CHAPITRE X
DE LA MÉTHODE D^EXPOSITIOlf GOMPABÉE A CELtE D lXtiXËREOGATIOn. — MAHIÈEE DE LES GOM- BINER.
Dans renseignement par exposition, le directeur parle seul et développe son sujet sans êtreinterrompu.
Ce mode offre certains avantages.
1. Le sujet est abordé d'une manière directe, et Ton peut en donner immédiatement une idée nette et précise.
2. La méthode d'exposition fait plus clairement ressortir Tordre des matières, et par conséquant les classe mieux dans Tesprit.
3. Chaque chose est convenablement exprimée, puisque c'est le maître qui parle, et non * pas rélève* Le maître peut d'ailleurs présenter certains détails qui donnent du relief au sujet et le rendent plus intéressant.
4. En développant son sujet, il peut graduellement 8*animer, agir sur les enfents par le sérieux et le pathétique, de manière à les ébranler et à les attendrir tour à tour.
5. U reste toujours maître de sa marche. U détermine le point de départ et le point d'arrivée, et, s'il a quelque habitude de l'enseignement, il peut, sous le rapport du temps, se restreindre dans de justes limites, sans renoncer à traiter le sujet dans son entier.
6. S'il a du coup d'oeil et s'il a étudié un peu les enfants, il sait, en voyant la physionomie de sou auditoire, s'il a été bien compris, si les élèves sont attentifs, touchés, et il peut modifier en conséquence les paroles qu'il leur adresse. Surtout, il saura quand il doit répéter
ce (^'il a dit ou le préseuier qu d'aub*es ter* mes.
Cette méthode préseute aussi certaias mçoavénieuts, quand on s'adresse à des enfants.
1 » Il est très rare qu'ils soient assea intelligents et assez bien doués pour écouter un disoonrs suivi d*une certaine étendoe. Ils auront d'abord la bonne volonté de tout écouter; mais au bout d*UB momrat, Tefiort qu'ils auront feit leur causera un peu de fatigue; sous cette impression, ils p&ràtont ici et là quelques mots; bientôt ils ne saisiront plus la liaison des idées, et ils finiront par ne plus écouter du tout.
2. U est très rare qu'un directeur ou un instituteur ait assez de simplicité et de souplesse dans l'esprit pour son langage soit parfaitement à la portée des enfants, quand rien ne vient Tiaterrompre. U sera généralement un peu trop élevé pour eu3^, et souvent trop protond- Quand le maître se sera servi de mots que les élèves ne comprennent pas, et qu'il voudra les expliquer, les enfonts risqueront doubUer ce qui a précédé et .ne sauront plus où ils en sont.
3. Lors même que les élèves écouteraient le discours entier et le comprendraient dans toutes ses parties. Us ne sauraient pas pour cela, d'une manière réelle et solide, ce qui leur a été expliqué. Si vous tentiez de leur en faire reiulrc
compte, ils balbutieraient sur beaucoup de points, et TOUS pourriez bientôt yons assurer que, s'iUà ont tout reçu, ils n'ont pas beaucoup gardé. Et certes, il n*y a pas lieiu dé s'én étonna*, quand ou considère que des adultes, ayant une certaine . instruction et quelque culttire, sont rarement cih pables de reproduire les idées principales d'un discours qu'ils ont entendu. Quand un orateur parle seul, il nous faut sans doute une certaine activité pour le suivre; mais cette activité est très jEaible, comparatiYement à celle que nous déployons lorsque, nous sommes obligés de jparlcr^ c'est-à-dire de trouver des idées et la forme "dont elles doivent être revêtues.'
L'enfant qui écoute une exposition ne fait donc pas un usage suffisant de son activité pour que SOU ésprit se développe avec force et puisse- reproduire plus tard ce qu'il a re$u«
Tenons-en maintenant à la méthode d*intmtigation, et parlons de ses avantages.
1 . Elle oblige l'enfant à bien écouter et à rendre compte du sujet proposé.
2. Elle constitue un appel direct à Tactivité des élèves. Quand ils écoutent une exposition^ ils peuvent facilement être entraînés par un courant d'idées étrangères, se laisser surprendre par le sommeil du corps ou par celui de la pensée; mais quand les qtiestions arrivent,- il fiiut qte
remplit sorte en armei et déploie toutes ses ressources.
8. Ii%lterrogation a rinfloenee la plm heureuse sur le développement du jugement des enfants. La question et la réponse sont les deux moitiés d'un même tout. La première moitié étant donnée, il faut que rélèye trouve la seeonde; et il 11*7 (tarvietat qa'avee de Tattentioiit un juste discernement et même une certaine finesse.
4. L'interrogation oblige Tenfant à parler; et Fnsage qu*il feit de la parole réagit delà maniéré la plus avantageuse sur sa pensée pour la fécon-
et la régler. ^ . .
5. L*iliterrogation bien âdte répand une grande vie dans renseignement. Les esprits s*aiguiseût mutuellement ; ils prennent de la souplesse et de la Aivacité. Il y a là comme un combat, pendant lequel on poursuit Télàve jusque dans les derniers retranchements de Tignorance. Et l'on ne se borne pas à le surprendre dans TerreuTt on renvironne d'un flot de lumière» C'est une lutte paeifique, ^dans laquelle lé Tainqoeûr abandonne ses trésors au vaincu.
Les anciens aimaient beaucoup rénsdgnement donné sous forme d'interrogation ou même de simple entretien. De nos jours on a penl-ètre trop négligé ce moyeu, qui a le grand mérite de pré-
server toot à k fois du décottragemeut et de la paresse.
6. Ënfiu, quand les questions sont posées a> ec bonté etidEnction, quand l-espiit chrétien y préside, elles n'éclairent pas seulement Tesprit, elles -vivifient le cœur. Aussitât que l'on s'aper^ çoit qu'on en a trouvé le c}iemin, que les cordes du sentiment commençât à^Til»rer, on peut profiter du m^omeut favorable et produire des impressions qui exerceront Tinfluence la plus heureuse sur la vie entière de i'enfauU J^a parole, personnellement appliquée/ a. uu {loui^ir plus grand qu'aucune autre. .
Les élèves écouteront peut-être plus volontiers une exposition intéressante ; mai^ ils praflteront davantage d'une interrogation bien faite.
Toutefois rin^rrc^tiw ne peut pas toiqouirs être employée. .
Vous ne pouv^ pas questiaunar ren&nt sur des faits qu'il ignore. Tous êtes obligé, de les lui fedre eoanidtre.
jS>i voi^ aves^ affaire avec des enfants très timides ou d'une intalligeiice obtuse, vous ne pouvez pas toujours interroger ; car vous .serieaiL conduits à des longueurs qui ne profiteraient à personne et qui ennuieraient fort, votre auditoire. Un p<du U exposition relève l'exercice et lui donne plus d'intérêt.
En outre, les réponses ne sont pas toujours énteudueâ par la généralité des élèves, et quoique le directeur ait soin de les répéter, la leçon languirait si elle continuait toujours de la sorte.
Il résulte de tout ce que nous avons dit, qu'il faut combiner ees deux formes d*enseignement.
Mais comment les combiner ?
Non ixûnt en fidsant d'abord une exposition plus ou moins prolongée, pour interroger ensuite, ce qui ne peut conTeuir qu*à des jeunes gens déjà un peu avancés et capables d'une attention soutenue ; mais en entremêlant les deux méthodes, de moment en moment, ce qui soutient Tattention des enfants , tout en donnant les moyens de leur enseigner directement et d'autorité ce qu*iis ne savent pas encore.
On comprend que lorsqa*on emploiera la forme de Texposition, il faudra être clair, bien choisir ses expressions, ne pas faire des phrases trop longues, lier les idées d une manière naturelle, fidre ressortir les choses essentielles et mettre de la vie dans le discours. On ne doit pas craindre de répéter les explications fondamentales, afin d'être sûr qu'elles seront retenues.
On les fera d^ailleurs répéter aux élèves, quand on a lieu de croire qu'ils les ont suffisamment •aidies.
Un grand art dans l'exposition, c'est d'accen-
tuer plus fortement, c'eât-à-diie de lùea £ftire ressortir toat ce qui est essentiel ; car ce serait s'abuser que de compter sur une attention tou;jours égale de la part de Fauditenr. Il écoute ce qui est saillant et laisse couler le reste. .
Quant aux interrogations, voici commei^t nous pensons qu'elles doivent être dirigées :
1. Chaque question, prise à part, doit être claire, c'est-è-dire de nature être saisie par tout enfant un peu intelligent. ...
2. Les questions doivent être eourtei; car si elles étaient exprimées en beaucoup de mots, reniant aurait oublié le commencement quand il entendrait la iin. L'objet principal serait noyé dans le grand nombre des paroles et on ne le distinguerait pas.
3. Le point principal de la question, celui sur lequel portera la réponse, doit en général être indiqué au commencement ou à la iin. de la question. Par ce moyen, Fenfant en sera plus frappé.
EnMKJts su mamn cas. Dmandê: Dans odil »atb s'enfafi Moïse, lorsqu'il vit que le meurtre de l'Egyptien était connu? — R. Dans le pays de Madian.
D. Quelles preuves $$iiDson donna-uil de sa force extraordinaire? — it. Il déchira un lion comme si c'eût été un chevreau ; etc.
Exemples du sbcsond cas. D. Quand Salomon fut moaté sur le trône, qublue grâce demanda-t-il à Dieu?— it. I4 sagesse.
B. Apite que le$ Israélites eurent passé la mer Bouge k
pied sec, de qi'el côté se dirigère.nt-ils? — Du côté du désert de Sçur.
Jlais Yoici d'autres cas, dans lesquels Tobjet principal est moins facile à saisir, parce qu^il est
indiqué au milieu de la question.
Demande : Jésus-Christ étant ressuscité des morts, combien DE JOURS passa-t-il encore avec ses apôtres, avant que de monter au ciel ? — R. Quarante jours.
D, P^sqne Jésus est dans la gloird^ quei désir d8?oti9-
nous entretenir dans nos cœurs pendant le reste de noire vie ici-bas? — it. Celui de le rejoindre, et d'être à jamais avec lui.
4« La question doit être faite ^ géaéj^ai, de telle sorte que Teftlant soit obligé de répondre autrement que par un oui ou un no». Sans cela son esprit travaillerait fort peu et la réponse serait donnée comme au hasard.
Un jeune enfant assistait pour la première fois à réeoie du dimanobe, et eonuae il était enccoré tout émerveillé et troublé de ce qi^il voyait et entendait, il fnt appelé par son Boia et le diree>* teur lui adressa une question. L'enfant répondit par un oui, ^ ce oui se troQya être dit à propos sans que célui qui Tav^t prononcé put s'en 4outer le moins du monde. Le directeur s'aperçut probablement de Vétat d'esprit oii se trouvait le nouvel élève, et lui dit, afin de Tencourager : « Tu as bien raisoji de dire oui^ mon enfaijitl »
Le petit garçon, fort étonué d'avoir rencontré si juste, se hâta d'aller raconter ses prouesses à son père et à sa mère.
On conçoit, du reste, que Ton puisse faire, par exception, des questions semblables à des enfants timides et tout à fait novices.
5. Il ne faut pas, en général, quand une question a été faite , commencer la réponse et laisser à Télève le soin de Tacbever. C'est Te^iLposer à jBnir la phrase machinalement, et, par «uite, û dire quelque absurdité.
Exemple. /). Que Ut Marie quand Jésus fut né? (L'i ltHe restant silencieux, le maître commence la réponse en disant) : « Elle Temmaittotta et le coucha dans...;, (l'élève it]oiit«} : Dans son berceau. »
U me s&nàt facile den^iter des exemples plus absurdes, mais je crois devoir les supprimer.
Gonunenc^ les réponses, c'est aussi dispenser rélève de deux choses fort importantes , penser, et exprimer ce qu*il a pensé. On fiiT(»rise par là la paresse d'esprit.
6. La question ne doit pas être trop générale; les en&nts ayant peine à s^éleyer anx généralités.
ExBMPLB : « Quelle est la plus grande consolation que BOUS puissions recevoir en ce monde ? •
Une question est vicieuse, quand elle peut don« nerlieu à plusieurs réponses différentes.
Exemple. D. QuVst-ee qne les Israélites fircnl apWS la
câpUvUé de Babylone? —R. lis retournèrent dans leur ptys, oo*«-its rebàiireotle temple de iérusâlen.
Toutefois, il &ut remarquer que les choses qui
viennent d être dites peuvent particulariser tellement la question , que Tenfiint intelligent ne risque pas d'être dans le vague sur ce qu'il doit répondre.
7. Les questions doivent être eucliaiuées de manière à comprendre, dans leur ordre, tontes les parties du sujet.
Mais le diredenr ne peut pas vesler tellement eoUé à son plan qu'il ne s'en écarte jamais. Une foule de circonstances Tobligent à faire des questions qu'il n'avait pas prévues. Ainsi Tétat de la classe, une réponse faite par un élève, laquelle nécessite une nouvelle question, teUe digression dont ridée se présente et que Ton sent devoir être utile, telle partie du sujet que Ton voit avoir été mal comprise par les élèves. Impossible, du reste, pour le maître, de fàire usage d*un questionnaire, puisque ce moyen exclut tout à lait l'imprévu, dont il faut pourtant tenir éompte.
8. Si rélève ne répond pas, on s'apercevra bientôt si c'est un effet de sa timidité ou de son ignorance.
Si c'est un effet de sa timidité, il faut lui adresser un mot d'amitié et d'encouragement, puis lui répéter la question en cherchant à la modifier de
telle ivianière qu'elle soit aussi simple que possible.— ^Somrent h qoestioir, d^abord posée, est un peu complexe ; il impprte alors de la décomposer en fl^g â^ents premiers, pocur les pr^genun à un.
ExEHPLE. D. Qui est-ce qui fut diargé de eonduire le peuple d'Israël dans le pays de Canaan ^ après la mort de Moïse?
L'enfant étai^t embarrai^f on peut lui adre^^er
les questions suivantes :
Qtti estHse qui avatt conduit les Br^Utes hm d'Egypte? - , .
D. Quelle mer leur avait-il fait passer à pSed sec?
R. La mer Rouge.
D. Où étaient-ils allés, après avoir passé la mer Rouge . A. Dns le désert.
D. Oïl devaient-ils aller aprè^ ^voirtravsné ledéssrt?
Dans le pays de Canaan.
D. Qu'arriva4*il à Moïse à la fin du voyage ? A. I! mourut.
Z>. Où est-ce qu'il mourut?
A. Sur une montagne.
Ob est située celte mantaïae ?
R. Vis-à-vis du pays de Canaan.
D. Moïse étant mort» quel fut son successeur?
il. Josué.
Si l enfant a réeîté un Terset «t qu'on veuUle iui en faire tirer ce qui y est content^ , gp proc^ Kteqi d*«iii^ manière analogue.
Exemple : Jésus étant né a Bethléhem^ ville de Judée ^ au temps (lu roi Nérode^ des mages d Orient arrivèrent à Jérusalem»
/>. De quelle imissance est-il ici parlé? '
H. De celle de Jésus.
QttiesiJésos?
R, Le Sauveur qui devsdt venir au loomte.
D Où est-ce qu'il naquit?
R. 4 Belhléhem.
Z>. Où est située eette ville ?
R. En Judée.
/>• Où est situé le pays de la Judée? (Ou le lui «outre sur la carte et il dit ) :
R, A l'exl rémité de la mer Méditerranée.
D, Dans quel temps naquit le Sauveur?
R, Au temps du roi Hérode. .
D. Qui est-ce qui arriva Am le pays en ce temps-li f R. Des mages d'Orient.
Qui étaient ces mages ?
R. Des sages.
D. D'où venaient-ils?
R. D'OrienU
D. Quels pays se trouvent à l'orient de la Judée? (On
montre sur la carte les pays à l'orient de la Judée. — Le désert d'Arabie, l'Assyrie et la Perse.)
Duquel de ces trois pays veuaien^-ils prpl>ablement ? R. De la Perse.
D. Qu'est-ce qui le fait croire?
R. C'est que l'on sait que les mages étaient très nom-» breui en Perse.
. îsous ayons parlé de la timidité de Tenfant. Il est à remarqaer que la timidité est quelquefois
uue des formes de T orgueil. Dans uu tel cas, il fiiut être mmns doux dans les sollicitations que Ton adresse à Télèvet aûu de rengager à répondre.
Si c'est rignorance qui Tempêche de répondre, il y a sans doute quelque chose à lui apprendre avant qne de lui demander une réponseà la ques* tion. Il faut donc lui frayer la voie, enlever les obstades, et peut-être alors obtiendra-t-on^ de lui la réponse désirée.
9. Si Fenfiint répond mal , et qu'on ait Heu de penser que c'est un effet de son étourderie, il faut rengager à réfléchir et lui présenter la question d'une manière un peu différente.
S'il a mal répondu par suite d'un manque d'intelligence, il faut, par des questions plus ladles, ramener à répondre juste.
S'il y a eu chez lui défaut de jugement, il est bon de «l'amener à reconnaître lui-même 1 absurdité de sa réponse et de lui ùàte parocHumr le chemin nécessaire pour arriver à Tidée juste.
10. Sila réponse est imparftiite, il fcnt ramener à la compléter et à corriger ce qu'elle ren-* ferme de défectueux. Comme il est arrivé assez près du but, il est convenable qu'il fasse un effort de plus pour atteindre le but même. 11 tu est capable ; il ra prouvé par sa réponse ; en exigeant tout ce dont il est capable, vous lui êtes plus utile
qu^en lui épargnant le reste de la peine nécessaire pour rendre la réponse parfaite. Les idées que nous créons nous^nèmes sont ceUes qui nous profitent le plus.
1 1 . Si la réponse est bonne, il faut que Félère le sache, car il pourrait rester à cet égard dans le doute, s'il ne recevait aucun signe d'approhation. Mais ces signes d'approbation doivent être donnés avec mesure et ne pas être assez prononcés, pour développer Forgneil de Fenfant. Un simple him suffit pour indiquer que la réponse est satisfaisante.
Nous ferons observer d'ailleurs, que dans une interrogation suivie, lorsque la réponse de l'élève devient le point d'appui d'une nouvelle question qu'on lui adresse, il est assez évident que la réponse a été juste et qu'il est superflu de le dire. Quand Tharnionie entre celui qui interroge et celui qui répond est suffisamment sensible, c'est la meilleure approbation que l'élève puisse recoToir.
12. L'interrogation doit être animée; c'est qui fait mie grande partie de son charme. Le maître doit parler avec de la vivacité dans l'es^ prit et de la chaleur dans le cœur. €*est ainsi qu'il entraîne l'élève et l'électrise. Des questions qui sont suivies immédiatement d'une réponse juste, fournissant à son tour matière à une
question nouvelle, intéressent vivement F esprit et opn^ituent pour lui un exercice «pleiu d'at- ' traits. Mais il ne faut pas que la \i\acité de Tinterrogation soit telle, qu*on ait Tair de poursuivre rélève, en quelque sorte, Tépée dans les reins; ce serait T exposer à une précipitatiou évi^ demment nuisible au vrai développement de sou esprit. Le maître doit doue toujours garder, sous ce rapport, une certaine mesure, et laisser hl èlève le temps nécessaire pour réfléchir et préparer une réponse satisfaisante.
13. A mesure que T interrogation avance, il est bon de jeter parfois un regard en arrière, pour résumer ce qui a été dit et T embrasser comii^e d'un coup d*œil. Par là ou donne des vue^ d'en* semble sur le sujet et Ton soulage la mémoire* Ainsi un père, faisant un petit voyagé avec ses enfants, s'arrête de temps en temps, pour rappela* l'espace parcouru et les lieux qui ont été visités. Puis port,aQt ses regards eu avant, il exeite l'ardeur de ses jeunes compagnons pour le chemin qui reste à faire, eu leur adressant (les paroles affectueuses que lui dicte sou cœur paternel,
14. Toutes les questions doivent d'ailleurs être faites dans un esprit chrétien, c'est-à-dire avec cette bouté et cette aménité qui contribuent si efficacement à épanouir l'çsprit 4^9 enfants et ^
lui laisser Tasage et la plénitude de ses forces.
U faut que Tesprit du directeur et des instructeurs soit tellement pénétré de celni de Christ, que r élève lui-même, quand on Tinterroge, se sente comme dominé par une influence céleste, en sorte qu'il $'en pénètre à son tour.
La Tie chrétienne est comme la lumière du jour, laquelle se répand dans toiUes directions et jusque dans les lieux les plus écartés, non-seulement par le rayonnement direct, mais encore par des brisements et des réflexions multipliés.
Je Tondrais citer id quelques r^nses remarquables obtenues dans des instructions religieuses adressées à de jeimes élèves.
D. Quel fut le premier tort d'Eve , lorsque le démon Toulat la séduire?
R. De l'écouter.
D. Quel fut le second ?
it l>e lui répondre.
D. Qu'est-ce donc qu'elle aurait dû faire?
R. Fuir. C'était le pLui» sûr.
/>. Lorsque Dieu ajpkj^cila Abrabam^ qae lui dit-il?
Sors de ton imys et de ta psrentét et d^ la maison de ton père, et viens au pays que je te montrerai. Et je te ferai devenir une grande nation; je te bénirai, et je rendrai ton nom icand, ^ ta seras iiénédietioa^ et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.
D. Combien de choses principales remarquez-vous dans ces paroles ?
/?. Deux.
Indiquez-les.
il. Diett iidmse à AbraliamiiDonlree^ line promesse.
D. Qu'est-ce que le patriarche devait faire à Tégard de la promesse ?
A. La croire.
/). Que devait-il faire à l'égard (Je l'ordre? il. Obéir.
B. Qaelie tliison renarqMs-Yoas eatre eesdeu&ehoses?
il. Si Abraham n'avait pas cru la promesse, il n'aurait pas obéi au commandement.
D. Quand Abraham partil» où pensait-il se rendre ? n. Il l'ignorait, car il est dit qu'il ne savAtt où 11 allait.
/). Comment donc pouvait- il se diriger?
il. Dieu le conduisait.
D. Qu'arriva-t-il de remarquable au palriarrhe Jacob quand il s'arrêta à fiéthel?
il. Il eut un songe.
D, Que vit-il dans co songe?
R, Une édielle qui était appuyée sur la terre et dont le haut touchait aux deux, et les anges de Dieu montàient et descendaient sur cette échelle.
D, Que représentait cette échelle ?
Le voyage de Jacob.
D. Que lui rappelaient les anges montant erdeseemkini?
R. La protection que Dieu ne cesserait do lui accorder.
D. Que nous rappelient-iis à nous-mêmes?
il. Les anges qui montent représentent tMis prières, et les anges qui descendent, les bénédictions que Dieu nous envoie.
D. Pourquoi n*est-ii parlé que d'une seule brebis perdue, dans la parabole qui porte ce liire?
n. Parce que chacun de nous doit s'appliquer celle belle histoire et se dire : « Tu es celle brebis-lù. » D, Quel est le berger ipA court après la brebis et la
rapporte ?
R. Jésus, qui est venu cbercber et sauver ce qui était perdu.
D, Peux-tu observer les commandements de Dieu ? R. Oui, si je TaiJiie.
D. Pourquoi Jésus pleura-t-il sur la mort de Lazare?
A. Pan^e qu*il Paimalt.
D. Etait-ce loi seul qui! armait ?
R. Il aimait aussi ses sœurs 3!arthe et Marie.
D. N'a-t-ii d'amour que pour la lamiUe de fiétbaoie ?
R. Il aime tous les hommes.
D, Comment leur a-l-il montré son amour?
R. £n mourant pour eux.
/>. Que dois-tu donc croire pour être sauvé?
H. Qu'il est mort pour moi.
Si tu en es persuadé, quel sentiment auras-tu pour
lui dans ton cœur ?
/?. Je l'aimerai de tout' mon cmt et de totfte mon Ame. />. Si lu es ainsi attaclié à ce bon Sauveur, que peux-tu espérer pour le reste de ta vie ?
R, Qu'il ne m'abandonnera point; />. Jusqu'à quand aura-t-il soin de loi?
R. Jusqu'à la mort;
D. Sa bonté envers nous cessera-l-elle au moment rte
notre mort ?
R. Non, il nous prendra à lui dans le ciel.
D. Comment sals-tn que tu ressusdieras?
R. Parce que J' sus est ressuscité.
Z»» QMiramI Â TésufToetiOD proave-^tilç la
R. Parce qu'étant ressuseité, il ne 4aissera jgsa^ (buis le tombeau ceux qu'il a ^més et sauvés. -
Tout ce que nous avons dit touchant la manière d'interroger les en&nts peut être mis à profit, non - seulement par les directeurs des écoles du dimanebe, mais eneore par les instructeurs chargés du soin des groupes.
CHAPITilE XI.
SUBSTANCE l>'un£ LEÇOJH SUA L AIiClËK X£SXAM£]NT
Laehuiei$î*hmme{GBa.1Il*.)