‹ Essai sur les écoles du dimancheChapitre 7 sur 19 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

' d£s issxrugteuhs, d£ leur choix £t de la

mâjnière de les former.

Le mot imtrucieur siguilie celui qui iustruit. il est peu usité. On Ta employé jusqu'ici pour désigner les maîtres chargés de former les jeunes soldats. Dans les écoles ordinaires, ou donne les noms de mmiteurs ou de sous-^ju^tres à ceux qui enseignent sous Tautorité et \a surveillance de rinstituteur en chef. Dans les salles d'asile, les enfants plus âgés qui prennent soin de leurs pe* tits camarades sont appelés quelquefois protee^ leurs. Dans lécole du dimanche on a adopté, pour désigner les chefs de groupes, le nom d'inutructeurj afin que leur office ne fût pas confondu avec celui des moniteurs ou des sous-maîtres ordinahres. La différence dans la nature de la charge doit en amener une dans le nom qui la rappelle.

Quant au nom éiiiMtruetrice, il est tout à fait barbare et insolite ; on est donc obligé de le remplacer par celui de monitrice ou par tel autre usité dans les écoles de filles.

L'instructeur est un chef de groupe. Gomme tel, il est essentiellement chargé de faire réciter

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la leçdn préparée, de donner les explications les

plus élémentaires sur son contenu et en particulier snr les mots difficiles ^ de maintenir son gi*oupe bien en ordre, et de surveiller les enfants pendant la leçon générale donnée par le directeur. Dans les écoles bien organisées et *où Ton dispose d*un personnel d'instmctenrs dignes de toute confiance, on leur demande de faire des visites aux parents des enfants, et cela, soit afin de faire du bien aux parents eux-mêmes, soit afiu d'établir l'accord si nécessaire de l'éducation publique avec réducation domestique. On sait asse^i! (juo Tune ne peut guère réussir sans le secours de rautre.

De telles fonctions ne sauraient être bien reuipltes si rinstmcteur ne réunit pas certaines qualités. Kous allons essayer de les énumérer.

La première qualité que Ton doit chewber chez un instructeur, c'est une piété réelle et vivante. Sans elle il ne serait pas en harmonie avec Fesprit général de Técole, qni est une école religieuse, et il ne pourrait pas -exercer sur les enfants Finfluence salutaire qui doit les amener à Dieu. Nous ne pouvons assez le répéter : le but de ce genre d'institution n'est pas essentiellement de donner des connaissances, mais de former le cœur et de mettite Fenfant sous une discipline vraiment évaugélique. Or cela ne peut se

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faire par quelqu'un auquel la vie de la foi est totalement étrangère. Si métne îl ne s'agissait que de dooner une instruction solide sur le sens des Ecritures, on n'y réussirait pas au moyen d'un maître sans expérience chrétienne; car TEvangUe n'est Yraiment compris (jue par ceux qui Font reçu dans leur cœur.

Voulez -vous donc que T école du dimanche réussisse et qu'elle réponde au but de sa fondation, ayez des instructeurs chrétiens* C'est leur coeur et non pas seulement leur personne qu'ils doivent engager pour cette bonne guerre«

L'instructeur doit, en second lieu, posséder un ensemble de connaissances bibliques. Il est k désirer sans doute qu'il en possède d'autres, puisque k Toccasion des explications scriptu*raires, il peut être appelé à donner des notious sur d'autres objets; mais ressentiel est qu'il puisse développer clairement les textes qui font l'objet de la leçon»

Il est à craindre que beaucoup d'ini^tructeurs ne donnent souyent, sans s'en douteri des explications erronées^ faute d'avoir étudié le sujet 04 s'aidant de quelque secours. Hs communiquent ainsi à l'enfant leurs idées préconçues et leurs préjugés, au lieu de leur donner une nourriture saine et solide* Ce mal est double, car plus tard il faudra non-seulement détruire Terreur, mais

encore établir la vérité, et il est évident qu'il eût mieux valu que Tenfant n'eût reçu aucune instmetion que d'en recevoir une mauvaise. Tout instructeur consciencieux s'attachera donc à faire une bonne préparation. Selon Texhortation de r apôtre saint Pierre , « il joindra à la foi la science »

Certains instructeurs ne donnent pas des explications fausses, mais ils n'en donnent aucune; ils font réciter; ils balbutient quelques paroles, quelques exhortations vagues , n'ayant qu un rapport assez éloigné avec le texte du récit et en restent là. C'est uu autre mal bien grave, puisque l'enfant qui vient demander de l'instruction et un aliment pour son àme, en reste privé. Le peu de talent ou de connaissances de l'instructeur, et souvent aussi une extrême timidité, sont les causes de cet état de choses. Le directeur doit se bâter d'y remédier, puisque T incapacité des instructeurs pourrait compromettre sérieusement l'école, rendrait inutile la récapitulation qull fait lui-même et réduirait ft un exearcice de mémoire ce qui doit être principalement une leçon adressée à l'esprit et au cœur.

L'instructeur ne peut pas s'acquitter convenablement de sa charge s'il n'a un certain degré

1 2 Pierre I, 5.

d^intelligence et d'aptitude à renseignement. SU n'a que la CQufu&iûn. dans Tesprit, U ne pourra faire passer la lumière dans celui des élèves ; s'il n'est pas propre à enseignjsr, il sera k peine écouté ou déformera ce qu il s'agissait de réformer. Ou dit : « Un homme pieux laissera toujours une « bonne impression dans Tame de ses auditeurs. » — - Nous répondons : « S'il n'y a qu'une imiures- « siou et qu elle ue soit pas accompagnée dç no* « tions claires , cette impression ne sera pas de « durée, ou elle restera comme quelque chose de « si yague dans Tesprit, qu'il ne pourra en Té* sttlter un grand bien. » ---.Piais, il n'est pas bien sûr que T impression reste bonne. La piété peut paraître ridicule dans les enseignements de quelqu'un qui ne sait mettre ni ordre, ni clarté, ni couyenance dans ce qu'il dit. — Que cet homme reste dans le cercle de ses devoirs de simple . chrétien, et qu'il n'en sorte pas pour enseigner. Dans sa position modeste il obtiendra Testime^ la confiance auxquelles son caractère lui donne droit; mais comme instructeur il pourrait s'exposer à être mal jugé et nuire à la cause qu'il veut servir.

U faut cependant faire une distinction importante. Certaines personnes savent peu et n'ont pas encore l'esprit exercé, mais on s'aperçoit aisément qu'avec quelques soins, des leçons et un

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peu d'expérieuce , elles acquerront suflQsammeut de capacité pour se reudre utiles dans Teaseigiiemeut. — Il faut bien se garder de les découra ger; elles pourront rendre de grands services. Ce sont des diamants bruts à tailler. — liais les esprits lourds, qui ne conçoivent que très diffici* lemeuty qui ne s'e^ipriment que d'une manière embarrassée, et qui cependant sont toujours prêts à se mettre eu avant, k jouer un rôle et à fatiguer de leur verbiage ceux qui les entourent, voilà ceux dont il faut se garder et qu'il ne faut pas charger d'instruire les autres. Llncapacité jointe & la présomption, est toujours un fléau re«

doutable.

jïfous demandons à Tinstructeur la ponetualité. S'il arrive tard, si c'est un liomme ine&act, s'il fait attendre son groupe , s'il s'arrête à causer avec ses collègues, s'il ue procède pas dans son travail avec ordre et mesure, Fouvrage sera mal fait, l'exemple donné toujours fâcheux, et le caractère des élèves s'en ressentira infailliblement. Le manque de ponctualité dans une école réagit nécessairement sur les habitudes des enfants dans les affaires de la lie, et Ton sait combien un tel défaut peut amener de tristes conséquences, D'ailleursllnexactitude produit nécessairement le désordre ; or le désordre dans le groupe, dans Té" coleou ailleurs^ c'est iecommenceUientdelaruine«

L^instructeur doit se soumettre aax règlements de r école, en toutes choses; qu'il s'agisse de la manière de tenir son carnet, de rédiger left diverses notes, ou de faire passer les élèves des groupes dans les bancs. Dans tontes ces choses, le manque d'uniformité engendre immédiatement la confusion, cause une perte de temps et laisse une impression fâcheuse. Il importe que toutes les opérations de l'école se fassent d'une manière si précise et si aisée, qa*on ne sente nulle part le frottement ou la résistance. Si chacun voulait suivre sa propre idée, une association quelconque, en vue d'un but commun, serait impossible.

La fermeté et la bonté doivent enfin caractériser rînstracteur chrétien. L'union de ces deux éléments est dans l'esprit de l'Ëvangile. Justice et douceur, ordre et charité, sont toujours d'accord dans les caractères qu'il forme. L'instruc^ teur doit exiger de l'enfant qu'il ait une tenue convenable, qu'il soit attentif, qu'il obéisse aux ordres donnés, qu'il ne se laisse pas entraîner par ses caprices, par son humeur ou par quelque mauvaise habitude prise. Pour cela , il faut que celui qui dirige le groupe soit ferme et attaché à la règle.

Mais cette f mneté d<dt être tempérée par la douceur que l'Evangile inspire et qui gagne si

facilement les cœurs, surtout ceux des jeunes enflants, n fàût lès appuyer, maid nan les bmsquér. Souvent la rudesse n'amène que le trouble, les pleurs et un silence obstiné de leur part. Il faut alors un quart d'heure pour les consoler, et souvent CD finit par être obligé de les renvoyer chez eux, tandis qu'une parole affectueuse aurait dis*sipé le nuage qui s'amassait sur leur front et prévenn le gonflement de leur cœur.

Instructeurs chrétiens ! aimez comme votre Mftttre, et tous rénssiret à faire du bien à Tenfance. Jésus disait : « Laissez venir à moi les petits enfants. >» H le&âeyait jusqu'à lui, les embrassait et leur parlait du royaume de Dieu. Voilà votre étemel modèle.

Avec la fermeté, vous établissez Tordre. Avec la douceur, vous le rendez aimable. Les qualités que r élève voit en vous passent peu à peu en M ; car il y a une sainte contagion entre les âmes. Si un jour vous voyez entrer dans le monde un jeune homme avec la fermeté et la douceur, vous pourrez être tranquilles sur son avenir.

Voyez cette femme Mêle à la tête d'un groupe. A peiùe élève-t-elle la voix ; et si Vous vous approchez, vous n'entendez que des paroles d'affection, qu'elle murmure avec une grâce ineffitble. Bemarquez comme tous les yeux de ces petits sont fixés sur elle, comme ils sont avides de recueillir

les nuHodres mots qu'elle prononce. Elle les tient sous sa main, comme la poule garde ses poussins sous son aile. Ces chers enfants Fenvisagent comme leur mère ; ils sont heureux de lui faire quelque plaisir et d'exécuter tous ses ordres. On Yoit Traiment en eux le type de T obéissance joyeuse.

Yoilà la puissance de la charité, de cette sainte affection qui revêt un caractère si touchant, quand elle a pour objet les jeunes âmes. Ayec un tel amour dans le cœur, on enfante des merveilles. « Aimer, c'est pouvoir. »

Commmt choisir les instructeurs ?

Supposons que Técole n'existe pas encore.

Vous avez des amis qui veulent vous aider. Priez ceux d'entre eux qui paraissent être aptes k Ven* seignement de vouloir bien faire l'office d'instructeurs. Ils formeront un premier noyau, qui plus tard s'accroîtra sous la bénédiction de Dieu. Ne méprisez pas les temps des petits commencements^

Si, de plus, en dehors de ce cercle intime, vous connaissez des personnes qui puissent se rendre utiles dans Fécole, allez auprès d'elles et priez-les au nom du Seigneur de venir & votre secours.

Ces personnes, étant chrétiennes, ne pourront guère se refuser à cette mission toute de bienfaisance, et deviendront des aides fidèles.

S'il se trouve également des jeunes gens pieux, élèves peulrètre du pasteur, vous les déterminerez sans beaucoup de peine à vous accorder une coopération active.

Les jeuues dames chrétiennes trouveront dans réeole du dimanche une place tonte prête pour développer leur activité et donner essor à leurs dispositions bienveillantes. Elles sentiront que ce travail, sous le regard du Maître, constitue un privilège, plutôt qu*une charge. C'est un beau spectacle que celui de ces jeunes servantes du Seigneur, venant lui consacrer les prémices de leur force et de leur charité active.

3Iais en vain les instructeurs auraient-ils une certaine aptitude et un fonds d'instruction bibli* que, ils ne peuvent s'acquitter de leur tâche avec fruit sans une préparation spéciale.

Si le pasteur est un homme de foi, si ses occu* pations et ses forces lui permettent un surcroît de travail, persouue mieux que lui nepouiTa pré* sider à cette préparation.

A défaut du pasteur, le directeur est naturellement chargé de cette fonction. H connaît les besoins de Técole ; il a le degré d'instruction requis; il peut, mieux que tout autre, donner une impulsion harmonique à tout renseignement.

Cette impulsion se donnera par Tintermédiaire des instructeurs. Il les réunira donc tous les

quiuze jours, et plus souvent si cela est nécessaire, afin d^étudier ayec eux les textes de rScriture sainte qui doivent être expliqués aux en* fknts. II engagera les instracteurs à exposer leurs idées, chacun à son tour; il communiquera ensuite les sieimcs, rectifiera les erreurs, s'il y a lieu, s'attachera à tourner les cœurs en haut; et dans cet entretien familier et béni, les précieux enseignements de la Parole dlTÎne éclôront dans les cœurs et se montreront, comme la lumière qui se lève. Il se fera une communication d'idées, de sentiments, d'expériences, qui serait utile et précieuse à tout chrétien, mais qui Test particulièrement à des personnes qui se disposent à instruire la jeunesse ; et l'obligation où chaéùn se trouvera d'exposer ses propres vues sera, à elle seule, une excellente préparation à renseignement.

Non-seulement on cherche T explication du sujet, mais encore les idées qui doivent entrer dans son développement, et Tordre dans lequel on doit les présenter, ou le plan de l'instriiction à donner.

S'il y a deé objections, des difficultés, elles se produiront , et il se trouvera au sein de la conférence des éléments proprés à dissiper toute obscurité.

La réunion, commencée et terminée par la

prière, laissera la plus heureuse impression siir ceux qui j auront assisté ; et chacun, eu sortant de là, se sentira plein de coarage pour ayancer rœuvre et servir le Seigneur dans la personne des enfanta. JSi oos ne saurions trop loaeir de telles conférences ; elles sont un bienfait pour les fonetionnaires de Téeole, pour Técole eUeanéme et pour TËglise en général. C'est là qu ou se pré* pare à conduire la jeunesse, de station en station, de groupe en groupe, jusqu'en Sion; et Ton. peut ajouter, avec le Psalmiste, que là où règm une telle unUm^ l'Eternel établi la bà^diction ^ la vie à toujours, - . , . •

Dans ces tonnions, on a sous la nuiin des oom-

mentaires, que Ton consulte quand cela est nécessaire. On dirait, quand on y entre, une oonfé^ rence de ces anciens serviteurs de Dieu du temps de la Béforme, se concertant et cherchant dans r Ecriture saintp les lumières nécessaires pour . attaquer Tindifférence, la superstition et Terreur^ et pour établir d upe manière s^re le règne de Dieu au sein des populations.

Ces conférences fournissent au directeur et aux instructeurs une bonne occasion pour demander ensemble à Dieu^ par d'ardentes prières,, que i^on règne vienne parmi les enfants. Les enfants sentent très bien quand on prie pour eux; une vertu secrète attendrit leur cœur jusque-là insouciant^

et Foudre pour y faire pénétrer les grâces célestes. Ou demandait à un pasteur, qui avait obtenu de grandes bénédictions dans sou cercle d'action , comment il avait procédé : « J'ai beaucoup travaillé à genoux, » répondit-il. C'est ainsi que les chefs et instructeurs des écoles du dimanche doivent travailler eux-mêmes.

A' défont de ces conférences précieuses , les instructeurs ont le secours des livres. Nous ne sommes pas encore bien tithes sous ce rapport , mais nous avons cependant à notre portée des sources d'instruction biblique, où nous pouvons aller puiser avec actions de grAces.

?fous recommanderons comme ouvrages propnes k faciliter reàseignement biblique aux in^^ structeurs :

L'Etude des récits de VAneien Testament , par M. le pasteur Montandon, livre remarquable surtout par la connaissance du cœur de Tenlunt et la justesse des applications.

Les Notes explicatives sur les Récits du Nouveau Testament (Evangiles et Actes des Apôtres) , par le môme auteur, renfermant des détails très intéressants sur les moeurs des Hébreux et sur la géographie sacrée.

Les Notes explicatives et pratiques sur les Evangiles, par Barnes, publiées par M. le pasteur Roussel. On y trouve une explication com-

piète du contenu de ces portions importantes du

Yolume sacré. Espérons que M. Boussel publiera la snite dn trayail de Fantenr américain.

Le Commentaire sur les Evangiles, de lady Wake, traduit par Mademoiselle de Chabaud-Latour.

C'est un yrai commentaire des familles, et à la portée de tous les âges.

On possède un petit Commentaire autographié sur les Actes des Apôtres , dont on peut tirer du profit.

Le Commentaire de Cal vin j sur le Nouveau Testament, est une mine d'une grande richesse.

Celui de MM. Bonnet €tBaup est excellent pour les personnes qui ont une certaine culture et qui désirent étudier consciencieusement le Nouveau Te^ment dans son ensemble.

Les Etudes élémentaires et progressives sur T Au^ cien et le àNouveau Testament, de M. L. Buruier, sont remarquables par leur justesse, les abon^ dants matériaux qu elles renferment, etparuuc sobriété qui quelquefois fait regretter que Técriirain ne se livre pas davantage aux sentiments qui remplissent son cœur.

"L'Explication du premier chapitre de la Genèse^ par H. Gaussen, est une œuvre très remarquable, mais elle suppose des élèves déjà avancés^. On peut en dire autant de son grand ouvrage sur le prophète Daniel.

M. P. Cook a donné, dans le Magasin des Ecoks

du Dimanche^ <i' excellentes aiial;yses. des Récits, et il 7 a joint des éclaircis6emenl;s préeieux. Ce travail se continue sous la mçme forme.

Le Gîtide biblique, de M. le pasteur Descombaz, est également d'un grand secours pour les insr tructeurs et directeurs des écoles du dima^ebe.

AtaiB, en conseillant lusag^ de.çes livres in* btructeur, lorsqu'il est arrêté par des difflcnltés ou peu au courant de ce qu'il faut dire sur les sujets qu;U doit traiter, nous lui rappellerons que le meilleur eonunentaire de la BiUe est le Sainte Esprit, et que celui qui implore son assistance par des prières persévérantes verra^ appandtre devant lui la lumière qui doit le guider.

Instructeurs de Tenfancel soyez donc de»

hommes dq prière; allez, comme Moïse, vous entretenir avec le Seigneur sur la montagne, par Ta* doration et le recueillement ; et quand vous en. descendrez , le rayon de fen sera sur votre front et Tonction die la choiâté sur vos lèvres* — Pliez, les genoux dans la solitude, devant le volume sacré, et ses trésors se dévoileront à vqs regards. Parlez à Dieu face à face, exposez-lui vos embarras, votre lenteur, votre sécheresse, votre stérilité, et il vous répoudra par des bénédictions telles que vous ne pourrez y suffire. — Dans ces entretiens, votre âme grandira, votre zèle de-

viendra plus ardent, et tous retournerez auprès des eufauts, mieux disposés à leur faire conuaitre TaiMMur de Christ et le chemin de la yie.

Je recommande aussi aux instructeurs un procédé dont je me suis très bien trouvé. En étudiant le texte sacré en lui-même et dans son application aux hommes eu général, on y trouTC sans doute beaucoup d'idées utiles à communiquer aux enfants ; mais si Ton étudie la Bible pour s'en faire Tapptication à soi-même, ce n'est plus seulement un trésor, c'est un monde qui se révèle. Tout le saint Livre devient alors esprit et vie, parce que notre expérience T éclaire et donne du relief aux moindres détails, j'allais dire aux moindres mots. L' obscurité se dissipe, un tableau magnifique se déroule, tout passe de Tabstraction à la réalité. C'est le vrai procédé du croyant qui s'applique personnellement les vérités que TEcritore présente d'une mfinière générale. La vérité, comme la lumière, acquiert sa plus grande puissance, quand elle se concentre sur un seul point.

Si, après une telle prépaiation, on va enseigner les enfants, on ne risque pas de demeurer court; de l'abondance du cœur la bouche parle. L'enseignement d'aillçurs frappe toujours juste, parce qu'il ^.frappé juste en nous, et que ce qui est d'accord avec nos expériences Test ordinairement avec celles des autres; le cœur de l'homme, avec

SCS misères, étaut tonjoiirs assez semblable à luimême. — Eu nous étudiant, uous étudions les eufants, comme les autres hommes; leur histoire

intérieure est la nôtre.

« Où aTez-vons appris à connaître le monde, vous qui avez toujoui*s vécu dans la retraite ? » disait-on à un prédicateur célèbre? — « Dans mon propre cœur, » répondit-il aussitôt.

C'esten procédant de lu sorte que rinstructeur sera semblable au père de famille, qui tire de sm trésor des choses nouvelles et des choses vieilles.

Il dira des choses nouvelles^ parce qu'il ne

cessera jamais d'apprendre. « Quand je ne pourrai plus apprendre, je n'enseignerai plus, » disait un vénérable professeur de théologie. « Kous sommes de trop faibles créatures pour pouToir Tivre d'une vie toute faite, pour ainsi dire* Notre àme, avec ce corps de chair, est comme un yase qui refroidit et glace tout ce qu'il conserve depuis un peu de temps; U fout'y rapporter chaque jour par l'étude, par le tràTail et Texercice, un peu de ce levain qui fait lever toute la pâte ; c'est une loi de notre existence, la loi du progrès * i »

Il redira aussi souvent les mêmes choses j mais, répétées avecraccent d*nne ûme vivante, les vérités anciennes paraîtront toujoui's nouvel-

I Dp V Etude nécessaire aux Itistructcurs, par M. le pasteur A.-L. Montandon»

les. Ce qui part du cœur a toujours le charme de

Ja nouveauté.

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