PREFACE. IX
encore plus indulgent pour le style et la forme de cet écrit. Les Français qui, à juste titre, sont si fiers de leur langue, s'efforcent plus qu'aucun autre peuple de revêtir même les ouvrages purement scientifiques, d'une forme agréable et élégante : la précision dans l'expression, la transparence du style prêtent à la diction française cette grâce qui sied si bien au caractère national. Il y a, il est vrai, en Allemagne des hommes qui possèdent et manient toutes les beautés de la langue française avec une adresse et une facilité admirées des Français mêmes. Mais les A. de Humboldl et les A. W. de Schlegel, qui tous les deux ont donné encore récemment des preuves de cette habileté, sont de ces génies rares qui, en illustrant notre nation, ne doivent pas nous faire supposer en général un pareil talent pour la langue française. Quant à moi, je ne puis y prétendre aucunement, et je prie en conséquence le lecteur français de vouloir bien non-seulement passer à un étranger la roideur du discours, mais l'excuser aussi pour l'aridité de la matière. C'est seulement par hasard que je me suis servi de la langue française. Ayant composé primitivement un très-petit traité sur une question spéciale, je fus porté, surtout par les encouragements de M. Cousin qui s'intéresse si vivement à tout ce qui a du rapport avec la philosophie, à le refondre et à l'étendre, jusqu'à en faire le présent ouvrage. C'est pourquoi j'espère qu'on lui accordera l'aimable hospitalité que l'auteur, pendant son séjour à Paris, a éprouvée tant de fois, et qui rend si cher à tout étranger le souvenir de la France.
Je me permets encore une observation sur la f rans-