‹ Essai sur les Fables de La FontaineChapitre 18 sur 21 · DES CONDITIONS DU BEAU. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

DES CONDITIONS DU BEAU. — RÉSUMÉ

L'ouvrage de La Fontaine , ce semble , n'est que la pratique exacte de deux règles poétiques : rime qui ordonne de rassembler sous une idée unique les' détails du sujet; Taùtre de développer cette idée unique par une multitude de détails. Ainsi les caractères des hommes y tiennent le milieu entre ceux de La Bruyère et ceux de Saint-Simon^ parce que le moraliste,' occupé à peindre les vices généraux , oublie souvent les traits propres et complexes qui conviennent aux personnes particulières , et que Thistorien , occupé à peindre les personnes particulières, n'y rencontre pas ces traits généraux qui rassemblent tous les autres en un seul. — Les caractères des animaux y tiennent le milieu entre les descriptions de Buffon naturaliste et les portraits de Buffon orateur , parce que l'orateur s'est tellement préoccupé du trait dominant qu'il a effacé tous les autres , et que le naturaliste , en énumérant la foule des faits , a négligé celui dont ils dérivent et qui les unit. — Les dieux, simples machines de convention entre les mains des contemporains, ont été ranimés par des détails

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vrais, qui les oat rapprochés de l'antique , et en même temps transformés par des détails naïfs, qui les ont rattachés à l'ensemble de ce monde enfantin. — L'action , multiple et éparse dans les fables de l'Orient et du moyen âge, stérile et sèche dans celles de la Grèce et de Rome, s'est développée par des circonstances originales et abondantes , et s^est dirigée tout entière dans un ordre fixe vers un seul but- — Le style , trop régulier , trop, noble, trop monotone dans les c(mteHiporains, s'est enrichi de mots propres , varié , assoupli ; mais en rompant les liens ordinaires , il a gardé ceux du mètre et de la rime , et quand il l'a fallu , il s'est imposé les chahies de la période grammaticale et de la strophe poétique. — Le poète est, de tous les hommes, le plus flexible, le plus accessible à toutes les émotions, le plus grand ennemi de toutes les contraintes sociales et morales, le plus abandonné à la diversité et aux contradictions de la vraie et libre nature humaine ; mais parmi tant de visages divers il garde unsourire gai et malin, qui de tous ces changements fait une seule physionomie. — Donc partout les deux mérites sont réunis et les deux règles observées. Il est curieux de savoir pourquoi de là nati la beautés

La beauté est une perfection de l'objet qui donne un plaisir au spectateur. Cherchons pourquoi une multitude des parties ramenées à l'unité produitjun plaisir, et contient une perfection.

Le bonheur de l'esprit et des sens est d'agir. Plus ils connaissent, plus leur jouissance est grande, parce que

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