n’ont pas été données à l’intérieur, parce que je désirais constater leurs effets à l’extérieur : la réussite a dépassé mes espérances.
L’aménorrhée trouve dans un grand nombre de cas un moyen assuré de guérison dans
les mêmes eaux. Lorsque la suppression menstruelle tient à une pléthore , soit loeale , soit générale , on peut , à cause cle leur qualité acidulé , les associer avec avantage aux antiphlogistiques. Mais dans les cas beaucoup plus fréquens et beaucoup plus graves où la suppression dépend de la faiblesse, on ne peut employer aucun moyen plus efficace et moins dangereux. Bien différentes de ces emménagogues incendiaires , qui demandent à être employés par une main exercée , nos Eaux prises selon les règles de la prudence , sont exemptes de tout danger. « Les bons pra- (c ticiens , dit Chambon , ont trop répandu « l’usage des emmé n a gogues dans le public ». c Nous sommes encore effrayés, dit Franck,
(c des funestes effets produits par les violons (( emménagogues , chez les veuves ou les filles « qui ont osé en faire usage , ou que des mé- (( decins imprudens ont voulu employer dans « les cas de rétention menstruelle ».
G est donc principalement quand la suppres- % sion des menstrues dépend d’un état asthénique générai, que nos Eaux produisent des effets salutaires et inattendus. Elles n’ont besoin , dans ce cas , d’aucun secours, et peuvent
se
nies
amener une
guérison
prompte. I
anir uti-
lité est également démontrée , quand cette maladie s’accompagne de symptômes nerveux , ce qui arrive le plus souvent. Il paraît qu alors , l'acide carbonique qui s’y trouve en excès , porte un effet particulier sur le système nerveux , en modifiant l’exaltation anormale des nerfs , qui se trouve presque toujours unie à leur faiblesse relative. On ne saurait trop recommander un remède exempt de danger et si efficace , dans une maladie si périlleuse , qui entraîne à sa suite tant de maux , qu’un traitement mal entendu aggrave toujours et rend trèssouvent incurable.
Je pourrais citer quelques observations à l’appui de ce que j’avance, mais pour ne pas enfler ce petit mémoire de répétitions inutiles , je me contenterai de rapporter le cas suivant , qui est celui où la guérison a été obtenue le plus promptement.
Une journalière âgée île 23 ans, d’un tempérament lymphatique, n’a commencé à être réglée qu’à 1 9 ans , sans doute à cause du mauvais régime, suite nécessaire dune grande indigence. Elle éprouvait depuis six mois , une suppression totale des menstrues. Le 3 décembre 1831, elle m’offrit les symptômes suivans, face pale et bouffie, anorexie, goûts dépravés, nausées,
eardialgie presque continuelle , tension et douleur abdominale , surtout dans l’hypocondre droite lassitude, faiblesse et œdématié des extrémités inférieures , pouls petit et intermittent.
Craignant un état de grossesse , je prescrivis pendant quelques jours des moyens insignifians. Enfin , le douzième , m’étant assuré par l’auscultation qu elle n’était pas enceinte , je lui fis prendre des pécliluves pendant une semaine , après quoi , elle fut mise à l’usage de nos Eaux minérales , à la dose de dix verres par jour. Le troisième jour les règles survinrent.
Le mois suivant, la menstruation se retardant de nouveau , quelques jours de l’usage de nos Eaux suffirent pour la rappeler : depuis lors elle est parfaitement réglée et jouit d’une bonne santé.
On trouvera peut être étrange que je recommande l’usage des Eaux minérales dans la métrorrhagie , ou hémorrhagie utérine, après l’avoir conseillé dans la suppression de la même évacuation. Mais lorsque deux maladies, quoique d’un genre opposé , tiennent à une même cause , elles peuvent et doivent être combattues par un même remède. L’hémorrhagie utérine comme tous les flux sanguins, peut dépendre de la pléthore ou de la faiblesse , mais
elle est plus fréquemment sous la dépendance de l’élément nerveux. La métrorrliagie pléthorique ou active , ne demande pas l’emploi de 110s Eaux, elle réclame des moyens plus prompts et plus énergiques , surtout quand la vie de la malade est en danger. « Selon la remar- <( que de Franck , les hémorrhagies utérines <( dépendantes d’une vraie pléthore , ne sont <( pas très - communes , et celles qui présente tent ce caractère dès le principe , le perdent <( avec le sang ».
Nos nouveaux phisiologistes , qui ne veulent la combattre que par la saignée , parce qu’ils ne voyent partout qu’irritation et pléthore , s’attirent eux-mêmes le reproche que Vanhelmont adressait plaisamment à ceux qui proposaient autrefois la saignée pour arrêter l’hémorrhagie utérine , lorsqu’il les comparaît à des écuyers qui coupaient le jarret de leurs chevaux pour les rendre moins fougueux (1).
La métrorrliagie passive trouvera dans nos Eaux un puissant adversaire , surtout lorsqu’on peut les employer contre ses prodromes , comme dans le llux menstruel trop abondant.
(i) Capuron, ( mal. des femm.)
Cest alors qu’on est obligé de leur reconnaître un effet spécifique sur {utérus , qui est de régulariser la menstruation. De sorte que Ton voit le même remède qui , dans certains cas , rappèle la menstruation supprimée, l’augmenter , lorsqu’elle n’est pas assez abondante , la modérer dans d’autres circonstances lorsqu’elle est immodérée et quelle porte une atteinte grave à la santé.
C. A. , servante, âgée de 19 ans , d’un tempérament lymphatique , et entachée du vice scrophuieux, a été très-bien réglée depuis l’âge de 14 ans jusqu’à 17. Depuis lors, ses règles ont été très-abondantes , duraient de dix à douze jours , et leur apparition devançait toujours l’époque naturelle. Depuis cette dernière époque, elle était sujette à des rhumes fréquens et à des toux opiniâtres ; ses épaules étaient voûtées , et elle portait tous les signes de la phtisie commençante. Soumise à l’usage de nos Eaux minérales , à la dose de quatre verres , pendant vingt jours avant l’époque présumée de l’apparition menstruelle , le premier fruit quelle en a retiré , a été de voir le flux plus modéré ; réduite à la durée de cinq jours , la toux a cédé , l’appétit a été considérablement augmenté , enfin son état est aujourd’hui satisfaisant.
On ne saurait trop recommander F usage des Eaux ferrugineuses , dans les affections qui demandent l’emploi des toniques et des mar tiaux. « La grande quantité qu’on en boit, dit « l’immortel Sydenham , et leur convenance « avec la nature, fait que leur vertu martiale « se communique plus à la masse du sang , <( et qu’elles guérissent les maladies plus efficace- « ment que ne peuvent le faire les prépara- « lions de mars les plus vantées par la chimie ».
Une fille d’une forte constitution , très-adonnée au libertinage , avait ses règles tous les quinze ou dix-huit jours ; elles étaient trèsabondantes et ressemblaient à de véritables pertes, toujours précédées par une grande tension du bas-ventre. Le 1 2 janvier de cette année , l’éruption menstruelle survient et dure neuf jours ; lorsqu’elle eut cessé, cette fille fît usage de nos Eaux pendant dix jours. Le flux sanguin ne reparut que le 12 février, quoique depuis le 8, il fut annoncé par le météorisme du basventre, il fut moins abondant et de plus courte durée ; cette régularité dans la menstruation s’est maintenue quelques mois malgré le genre de vie de cette fille.
Cette observation paraîtrait être une contradiction du principe que j’ai posé sur les effets
de nos Eaux ? en disant quelles sont utiles dams" les débilités générales ou partielles. Ici au contraire y on voit chez une fille pléthorique une surexcitation dans les organes génitaux. La théorie rendra difficilement raison de leurs effets dans ce cas , si on ne les considère que comme martiales * d’autant plus qu’elles ont été prises sans mélanges et à une dose assez faible ^(10 à 12 xerres); à cette dose elles , portent une action stimulante très-prononcée sur les organes de la génération. Il serait absurde de penser qu’il existât un état latent de débilité. Nous serons donc obligés de leur reconnaître deux effets très-marqués sur les parties sexuelles : une action tonique , et un effet assoupissant ou sédatif sur le système nerveux. Ces deux effets , agissant de concert , leur donnent une propriété spécifique dans les maladies de l’utérus P où une exaltation nerveuse se trouve presque toujours réunie à un état de relâchement , que la position , les fonctions , les affections catharrales trop négligées de cet organe rendent trèsfréquent. Tout le monde connaît l’influence du système nerveux sur le système sanguin; c’est surtout sur la matrice que cette influence est remarquable; il n’existe pas de maladie de ce viscère où les agensde la sensibilité ne soient
compromis lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes la cause première de l’affection morbide. La mêtrorrhagie de cette fille dépendait donc d’une cause nerveuse , qui a cède à l’effet sédatif de la qualité acidulé de nos Eaux.
Dans un cas d’hématurie , qu’aucun remède n’avait pu modérer, chez une femme de 84 ans , les Eaux minérales de Roujan , prises contre l’avis du médecin qui voyait la malade , suspendirent l’hémorragie vélicale ; et probablement que l’amélioration se serait soutenue , si cette femme en avait continué l’usage. Mais il en fut de ce remède comme de la plupart de ceux qu’on emploie dans les maladies chroniques; on s’en fatigua, et malgré que la malade vit l’hématurie reparaître dès quelle cessait l’usage des Eaux , elle abandonna un remède si salutaire ; épuisée par l’hémorrhagie et par son grand âge , elle se trouve , dans le moment où j’écris , dans le marasme le plus complet.
C’est en rompant le mouvement concentrique anormal , et en provoquant une douce diaphorèse que les Eaux suspendirent sans doute cette hématurie , et si elles n’amenèrent pas une guérison complète , ce n’est pas le remède , mais la malade qu’on doit accuser , ainsi que fin-» fluence de son âge avancé.
Outre ces maladies relatives à la menstruation , il en existe d’autres auxquelles les femmes ne dorment pas toute l’attention quelles méritent. Cette excrétion peut pécher par la qualité du sang comme elle pèche souvent par la quantité: tantôt le liquide excrété sera noir et épais y tantôt on n’apercevra qu’une sérosité roussâtre ne laissant presque pas d’empreinte sur le linge , tantôt enfin ce sera l’un et l’autre , et sur le même linge on apercevra séparément des tâches d’un rouge foncé et des tâches séreuses , ou des tâches foncées au milieu avec une grande aréole blanchâtre à la circonférence.
Lorsque les règles sont formées d’un sang noir et épais , nos Eaux ne peuvent être d’aucune utilité; elles pourraient même nuire si on les administrait seules ; mais il n’en est pas de même quand elles sont séreuses. Dans ce cas , il y a toujours faiblesse dans les solides et dépravation dans les liquides , les femmes qui y sont sujettes ont la chair flasque > la peau blanche et fine. Elles useront avec avantage de nos Eaux ? et une amélioration sensible ne se fera pas long-temps attendre.
En général . les femmes et les filles ne font pas assez attention à la manière dont elles sont réglées , et ne se ménagent pas assez pendant
l 'époque menstruelle. Elles sont dans une profonde ignorance sur une chose qui les intéresse tant. Il n’cst pas rare de voir des femmes qui ne se croyent pas malades quand elles perdent tous les mois pendant douze ou quinze jours , quoique cet état ne soit pas habituel chez elles ; d’autres ne comptent pour rien de voir , au lieu d’un sang vermeil , leurs linges salis par un liquide jaunâtre ou blanchâtre. Il n’est pas rare de voir des filles se livrer avec excès à la danse pendant cette éruption. Il y a très-peu de temps qu’une jeune fille de dix-huit ans, très-bien constituée , éprouva à la suite d’une pareille imprudence , une métrorrhagie violente ; en moins d’une demi heure , elle perdit une si grande quantité de sang, qu’elle tomba en syncope , et qu’elle ne dut la vie qu’à cette faiblesse et aux divers caillots qui durent se former.
- Cependant la menstruation est la boussole qui peut faire connaître si la femme jouit on non d’une bonne santé. Combien de maladies fâcheuses ne pourrait-on pas prévenir si les personnes du sexe plus instruites , reclamaient à temps les secours nécessaires, et combien de victimes d’une pudeur mal entendue !
§. YIIL
Les Eaux minérales de Roujan , sont éminemment diurétiques et par conséquent résolutives. On peut concevoir aisément tout l’avantage que Ton peut tirer des diurétiques rafraîchissans, dans les plilegrnasies chroniques des viscères abdominaux et des voies urinaires. Les remèdes qui ont la propriété d’augmenter la sécrétion des urines sans irriter les organes qui en sont chargés , doivent être d’un emploi trèsprécieux.
Les voies urinaires sont la route que la nature prend très-souvent pour opérer certaines crises avantageuses et pour se débarrasser de certains levains morbides; c’est un émonctoire qui est lié avec le système cutané par la plus étroite sympathie. La nature qui a départi aux reins seuls la sixième partie de la masse sanguine , a voulu sans doute se servir de ce canal y pour se débarrasser , dans certains cas et d’une manière prompte , des matières hétérogènes qu’elle peut contenir. C’est ce qu’avait remarqué le père de la médecine, lorsqu’il dit (c que ceux qui ont à craindre des dépôts aux « articulations , en sont garantis par des urines
« abondantes , épaisses et blanches (1) ». Le médecin dont le grand art est de suivre et d’aider la nature dans les crises qu’elle prépare, ne doit pas négliger l’emploi salutaire des diurétiques lorsqu’ils sont évidemment indiqués. Eh ? quels moyens plus efficaces pourrait-il employer lorsqu’ils sont à sa portée , que ceux qu elle nous prépare elle-même ! C’est surtout dans les affections calculeuses que nos Eaux obtiennent de brillans succès ; sousxe rapport, il est certain qu’elles ne sont pas, usitées comme elles mériteraient de Fêtre. Aucun malade tour^ menté par cette cruelle maladie , ne les a prises, sans en éprouver un soulagement marqué. Il suffit de peu de jours pour quelles expulsent le gravier et les petits calculs» M. le docteur Bourguet, conserve une pierre un peu plus grosse qu’une fève , sortie le troisième jour de leur emploi, par le canal dè l’urètre d’un homme à qui il les avait ordonnées. De pareils faits sont très-fréquens et connus de tous ceux qui fréquentent nos Eaux.
Mais ce serait peu de chose , si elles se bornaient à l’expulsion du gravier et des petits
calculs, avantage que d’autres diurétiques et *
(i) Hippocrate, aphor. 7.4', se et.: l\T
les boissons émollientes possèdent aussi , quoique certainement , à un bien moindre degré ; c’est dans le calcul volumineux , quelles peuvent être de la plus grande utilité. A dieu ne plaise que je veuille les gratifier de la vertu li thon trip tique ! On sait aujourd’hui à quoi s’en tenir sur cette classe de prétendus médicamens ; assez de malheureux en ont fait la cruelle expérience. C’est en calmant les douleurs et en appaisant la violence des symptômes qu’elles prouvent leur efficacité. Et ici , faute d’observations bien faites par mes prédécesseurs, qui nous ont laissé seulement par tradition et d’une manière vague qu’elles avaient été trèsavantageuses dans les affections calculeuses, je serai obligé de recourir à l’analyse.
Les personnes de l’art savent qu’après une foule de remèdes , les uns inutiles, les autres dangereux , le moyen le plus propre à combattre les affections calculeuses est la combinaison d’un alcali avec le gaz acide carbonique , et que sous ce rapport on a préconisé , dans ces cas , avec juste raison les Eaux alcalino-méphitiques , telles que les Eaux de Seîtz et de Fachingen. Les Eaux minérales de Ilouj an peuvent être rangées dans cette classe. Le moyen de faire tomber un remède en désuétude , est
de le vanter plus qu’il ne vaut ; ainsi , sansleur atribuer la propriété de dissoudre la pierre dans la vessie , propriété chimérique , et qu’aucun médicament ne pourra jamais posséder d’une manière positive , je dirai quelles possèdent la propriété de calmer la violence des symptômes de cette cruelle maladie , que, par leurs effets, les douleurs peuvent cesser même complètement , et que, dans certains cas rares à la vérité , les pierres très-friables peuvent être détruites et évacuées par les urines , sous forme de sable ou de gravier. Ces moyens, quoique incomplets , sont les meilleurs que l’on connaisse jusqu’à - présent dans cette occasion où comme dans beaucoup d’autres , nous sommes obligés de reconnaître l’insuffisance de nos a gens thérapeutiques.
(( Rien n’est plus efficace , a dit un médecin « célèbre (Sydenham), à qui une cruelle ex- « périence apprit à juger par lui-même de <( l’efficacité des remèdes proposés contre cette « maladie, soit pour empêcher l’augmentation « des petits calculs, soit pour en débarrasser (( les reins, que de boire abondamment tous (( les étés les Eaux martiales.
Le même auteur recommande de s’abstenir des Eaux minérales , lorsque le cale ni conte-
nu clans les reins est trop gros pour être expulsé dans la vessie le long des uretères. Mais lorsque le calcul est situé dans la vessie , nos Eaux minérales sont toujours avantageuses.