XL
On ne saurait trop louer les effets salutaires de nos Eaux minérales , dans les cas qui réclament leur emploi. Mais , en général, on n’en continue pas assez long-temps l’usage ; et les malades les abandonnent trop tôt. Le médecin qui saura assez capter la confiance de ses malades pour les soumettre à leur usage soutenu convenablement, en retirera de grands avan-
fages. J’ai la conviction intime quelles ne sont pas usitées autant qu elles mériteraient de l’être. Peut être peu de sources des plus fréquentées pourraient soutenir le parallèle.
En nous résumant sur les indications générales qui réclament l’emploi de nos Eaux , j’indiquerai :
L° Toutes les maladies dans lesquelles , soi t à cause de la faiblesse ou de l’îfritation , soit à cause du spasme des parties internes , le mouvement concentrique prédomine , et lorsque le but du traitement est de pousser doucement les liquides à la périphérie , d’obtenir des évacuations sans donner des secousses et de tonifier les organes de la digestion.
2. ° Les maladies nerveuses caractérisées par la petitesse et la fréquence du pouls , parce que j’ai remarqué que , modifiées suivant les diverses indications, elles le rendaient plus plein plus souple et plus lent, d’où j’ai conclu quelles ne pouvaient modifier le caractère d’irritation du pouls, sans en atténuer la cause quelle quelle fut.
3. ° Les maladies de l’utérus dépendantes, soit de la faiblesse et du relâchement de cet organe , soit de l’éréthisme de ses nerfs.
Un heureux essai vient de me confirmer dans l’idée avantageuse que j’avais conçue des bains de nos Eaux minérales.
M. ***, jeune garçon de dix-sept ans , d’une constitution faible , fut atteint vers la fin du mois de mars dernier, d’un rhumatisme universel. Les antimoniaux administrés dès le principe , calmèrent la violence des symptômes en éliminant la complication gastrique. Nos Eaux minérales coupées avec le lait et le petit-lait , abrégèrent considérablement les accès , calmèrent l’intensité des douleurs et la fièvre. Mais rien ne put empêcher que la maladie passée à un état chronique ne parcourut plusieurs fois toutes les articulations du corps. Chaque jour , il survenait une nouvelle métastase , les parties que la douleur abandonnait restaient tuméfiées et privées pendant quelques jours de mouvement.
Cet état de chronicité chez un enfant dont la constitution cachétique avait reculé l’époque de la puberté , me faisait croire à une maladie très-longue et dangereuse. Je me décidai à lui faire prendre les bains chauds de nos Eaux minérales. Le malade les prit dans sa chambre.
Le premier bain amena du soulagement et un bon sommeil qui dura toute la nuit. Après le second , les douleurs et l’engourdissement des extrémités cessèrent, et le malade put se servir de ses membres. Mais ce qui frappa le
plus mon attention , ce fut le caractère du pouls après le troisième bain , il devint trèssouple y moelleux , lent > et intermittent , il manquait une pulsation tantôt après le troisième battement , tantôt après le quatrième ou le septième ; après quoi il redevenait continu pendant quelque temps. Ce caractère du pouls s’est maintenu quelques jours sans qu’il soit survenu de diarrhée comme je m’y attendais.
Si de pareils succès se renouvelaient , je ne balancerais pas à donner à nos Eaux la préférence sur celles de la Malôu, qui sont trèsusitées dans nos contrées ; elles doivent la mériter sous le rapport de l’activité. Minéralisées par les mêmes matériaux que ces dernières > les proportions en sont un peu plus de trois fois plus fortes.
Je donnerai ici ^ pour terme de comparaison y l’analyse des Eaux de la Malou telle qu’on la trouve dans la thèse intéressante de M. St.~ Pierre sur les Eaux minérales du département de l’Hérault.
2560 gram. contiennent un résidu fixe du poids de 2 y 6 gram. y composés de
Carbonate de chaux 0 637
- de magnésie 0 159
- de soude 1 200
Sulfate de chaux
Mariale de soude 0 260
Carbonate de fer 0 053
matière colorante extractive quantité impondérable.
Le sulfate de magnésie que nos Eaux minérales contiennent en grande proportion , est remplacé dans celles-ci par le sulfate de chaux,
La même analyse annonce que les Eaux de la Malou, contiennent très-peu d’acide carbonique à fétat libre.