‹ Essai sur les Formes Cliniques de la Symphyse CardiaqueChapitre 15 sur 19 · Letulle (Zoc. citat · texte numérisé non relu

Letulle (Zoc. citat

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espace de cinq jours environ, et alors apparut l’asystolie aiguë qui emporta la malade au bout de 4 mois (œdème des membres inférieurs, albuminurie, oppression, stases viscérales, foie énorme, délire, exactement comme elle se produit chez les sujets affectés d’une lésion valvulaire). Le cas de cette malade a le grand avantage de montrer bien nettement les deux phases de la symphyse tuberculeuse : phase initiale ou de péricardite généralisée, phase terminale, la seule souvent apprèciable en clinique, phase de l’asystolie aiguë.

Nous venons de caractériser l’évolution générale de la symphyse tuberculeuse : il nous reste, pour achever son étude clinique, à insister sur quelques symptômes isolés.

Le malade se présente asystolique, et cette asystolie, en elle-même, n’a rien qui puisse la distinguer de l’asystolie banale, consécutive à une affection valvulaire arrivée à la phase de décompensation totale ; voilà qui est bien compris, d’après les observations de Letulle, Jaccoud, que nous venons de rapporter, et celles publiées par Hayem et Tissier. Si l’on examine le cœur, on ne trouve aucun des signes physiques attribuës à la symphyse rhumatismale : pas d’ondulation, pas de retrait systolique, bref, absence complète de signes physiques ; l’examen reste négatif, et c’est là sa meilleure caractéristique, si nous pouvons parler ainsi: on ne constate ni du côtè de l’endocarde, ni du côté du myocarde, des phénomènes qui puissent expliquer l’asystolie très complète en présence de laquelle le médecin se trouve ; même si l’on cherche la pointe, on ne peut la localiser : cette absence du choc de la pointe est due à une dilatation parfois énor-

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me des cavitès cardiaques, que l’on peut diagnostiquer en traçant les limites de la matitè ; cette matité rappelle, dans certains cas, la matité d’un grand épanchement péricardique, et elle se distingue aisèment de la matité de lhypertrophie cardiaque, encore de la matitè que nous avons constatée dans la symphyse rhumatismale, puisque elle s'accompagne de la disparition du choc de la pointe: nous ne saurions trop insister sur cette association des signes de dilatation et d’absence du choc de la pointe sans autres signes physiques : il faut, dans ces cas, se défier toujours de la possibilité d’uue symphyse. Ce sont là les grands signes locaux de la symphyse tuberculeuse, les signes qui se trouvent mentionnés dans toutes les observations. Quelquefois, on a noté un pouls tachycardique, de la dyspnée continue et paroxystique, des douleurs précordiales parfois à caractère angineux ; même de l’ædème localisé à la face ou aux bras ; on peut aussi rencontrer un épanchement pleural, des signes pèrito— néaux, comme le faisait remarquer Vierordt dans son travail Sur la tuberculose des séreuses ; mais tous ces symptômes ne font pas partie intégrante de la symphyse tuberculeuse, ils sont surajoutès et dépendent, soit de la compression des pneumogastriques par des ganglions caséeux, comme on en a signalé des cas avec autopsie (pouls tachycardique, crises de dyspnée) ; soit de la compression des gros troncs veineux de la base du cœur par ces mêmes paquets ganglionnaires (œdème de la face et du membre supérieur) ; soit enfin d’une autre localisation tuberculeuse, pleurale ou péritonéale ; mais, en somme, ces signes sont intéressants à connaître, parce

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qu'ils peuvent guider le diagnostic hésitant sur la cause d’une asystolie aiguë.

L'état général du sujet est également à considérer : la symphyse rhumatismale ne touche pasla santé et la nutrition du patient; au contraire, le plus souvent, lasymphyse tuberculeuse, comme toute tuberculose, va retentir sur les fonctions générales ; et ce retentissement est d’autant plus facile à reconnaitre, qu’ordinairement il s’agit de sujets très forts, vigoureux même, ayant eu excellente santè antèrieure ; ils se mettent à être oppressés facilement, ont des palpitations, et maigrissent; souvent on note de la fièvre vespérale, destranspirations nocturnes, des épistaxis : ce sontlà signes ordinaires dans une tuberculose du pousmon au début ; il faut savoir qu’ils peuvent également se montrer à la période initiale de la symphyse tuberculeuse, comme si toute tuberculose, même la forme atténuée et locale, avait le fàcheux privilège d’apporter immédiatement, sans doute par l’absorption de la tuberculine, une perturbation considérable dans l’ensemble de la nutrition.

Nousremarquerons, en terminant ce tracé symptomatique de la symphyse tuberculeuse, que son tableau clinique est moins nettement arrêté que celui de la symphyse rhumatismale ; la faute en est, sans nul doute, à son évolution aiguë, mais cette forme mérite toutefois d’être conservée-en nosologie, son asystolie aiguë la caractériserait, à elle seule, bien suffisamment ; et nous devons comme conclusion rappeler le conseil que Letulle donne à la fin du cas si remarquable qu’il à publié l’an dernier : «en présence d’une asystolie de cause inconnue chez l’adulte, on doit penser toujours à la symphyse tuberculeuse. »

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