‹ Essai sur les Formes Cliniques de la Symphyse CardiaqueChapitre 12 sur 19 · L. Riess (Berlin. KI. Wochenschrift, décembre · texte numérisé non relu

L. Riess (Berlin. KI. Wochenschrift, décembre

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ment), dans certans cas, les pulsations peuvent se grouper et se rapprocher des « battements en salve » signalès par Bard et Ch. Philippe dans leur étude sur la myocardite interstitielle chronique; mais ce pouls irrégulier n'est pas constant, et nous avons rencontré des cas avec pouls absolument normal. Nous n’avons aucune expérience personnelle, pour préciser les conditions dans lesquelles le pouls se montre régulier ou irrégulier : les lésions du myocarde, de l’endocarde, même des nerfs du cœur ontelles une inflüence sur le pouls dans la symphyse ? Cela est fort probable, mais nous n’avons pu comprendre ces recherches dans notre plan de travail; car elles auraient demandé un grand nombre de cas avec autopsie, des examens histologiques nombreux et variès; ce qui eût trop dépassé les limites que nous nous sommes assigné au début de notre travail. Nous ne pouvons qu’'indiquer les problèmes dont nous laissons la solution exacte à

\ d'autres chercheurs.

ÉVOLUTION. TERMINAISON, PRONOSTIC. — La symphyse cardiaque rhumatismale, ainsi constituée, va évoluer sur un type bien spécial : le malade, comme nous avons déjà montré au début de notre description clinique, ne va pas bénéficier de cette longue période de latence, dite encore de compensation, qui succède à l’endocardite aiguë, devenue endocardite chronique; d’emblée, il tombera dans l'insuffisance cardiaque, en d'autre termes dans l'asystolie. Sans doute, cette asystolie est d’allures spéciales; le malade ne va pas, du premier coup, réaliser le tableau de Corvisart, se présenter avec une infiltration

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généralisée des téguments, une cyanose des muqueuses et des extrémités, une dyspnèe continue, de la congestion passive des organes (poumon, foie, reins); il s’agira d’une asystolie à évolution subaiguë, presque chronique, mais que nous croyons avoir le droit d’appeler « asystolie » au sens indiqué par Beau et ses successeurs, parce que tous les accidents présentés par le malade tirent bien leur origine de la faiblesse cardiaque. Le malade devient incapable de tout travail un peu pénible, à cause de loppression exaspérée par les moindres efforts, à cause des palpitations souvent douloureuses, à cause de la gène précordiale continue, qui prend parfois le caractère des crises d’angor pectoris : qu’il s’agisse de la vraie angine ou simplement de [a douleur pseudo-angineuse, toutes les variètès peuvent se rencontrer chez le patient; si le malade se force à travailler, alors apparaissent des signes d'insuffisance rénale presque immédiate comme dans l'observation IT (urines très rares, fortement albumineuses; urèmie à forme gastro-intestinale avec vomissements, diarrhée; phénomènes cérébraux tels que délire, céphalées violentes, somnolence). Dans d'autres cas, il y a sclérose de l’organe le plus touché dans ces crises subintrantes d’asystolie légère : néphrite interstitielle ou cirrhose du foie; ainsi, l’observation III nous montre une jeune fille qui, à peine trois ans après un rhumatisme grave immédiatement suivi de troubles cardiaques, prèsente une ascite considérable, à répétition, nécessitant des ponctions mensuelles, ascite symptomatique d’une cirrhose cardiaque, dont le début avait dû suivre trés

vraisemblablement de bien près l’attaque de rhumatisme

et la symphyse du péricarde. Nous n’avons pas grand mérite à faire remarquer combien cette asystolie précoce, initiale, diffère de l’asystolie tardive des endocardites valvulaires banales; mais, en plus, cette asystolie sera aussi facilement curable qu’elle est prompte à apparaître sous l'influence d’un lèger écart de rêgime ou du plus petit surmenage : que l’on mette le malade au repos, avec régime lacté et dose modérée de digitale, tous les accidents s’amendent à merveille et le patient redevient un simple cardiaque, pour quelques semaines, jusqu'à la prochaine chute. Mais à ce jeu, par suite de l’état asys— tolique subintrant, les organes (foie, reins, poumons); cédent assez vite, et le malade finira souvent avec les symptômes ordinaires de l'insuffisance hépatique, rénale et pulmonaire, compliquant l'insuffisance cardiaque devenue absolue et définitive ; parfois aussi, une infection légère précipitera la marche des accidents, par €e mécanismé bien connu de l’asystolie dite inflammatoire.

Le pronostic de la symphyse rhumatismale reste donc un pronostic sévère, quoique cette maladie ne menace pas immédiatement la vie du patient, dans la plupart des cas, le malade devient un véritable infirme, « infirme par le cœur » absolument au même titre que l’hémiplégique, le rhumatisant chronique avec articulations déformées et ankylosées, lé tabêtique incoordonné, etc., cet homme, s’il doit pourvoir à ses besoins par son travail, sera désormais incapable de soutenir une tâche continue tant le fonctionnement de son cœur sera devenu précaire, insuffisant, prêt à lâcher et à entraîner l’asystolie vraie, dès

la moindre ébauche de surmenage. Ce pronostic varie

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d’ailleurs suivant l’âge du patient, et l’on pourrait presque dresser une échelle de gravité de la symphyse cardiaque d’origine rhumatismale, selon que laffection a frappé l'enfant, l'adulte ou le vieillard; chez l'enfant dont le développement cardiaque se trouve ainsi arrêté, lasystolie subintrante arrive très rapidement, et le patient ne peut se plier aux exigences de la vie ordinaire, il devient un jeune infirme qui doit rester à la chambre ou au lit; cette infirmité entraîne un retard de tous les organes ; la jeune fille n’est pas règlée, la puberté ne se dèveloppe pas ou se développe mal, nous sommes en présence d’un être qui reste infantile, de par sa maladie de cœur, absolument comme certains autres, de par lPatrophie cérébrale ou l’atrophie thyroïdienne. C’est la conclusion que donne le professeur Grancher, dans une récente lecon clinique qui montre combien le pronostic d’une cardiopathie chez l'enfant est aggravé par la symphyse. Chez l'adulte, lasystolie vraie peut tarder quelque temps à se montrer, le myocarde résiste, quoique incomplètement, et son hypertrophie reste suffisante pour lutter contre lobstacle crèè par ia symphyse, et pour maintenir un équilibre relatif; mais, assez vite, la chute arrivera, et les mêmes phénomènes éclateront. Quant au vieillard, quoique le rhumatisme aigu soit chez lui chose exceptionnelle, nous n’avons qu’à rappeler combien certaines péricardites subaiguës déterminent très rapidement lasystolie définitive, et nous comprendrons que la symphyse rhumatismale sera fatalement suivie d'insuffisance cardiaque absolue,

D'ailleurs, quel que soit Pâge, le pronostic est encore

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