CHAPITRE V
i>B8 iiAvES m m kbuh gias$ificatio]i.
Les parents ayant été avertis qu'une école du
dimanche Ta être ouverte, plusieurs d'entre eux. se disposeront à y envoyer leurs enfiints. D'autres se montreront plus indifférents, ^t il faudra les stimuler pour qu'ils consentent à profiter de ce privilège que leur offre la Providence. 11 faudra donc, dans bien des cas, aller de maison en maison pour rassembler les éléments dont la classe devra être formée. On ne s'affligera pas outre mesure dç cette nécessité, parce que ce sera une occasion de parler d'une manière sérieuse aux parents, et de les entretenir de leurs
intérêts éternels et de leurs devoirs. Et il arriyera, dans bien des cas, que tel père on telle mère qui n'aurait pas, souffert qu'on lui parl&t directement de son ftme et de son saint» ëcontera av^ attention et peut-être avec une émotion profonde ce qn*on lui dira au sujet de la nécessité de veiller à ce que son enfant reçoive une éduca<; tion religieuse solide. Des parents, quelque endurcis qu'ils soient d'ailleurs, sont toujours touchés quand on leur propose de faire quelque bien à leur enfant ; ils sentent la responsabilité dont ils sont chargés à son égard, et ne voudraient^ pour rien au monde, se refuser à ce qui peut le rendre heureux. Ils éprouvent bien plus de sollicitude pour «on ftme que ponr la leur propre. Ou peut donc aller hardiment auprès d'eux et leur parler des vérités étemelles, d'abord pour leur ei^ant, puis pour eux-mêmes ; ils écouteront, soyez^en sûrs, et nombre d'entre eux essuieront peut-être une furtive larme, quand ils entendront les choses que vous leur direz de la part de Dieu. Il est telle ville du midi de la France où des moniteurs pieux ont converti par ce moyen une foule de personnes qui vivaient auparavant sans foi et sans espérance \ Vous rassemblerez ainsiun certain nombre d'en-
* Magasin dti écoles du dimanche, 1954.
fauts, et, si Técole est convenablement dirigée, vos premiers élèves en amèneront d'autres. Ayez soin d'exciter chez yos jeunes auditeurs un esprit missionnaire en leur disant : « Tous venez ici « avec plaisir, et vous sentez que veus vous y « faites du bien; faites en sorte que vos amis vien- « ueut se joindre à vous, et qu'ainsi tous ensem- *t ble nous recevions les mêmes bénédictions. » Etf à l'exemple de Moïse qui exhortait son beaufrère Hobab à le suivre en Canaan, vos élèves iront dire à leurs petits camarades : « Yenez avec « nous, et nous vous ferons du bien. Nous som- « mes si heureux dans T école du dimanche! Tous « serez heureux avec nous. » C'est aiusi que, de proche en proche, vous verrez s'accroître le zèle pour l'école et votre petit troupeau grossir jusqu'à ce que la salle soit remplie.
Dans les grandes villes de l'Angleterre et de l'Amérique, les amis de Tenfance vont souvent, comme les serviteurs de la parabole, dans les
carrefours des chemins et amènent à Fécole ces pauvres petits vagabonds, plus ou moins abandonnés de leurs familles, et que leurs caprices poussent de côté et d'autre, le plus souvent pour mal faire. « Suivez-nous, leur dit-on, et nous vous apprendrons quelque chose d'utile. >» La simple curiosité les porte d'abord à accepter une telle proposition, et quelques paroles dites à propos
peuvent les captiver et les engager à revenir nne
prochaine fois ^ . S'ils sont tout à fait déguenillés, on leur donne un vêtement décent; s'ils ont faim, on leur donne à manger; mais il importe d'éviter avec soin que Tintérèt temporel soit le motif qui les ramène à l'école. Il ne faut pas risquer de former des hypocrites. Puis, on s^informe de leurs parents, on va les voir, et l'on peut ainsi espérer de devenir un moyen de bénédiction pour les uns et pour les autres. Tel vagabond recueilli de la sorte est devenu parfois un chrétien éniinent et un intrépide missionnaire.
Une jeune dame était venue demander un groupe au directeur d'une école du dimanche.— « Je n'en ai point pour le moment, lui dit-il, mais « vous pourriez peut-être vous en procurer un
dans la rue. »
La jeune dame hésita d*abord à suivre ce conseil étrange; mais , prenant à la fin courage, elle sortit, et persuada à quelques enfants qu^éUe rencontra de la suivre à T école.
Le groupe ainsi rapidement formé se dispersa presque aussitôt; il fallut recommencer les mêmes démarches, qui ramenèrent Tun des petits fugitifs. On reçut avec bonté cet enfant prodi-
* Il faut toutefois convenir, avec un auteur américain, qu'il est plus facile d'attirer cent enfants à Técoie du dimanche, que d'eu retenir une cinquantaine.
gue; on rhabilla, mais il s^échappa de noQTean.
La jeune dame était prête à désespérer ; le directeur Tencouragea : — « N'abandonnez pas ce « jeune garçon» dit-il; ce serait sa ruine. Si vous » voulez encore faire un effort, je rhabillerai une « troisième fois. »
L'enfant fut ramené, mais il ne s'éloigna plus. Gagné par tant d'affection et*de persévérance» il fit des progrès rapides.
Cet enfant, autrefois vagabond des mes, est devenu Tun des principaux apôtres de la Chine; c'est ce Morrisson qui a traduit la Bible en chinois, et qui a ainsi ouvert raccè3 du livre de vie à deux ou trois cents millions d'âmes ^ •
Nous convenons qu'à Londres et à New-York, ce mode de se procurer des élèves est facile à suivre; à Paris et dans d'autres grandes villes du continent, il serait envisagé comme contraire à l'ordre public. — ^Mais malgré cet obstacle, si nous sommes pressés par l'amour du Christ, nous ne manquerons pas d'occasion de loi amener des Ames.
Maintenant, je me représente la salle ou le temple réunissant un certain nombre d'enfants ; dix, vingt, trente ou davantage. Qu'allon&*nous
^ }fi.tsionnry Record; Magasin des Ecoles du Dimanche (iS54), Rapport de 1856.
en faire ? La première opération indispensable, c'est de les inscrire.
L*inscription ne sera pas complète pour tons dès le premier jour; mais ce sera une bonne occasion d'aller voir prochainement les parenls pour obtenir d'eux des renseignements supplémentaires. Ces visites seront faites par le directeur, ou, à dé&ut, par quelque instructeur bien qualifié, ou par quelque dame pieuse.
De telles visites exigent un cœur simple et dévoué à Dieu, de la fermeté et un tact délicat.
11 &ut procéder ensuite à la classification des enfants, et, pour cela, s'assurer de ce qu'ils sa* vent et de leur développement chrétien, s'il existe; alors tenant compte jusqu'à une certain point de Fàge, ou formera une classe élémentaire, une moyenne et une première classe.
La classe enfantine ou élémentaire comprendra les enfants de 6 à 8 ans, qui savent peu de chose ou qui ne savent rien, et qui sont peu développés. En général ils ne lisent pas couramment. Il fiiudru donc de vive voix leur donner une instruction à leur portée, bien graduée, et qui, tout en leur faisant connaître les faits principaux de rhistoire sainte, tende à réveiller leur conscience.
La classe moyenne comprendra les enfants de 9 à 13 ou 14 ans, auxquels on peut donner une
instruction suivie sur les récits bibliques, soit de rAncien, soit du Nouveau Testament. On exige des élèyes de cette classe qu'ils rendent compte exactement des faits, qu'ils en saisissent la liaison et qu'ils eu déduisent les conséquences pratiques.
La. classe supérieure se composera, des jeunes gens au-dessus de 13 ou 14 ans, qui ont déjà une instruction solide et qui dési^eAt de la compléter et de s'affermir dans la piété.
À Torigine de T école, il n'y aura pçut-étre au«* cuu élève qui puisse être rangé dans cette catégorie; mais quaud r école existe, depuis un certain temps, et qu'elle a été bénie d'en baut, il se trouve ordinairement des jeunes gens qui sont assez attachés aux enseignements qu elle donne pour désirer de les recevoir encore , et qui en outre ont compris que les ^tudes bibliques sont des études sans terme, et qu'à mesure que Fou connaît mieux la sainte Ëcriture on la voit se développer comme notre propre vie et s'appliquer à toutes les situations où nous nous trouvons*
Une fois les divers degrés d avauccment 4es élèves bien constatés, on forme, dans chacune des classes, des groupes de sept ou huit élèves^ selon les circonstances, et on met un instructeur à la tête de chacun de çes groupes pou^* en diriger le travail.
Les groupes fonneront donc la division apparente deFécoIe; la diYision en classes ne serrant qu'au directeur et aux instructeurs, pour apprécier la capacité générale des individus réunis. Un certain nombre de groupes composera chaque classe , mais la classe leUe-mêmç ne severra pas comme corps.
Il Ya sans dire que les jeuues filles seront admises dans Técole, comme les garçons. Chaque sexe occupera un des côtés de la salle, et les groupes de jeunes iiUes auront à leur téte une dame ou une jeune demoiselle faisant 1 oûice de monitrice.
Si toute r école doit respirer un parfum de piété, cette piété amènera une observation délicate et rigoureuse des convenances qui règlent les rapports des deux sexes. Les instructeurs et le directeur veilleront à ce qu'il en soit toujours ainsi.
Dans les petites écoles on peut se permettre de réunir les deux sexes dans un même groupe. Si Tesprit général est bon, et si la surveillance est suffisante, ce rapprochement des jeunes garçons et des jeunes filles contribuera à accroître le zèle des uns et des autres, comme aussi à rendre la tenue meilleure;
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