‹ Essai sur les eaux minérales de RoujanChapitre 8 sur 10 · IX · texte numérisé non relu

IX

Un médicament diurétique, qui joint à une propriété refraîchissante un effet tonique , doit remplir des indications aussi étendues que variées. Il n’est pas étonnant qu’un tel remède jouisse d’une grande efficacité dans les phlegmasies chroniques qui joignent à une irritation locale un état de débilité des organes de la digestion , comme dans la goutte et le rhumatisme.

Dans ces maladies , dont la cause prochaine est la suppression de la transpiration insensible , le mouvement excentrique se fait incomplètement et la peau paraît être le pars mandans. Les conditions à remplir pour les guérir , sont : de favoriser le diaphorèse , de pousser aux urines et de rétablir les forces des organes digestifs, qui , par leur faiblesse , deviennent le centre du mouvement fluxionnaire concentrique d’où résulte les métastases les plus funestes.

Les Eaux minérales de Roujan remplissent

à elles seules ces trois indications ; en tonifiant le tube alimentaire, elles rétablissent l’équilibre qui doit exister entre cet organe et la peau ; le mouvement excentrique s’opère selon les lois de la nature, et les humeurs étant portées à la périphérie , la transpiration insensible se rétablit. En poussant aux urines , elles opèrent des crises avantageuses. Les diurétiques sont indispensables dans le traitement de la goutte. (( La voie des urines , dit le célèbre Bar- « thez , est peut-être la plus convenable pour « l’excrétion des matières goutteuses ».

<( Frank rapporte qu’on a vu des personnes « préservées de la goutte , tant que leurs uri- « nés ont charrié en abondance de l’urate de « soude, ou du phosphate de chaux ». La nature en terminant chaque accès de goutte par un flux d’urines épaisses et briquetées , nous montre de quelle manière nous devons la combattre.

Je conclus de ce qui vient d’être dit et de l’analogie qu a cette maladie avec l’affection calculeuse, que nos Eaux minérales peuvent être employées avec avantage , comme moyen palliatif de la goutte , et plus encore comme moyen prophilaetique ; que leur usage soutenu peut en éloigner les attaques , les rendre plu& cour^* tes et moins douloureuses.

Le rhumatisme , ayant la plus grande analogie avec la goutte , tant à cause de ses symptômes qu’en raison de ses causes déterminantes , doit trouver dans nos Eaux des moyens de guérison d’autant plus assurés, que de son essence il est plus curable.

Dans le rhumatisme aigu, elles doivent être coupées avec égale quantité de petit-lait; elles peuvent alors amener une guérison prompte.

P. *** , âgé de 40 ans , d’un tempérament lymphatico-sanguin , sujet à des douleurs rhumatiques aux diverses articulations des extrémités depuis qu’il a quitté l’état militaire , éprouva , en octobre 1830, des douleurs continuelles â la tête, qui durèrent deux mois. En 1831 , à la même époque, mêmes douleurs y pendant autant de temps. Le 12 septembre 1832, ces douleurs reparurent, mais avec beaucoup plus d’intensité. Elles s’accompagnaient d ’élancemens , d’insomnies , de dégoût , d’une fièvre continue , de chaleur et sécheresse à la peau. Le 18 , il se mit à l’usage des Eaux minérales avec égale partie de petit-lait ; il transpira beaucoup. Le 20 , les douleurs et la fièvre avaient disparu , il avait repris le sommeil et l’appétit , peu de jours après il reprit ses occupations.

L. B. , cultivateur,, âgé de 21 ans, d’un tempérament sanguin , a été atteint pendant deux années consécutives d’un rhumatisme qui a duré chaque fois près de huit mois. La troisième année, à la meme époque, la même maladie se déclara. Je suis appelé le neuvième jour à huit heures du soir; il a vomi une soupe qu’il a prise , il sue , le pouls est plein , fort , développé , égal , il se plaint de mal d’estomac , les articulations calcanéo-tihiales et tibio-fémorales sont tuméfiées et très-douloureuses.

Le 18 novembre, dixième jour de la maladie , le pouls est plus dur , développé , rebondissant, douleurs persistantes, insomnie. Diète, petit-lait avec égales parties d’eaux minérales. Le soir léger épitaxis.

Le 19, onzième jour, le malade n’a pas dormi , il a beaucoup souffert , le pouls est fort , dur, surtout vers l’extrémité digitale de l’artère, mais sans rebondissement. Continuation de l’eau minérale avec le petit-lait. Dans la journée, il pousse plusieurs selles diarrhoïques , il sent une douleur très- vive dans le bas-ventre.

Le 20 , douzième jour , le malade n’a pas dormi , métastase de la douleur rhumatismale dans la région précordiale , essoufflement, le pouls est plein sans dureté , les articulations

des membres inférieurs, sont toujours tumé* fiés . Crème de riz , continuation des Eaux minérales coupées avec égale partie d’infusion de chicorée.

Le 21 , treizième jour, douleur de la région précordiale persistante , même pouls. Continuation. Le soir le pouls présente les caractères de fincidus de Solano. Il y a eu plusieurs selles dans la journée.

Le 22 , quatorzième jour, le malade a sué, la douleur précordiale et l’essoufflement ont notablement diminué, l’enflure des extrémités a totalement disparu , le pouls est plus fort que la veille, il a repris sa dureté. Continuation du même traitement. Dans la journée, il a poussé deux selles diaroïques très-abondantes et très-fétides.

Le 23 , quinzième jour , la nuit a été trèsbonne , la fièvre est presque nulle , le malade ne souffre plus. Pot. purg. avec manne deux onces, sulfate de magnésie demi-once , dans six verres d’Eau minérale. Il est purgé abondamment, il peut manger une soupe et une côtelette le soi iv

Le 24 , B. a bien dormi toute la nuit , il est sans fièvre, il prend des alimens.

Il continue l’usage des Eaux minérales pendant une quinzaine de jours , à la dose de huit à dix

Terres dans la matinée , après quoi il reprend ses occupations ordinaires.

Yoilà un rhumatisme qui , si l’on en juge par les antécédens, aurait tourmenté ce jeune homme tout l’hiver, peut-être même plus longtemps , et qui aurait guéri après six jours de l’emploi de nos Eaux minérales. Pendant leur usage , il y a eu des évacuations par les selles , les urines et les sueurs , mais elles n’ont pas été très-copieuses ; il n’y a eu réellement de bien critique que la sueur survenue dans la nuit, du 13 au 14me jour de la maladie, crise qui avait été annoncée par le pouls et que j’avais prédit au malade. Quoique cette sueur n’ait pas été très-abondante , elle a suffi pour juger la maladie ; ce qui prouve que pour amener une guérion complette , il suffit quelquefois de légères évacuations lorqu’elles sont critiques; car , il y avait eu antérieurement des sueurs plus abondantes , mais qui n’avaient procuré aucun soulagement , parce que le pouls avait conservé un caractère d’irritation qu’il n’a perdu que le quatrième jour de l’emploi de nos Eaux.

Pourrait-on me blâmer d’attribuer à nos Eaux minérales la modification survenue dans la caractère du pouls ? N’est-ce pas elles qui ont

fait disparaître l’irritation qui s'y trouvait , qui Font rendu critique , ce qui m’a mis dans le cas d’annoncer positivement une guérison prochaine ? Dans ces deux observations , lage et le tempérament des malades , semblaient devoir réclamer les évacuations sanguines qu’on met si souvent en usage de nos jours dans le rhumatisme, malgré l’aveu plein de candeur et de probité de l’Hippocrate anglais, qui par un grand usage de ce moyen , apprit à en connaître tous les inconvéniens.

J’ai eu à traiter d’autres malades atteints de rhumatisme aigu, et je puis dire, à la louange de nos Eaux minérales, que , modifiées par un liquide émollient , elles ont dans la plupart des cas et en très-peu de temps , amené une guérison complette.

Dans le rhumatisme chronique , nos Eaux minérales ne doivent pas être modifiées. Dans cette maladie , il y a presque toujours dérangement dans les facultés digestives. Les parties souffrantes sont le siège des fluxions plutôt à cause de leur relâchement , qu’à cause de l’inflammation , et il existe un état d’atonie qu’il importe de combattre.

F. *** , cordonnier, de Sérignan, âgé d’environ 45 ans , d’un tempérament bilioso-ner-

tetix , était tourmenté depuis plus de quinze ans, d’une céphalalgie intense et presque continuelle avec affaiblissement notable de la vue , dégoût , digestions pénibles , insomnies , etc. Ce malade , après avoir essayé inutilement un grand nombre de Irai tenions différons pendant ce long intervalle de temps , vint prendre nos Eaux minérales au commencement du mois de septembre 1831. Des les premiers jours , il fut soulagé et put dormir pendant quelques heures. Le cinquième jour , il s’écoula spontanément par le nez environ un verre d’un liquide séreux ; cet écoulement fut suivi d’un calme complet , les douleurs ne reparurent plus et en peu de jours la vision se rétablit. Enfin le huitième jour , il put rester impunément neuf à dix heures à table dans une débauche 011 il se laissa entraîner et où il se fit remarquer par son appétit ; il retourna chez lui complètement guéri ; il n?y a pas encore eu de récidive.

La personne qui fait le sujet de cette observation, avait été traitée à diverses époques par deux des plus sa van s professeurs de la faculté de Montpellier. L’un , attribuant la cause de la maladie à une surabondance de bile , prodigua inutilement les émétiques et les purgatifs ; ces évacuan s ne firent qu’exaspérer les symptômes^

l’autre , instruit par l’insuccès du premier et ?ii la prédominence du tempérament nerveux de l’individu , lui administra les opiacés qui furent également sans succès. Le malade s’étant confié aux soins de M. le docteur Bourguefc, cet habile praticien l’envoya aux Eaux minérales de Roujan y et nous avons vu combien sa guérison fut prompte. Maintenant si on se demande pourquoi les traitemens dirigés par de si habiles praticiens avaient échoué , et pourquoi nos Eaux minérales ont pu réussir si promptement y on sera induit à conclure : que le tempérament du malade y se composant d’un mélange de tempéramens bilieux et nerveux 9 portés à un état d’exaltation par une affection morbide de longue date , les évacuans augmentèrent l’irritabilité et la faiblesse du système nerveux; d’un, autre côté , les opiacés ne pouvaient pas redonner aux organes digestifs le ton qu’ils avaient perdu , puisque ces médicamens ont pour effet de nuire aux digestions et de suspendre toutes les excrétions ? tandisque nos Eaux minérales ont la double propriété de tonifier le système nerveux abdominal et d’enrayer les affections bilieuses.

L’effet des nos Eaux minérales avait été très-sensible avant 1 écoulement de sérosité par le nez , et on serait assez embarrassé d’ex-

pliquer leur mode d’action sur ce phénomène ou cette crise de la maladie.

De toutes les théories que Ton a publiées sur la cause prochaine et la formation de fhydropisie, celle qui satisfait le plus l’esprit, est l’affaiblissement de faction cutanée , ou une activité plus grande du système absorbant. Dans cette maladie , le mouvement concentrique prédomine , et le corps soustrait à l’air ambiant une partie de son humidité et produit l’ascite , l’hydro thorax ; ou bien le mouvement excentrique 11e peut s’opérer en entier, et les liquides séjournant dans le tissu cellulaire sous-cutané , donnent naissance à fana < sarque et à l’œdème des extrémités. Cette théorie qui parait incontestable dans fhydropisie asthénique, à cause de la faiblesse des organes internes , ne pourra être détruite par leur excès de forces produites par l’irritation dans fhydropisie active ; car f irritation des parties contenues appelle sur elles une fluxion d’humeurs , qui ne peut s’opérer que par l’augmentation anormale du mouvement concentrique.

La propriété extra-fluxionnaire de nos Eaux , jointe à leur vertu diurétique et purgative doit les rendre d’un usage précieux dans cette maladie.

L’hydropisie est très-rare chez nous , sans doute, à cause de la sécheresse du pays , et

( Si )

peut-être aussi à cause de F usage que Ton fait de nos Eaux dans les convalescences.

Une femme de 35 ans , d’un tempérament lymphatico-nerveux, entachée du vice scrophuleux , a vu périr ses deux sœurs dans la fleur de fâge , et ses trois enfans très-jeunes , par suite d’engorgemens abdominaux ; elle même est atteinte depuis quelque temps d’obstructions considérables des glandes du mésentère. Vers la fin du mois de mars de cette année , sans cause connue , elle fut atteinte de péritonite qui se termina par une bvdropisie ascite. Les remèdes les plus préconisés contre cette maladie , n’apportèrent aucun soulagement ; l’épanchement augmentait tous les jours; vu leur insuccès, elle fui mise à l’usage de nos Eaux minérales intérieurement à petite dose et en demi bains; le ventre ne tarda pas à s’assouplir et à diminuer de volume ; après dix jours de leur emploi, il était revenu à l’état naturel. Mais comme les obstructions existent toujours , et comme cette maladie tient à un vice héréditaire , l’état de cette femme laisse peu d’espoir , malgré quelle se trouve beaucoup mieux.

Ce n’est pas assez d’avoir guéri ces maladies par l’emploi de nos Eaux minérales , il faut encore en prévenir les retours en combattant les causes qui tendent à les reproduire.

Un célèbre médecin de Naples , au rapport de Frank , attribue la cause de la plupart des hydropisies au rhumatisme ; Frank lui même avoue que cette cause est beaucoup plus fréquente qu’il n’avait cru d’abord. Une série d’observations faites à l’hôpital St.-Eloi de Mont, pellier , et présentées au cercle médical de cette ville , m’ont permis de constater i que le rhumatisme , source lui-même d’une infinité de maladies , tirait son origine dans un grand nombre de cas , de la gale mal traitée on, ce qui est synonime , de la gale considérée comme affection purement locale. Ma pratique particulière m’a confirmé dans cette opinion ; le résultat de mes observations nfa prouvé que près des deux tiers des personnes atteintes de rhumatisme , ont été antérieurement atteintes de gale, et que plus de la moitié n’ont pas eu d’autres maladies. Si l’on fait attention maintenant que parmi le tiers restant , le plus grand nombre doivent le rhumatisme à une prédisposition qu’ils ont héritée de leurs parens , qui peuvent avoir été affectés de cet exanthème, on n’hésitera pas à placer la gale au premier rang dans l’énumération des causes éloignées d’un grand nombre de maladies.

Je regarde la gale comme une des principales sources des affections dartre uses et de*

diverses névroses ; à un état latent et dans sa transmission du père à ses enfans elle peut être la cause de plusieurs maladies et donner lieu à des constitutions cacochymes. « Les a maladies héréditaires^ a dit le célèbre Dumas y (c dans leur transmission des pères aux enfans ? (( prennent quelquefois un caractère bien diffé- « rent de celui qui leur appartient avant ce « passage. Un père goutteux a transmis des « dartres au lieu de la goutte ; la vérole se (( reproduit sous forme de racliitis ou decouel- « les ; mais le fond de la maladie héréditaire (( subsiste , il n’y a vraiment que la forme qui c soit changée »-

Cette digression sur l’un des points les plus débattus en médecine et sur lequel on s’entend encore le moins y qui paraît m’écarter de mon sujet y y rentre cependant naturellement sous le point de vue du mode d’action de nos Eaux minérales sur l’économie y et doit servir à faire connaître jusques à quel point on peut compter sur la guérison qu’elles procurent. Tant que les affections qui résultent des causes éloignées que je viens de mentionner sont à un état latent y l’ordre de la circulation n’est pas interverti ; mais dès qu’un accident quelconque les développe sur quelque partie f l’irritation qui en est le résultat attire sur

cette partie un abord d’humeurs qui romp Té~ quilibre qui doit exister dans les divers mouv emens organiques. Les Eaux minérales et les autres moyens qui rétablissent Tordre dans ces mouvemens , remédient aux symptômes , pallient pour un temps plus ou moins éloigné la maladie principale , et la ramènent à un état latent ; mais ces moyens ne sauraient toujours amener une guérison complette. Il faut donc pour éviter les récidives que le médecin examine , quand le malad© aura été guéri par les Eaux minérales d’un rhumatisme , d’une bydropisie , etc. , si ces affections étaient sous la dépendance d’un virus psorique, herpétique , ou bien si elles ne reconnaissaient pour cause qu’un dérangement de la transpiration ; dans le premier cas, il reste à combattre le vice principal , la cause primitive de la maladie, tandis que le second ne présente aucune indication» Bien différens de la plupart des médicamens purgatifs qui agissent le plus souvent en irritant la muqueuse intestinale , les Eaux minérales deRoujan paraissent porter une action spéciale sur le système nerveux abdominal , auquel elles impriment une activité plus grande. Ce qui le prouve , c’est que leur effet purgatif cesse presque toujours desquelles ont été

évacuées , tandis que le ton qu elles redonnent

aux organes de ia digestion dure très-longtemps. Elles n attirent pas un mouvement fluxionnaire sur le tube digestif , puisqu’elles procurent une douce diaphorèse ; par conséquent elles ne portent aucun trouble dans l’économie. De-là , résultent les grands avantages que l’on en retire dans ia jaunisse et dans certaines obstructions des viscères abdominaux , où il est nécessaire de produire des évacuations sans irriter, et de pousser les liquides à la périphérie.

La manière de prendre nos Eaux minérales, variera suivant la maladie que l’on aura à combattre et suivant l’effet que l’on veut obtenir. La dose sera proportionnée à la force, à l’âge , au tempérament , et au sexe.

Il se trouve des personnes qui en abusent et qui en boivent jusqu’à 60 verres et meme plus. On comprendra facilement à quel danger s’exposent ceux qui en font de tels excès. La seule ingestion d’une si grande quantité de liquide , suffit pour distendre outre mesure les parois du ventricule , et lui interdire toute réaction. « Fontana a vu , d’après une série « d’expériences , que l’estomac et les intestins « des animaux perdent leur contractilité quand

« ces organes ont été prodigieusement gorgés « ou distendus par des liquides artificiellement « injectés dans leur cavité (1) ». La mort peut être la suite de cette imprudence. Ne voit-on pas quelquefois survenir les accidens les plus fâcheux y lorsque l’urine a été trop retenue dans la vessie , soit par l’effet de la volonté soit accidentellement ? Ce rfest donc qu’en usant de nos Eaux avec prudence , qu’on en retirera de bons effets.

On peut les prendre froides ou les faire tiédir. Tièdes, elles sont sudorifiques , plus purgatives et moins assoupissantes , sans doute à cause d’une certaine quantité d’acide carbonique que le calorique dégage. Froides , elles sont plus toniques , plus diurétiques et rafraîchissantes.

Lorsqu’on veut obtenir des évacuations plus abondantes par les selles , on peut y ajouter le sulfate de magnésie , le sulfate de soude , ou la manne ; dans les proportions convenables à l’âge y etc.

Prises froides et en petite quantité y elles sont très-toniques et relèvent promptement les forces digestives de l’estomac.

On ne peut donner des règles fixes pour la

dose y elle doit varier selon les divers cas ;

(i) Aiibert , éléni. de thérap .

c’est au médecin à la fixer ’ l’analyse de précision cpie j’ai donnée, suffira pour le guider.

En général, malades ou saines , les personnes d’une constitution forte ne doivent jamais dépasser la dose de 20 à 25 verres, ( 5 à 6 livres d’eau ). Cette quantité suffit dans les cas où il est besoin de les prendre en abondance ; la dépasser, c’est s’exposer à des accidens fâcheux.

Les prises ne doivent pas être trop fortes , deux ou trois verres suffisent pour les personnes fortes, celles qui sont faibles, soit naturellement, soit à cause de l’âge, ou par suite de maladie , doivent en prendre moins à la fois. Avant de procéder à d’autres prises on doit faire attention que l’estomac soit libre.

Lorsque l’estomac se trouve embarrassé par l’usage de nos Eaux , soit à cause du temps, comme quand l’air est trop chargé d’humidité, soit que par lui-même il se trouve trop faible pour réagir sur les Eaux , il faut en discontinuer l’usage. Ceux qui dans ces cas , s’obstinent à surcharger l’estomac d’un surcroît de liquide, n’en retirent que des effets fâcheux.

On ne peut préciser la dose nécessaire pour obtenir un effet purgatif : tel est purgé au cinquième ou sixième verre , tandis que tel autre ne Test pas au vingtième. Le tempérament et la prédisposition de l’individu doivent servir de base.

En général , elles purgent plus facilement les personnes faibles que celles qui jouissent dune forte constitution.

L’effet diurétique de nos Eaux est plus sûr ; une petite quantité suffit pour le produire.

Il faut avoir le soin pendant leur usage , et les personnes faibles ou convalescentes ne doivent pas j manquer quelque temps qu’il fasse , de se couvrir un peu plus qu’à l’ordinaire , parce qu’elles augmentent la transpirations qu’un air frais pourrait supprimer et s’opposer par-là à un effet salutaire.

Les diverses proportions qu’on doit observer en les mélangeant avec le lait, le petit-lait, l’eau tiède ou les autres tisanes émollientes , ne demandent pas moins de sagacité dans leur application ; elles varient suivant les indications que Ton veut remplir , et la quantité d’eau minérale doit être augmentée par gradation.

Il faut aussi avoir le soin , lorqu’on les coupe avec le lait, de faire tiédir ce dernier liquide , et de le jeter sur l’eau froide; de cette manière le lait ne tourne pas, ce qui arriverait si on faisait le contraire.

Il est prudent de faire de même , lorsqu’on les mélange avec d’autres liquides , parce qu’en faisant chauffer l’eau minérale , le calorique dégage les gaz et précipite les sels quelle contient.

Quoiqu’on puisse prendre nos Eaux minérales dans toutes les saisons , lorsque le cas l’exige , leur emploi est mieux indiqué vers la fin de l’été»

Elles conviennent beaucoup plus aux personnes d’un certain âge qu’aux jeunes gens r parce quelles favorisent le mouvement excentrique qui se fait imparfaitement chez les vieillards. Elles préviennent et combattent les obstructions qui sont plus fréquentes à cette époque de la vie.

Je ne pourrai parler d’une maniéré positive des avantages qu’il serait possible de retirer des bains de nos Eaux minérales , parce qu’on ne les a pas mis en usage sous cette forme. Le professeur Yen cl ^ reconnaissant d’après l’analyse qu’elles pouvaient être très-avantageuses^ engageait beaucoup le propriétaire à construire un local convenable à un établissement de bains , mais ce précieux avis n’a pas été suivi. Ce qui prouve cependant > que ces bains ne seraient pas sans efficacité , c’est que certaines personnes se sont débarrassées d’ulcères dartreux ^ par de simples fomentations avec ces Eaux (1).

Outre les avantages incontestables que l’on retirerait des bains et des douches de ces Eaux

(i) On trouvera plus bas une observation qui prouve leur efficacité sous ce rapport.

dans la leucorrhée , les affections scrophtileuses , je leur soupçonne une grande efficacité dans lliydropisie , quelle qu’en soit la cause, mais particulièrement dans Wiydropisie passive. Voici au reste l’efficacité qu’Hoffmann attribue aux bains des Eaux ferrugineuses. « Etant employées extérieurement en forme de « bains , dit-il , elles sont très-bonnes pour « fortifier et ranimer les membres engourdis <( et sans mouvement, pour guérir les pâles » douleurs, les contractions et les relâchemens « des parties, pour dessécher et cicatriser les xc vieux ulcères ; dans ce cas-là , on les fait « un peu chauffer , et elles échauffent le corps, <( ouvrent les pores de la peau , et provoquent « la sueur , surtout si le malade se met au « lit sortant du bain ».

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