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Réglée à 13 ans, elle ne l'était plus trois mois après ; les règles ont réapparu en novembre dernier.
En octobre 1893, la malade voit son ventre enfler assez rapidement ; en novembre 1893, on fait une ponction de 4 litres d’un liquide jaune citrin ; puis, la malade entre à l'hôpital Laënnec (mars 1894), et l’on fait successivement cinq autres ponctions, de mars à novembre 1894, de 3 à 12 litres. À cette époque, on ne trouve pas d’urobiline dans l'urine ; et l'épreuve de la glycosurie alimentaire reste négative (service de M. le D' Chauffard).
La malade rentre en décembre 1894.
Etat actuel. — On constate la présence d'une ascite assez considérable, dont la ligne supérieure atteint l’ombilic (saillie de la dépression ombilicale, cireulalion veineuse collatérale développée au niveau des veines sous-cutanées abdominales. Deux courants veineux, dont l’un va à la mammaire interne et à la jugulaire, et à
la veine iliaque).
Au cœur. — On note une dépression sterno-costale gauche inférieure et une dépression épigastrique netlement systolique. Toute la région précordiale est soulevée par des ondulations suc cessives dont le sens général va de la base à la pointe (mouvement de roulis très nel).
A la palpation, frémissement présystolique, maximum à la pointe, mais qu’on perçoit dans toute la région précordiale.
La pointe bat dans le sixième espace en dehors du mame-
lon.
Malité cardiaque absolue très étendue. — Diamètre transversal, maximum : 43 centimètres 1/2, dépassant de 1 centimètre 1/2 le bord droit du sternum ; diamètre vertical maximum 12
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centimètres. La matité reste invariable dans les différents changements de position.
A l’auscultalion, on entend un long souffle présystolique et systolique, en jet de vapeur, très fort; maximum à la pointe se propageant dans l’aisselle, et qui s'entend même dans le dos et au niveau de la base.
Pouls 116, assez inégal ; quelques intermitiences.
Foie. — Est volumineux ; son diamètre vertical même sur la ligne mamelonnaire 20 centimètres dont 10 au-dessous du rebord costal, son bord inférieur est dur, mince, et l’on sent une large échancrure entre les deux lobes. Il n’est pas très sensible à une pression même profonde ; etil présente, notamment au creux
épigastrique, quelques battements (pouls veineux hépatique).
Rate. — Est appréciable par la percussion seulement (3 à 4 c.) et ne dépasse pas le rebord des fausses côtes. Rien au poumon. Urines : 1 litre, elles sont foncées ; ni
albumine, ni sucre, ni urobiline.
Traitement. — Régime lacté ; pilules de poudre de feuilles de digitale 0, 25 centigrammes pendant deux jours. Ponction de l’ascite (7 litres 1/2), on injecte le liquide à un cobaye, dans lacavité péritonéale.
20 décembre. — Poudre de feuilles de digitale en pilules, 0,10 centigrammes, le pouls est à 109, plus régulier. Les urines varient de 1 litre à 1 litre 1/2.
27 décembre. — Digitale 0,15 centigrammes.
1°" février 1895. — Digitale 0,20 centigrammes.
La malade sort le 8 février, améliorée par le régime lacté, la digitale et le repos, sans avoir subi de nouvelle ponction.
16 avril 1895, — La malade revient se soumettre à l’examen :
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elle présente un teint coloré, n’a pas de cyanose périphérique ; n'est pas oppressée au repos ; elle peut marcher assez bien, mais elle monte facilement les escaliers. Elle n’a pas eu d’enflure aux membres inférieurs ; elle urine suffisamment.
Au cœur, les signes persistent, grosse hypertrophie, matilé invariable, ondulations, dépression systolique sterno-costale inférieure et épigastrique.
L’ascite est très modérée ; la ligne supérieure s’arrêle à lrois travers de doigt de l’ombilic ; le ventre n'est pas tendu.
Le foie à certainement diminué, 16 centimètres sur la ligne mamelonnaire. La circulation veineuse collatérale de la paroi abdominale reste toujours très développée; surlout au niveau des veines thoraciques antérieures (branches de la mammaire) qui vont se jeter très nettement dans la veine jugulaire interne, surtout à gauche. La malade, très satisfaite de son élat (elle n'a pas eu de nouvelle ponction depuis décembre 1894), continue à boire du lait, à manger peu ; elle reste très facilement essoufflée, mais
peut rester et marcher.
Ogservarion IV (personnelle).
F..., Joséphine, âgée de 22 ans, couturière, entrée le 15 octo bre 1894 à l’hôpital Laënnec, salle Claude Bernard, service de M. le D' Merklen.
Antécédents héréditaires. — Mère morte à 36 ans d’une fluxion de poitrine, père bien portant.
Deux frères et une sœur bien portants. Elle ne connaît pas de cas de rhumatisme dans sa famille.
Antécédents per sonnels. — À eu quelques lésions scrofuleuses
MANESSE {1
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(cou) dans son enfance. Déjà à 8 ans, rhumatisme léger au pied gauche. À 12 ans, forte attaque de rhumatisme, absolument généralisée, qui l’oblige à garder le lit durant trois mois; en même temps, douleurs précordiales pour lesquelles le médecin lui fait prendre de la digitale. Depuis, elle a toujours, eu des battements de cœur.
À 15 ans, nouvelle attaque qui envahit surtout les articulations du membre inférieur ; cette attaque fut soignée, comme la précédente, avec le salicylate de soude, et dura deux mois environ.
A 18 ans, troisième attaque qui dure deux mois environ.
Pendant l’hiver 1893, elle est encore prise de douleurs légères à là main gauche et aux chevilles, mais douleurs qui cèdent assez rapidement au salicylate de soude.
Au printemps 1894, fatigue générale, essoufflement qui gêne la marche, accès de toux assez violents suivis de vomissements alimentaires, pas d’hémopiysies, mais épistaxis fréquentes. En septembre, œdème péri-malléolaire qui, rapidement, gagne les jambes, les cuisses et le ventre. La malade entre à l’Hôtel-Dieu (service de M. Bucquoy) et au bout de 98 jours de traitement (digitale, diète lactée) l’anasarque ayant disparu, elle quitte l'hôpital. .
Mais au bout de quelques jours passés chez elle la malade est prise à nouveau d’élouffements, de douleurs précordiales violentes, avec vomissements alimentaires presque conlinuels.
Elle entre à l'hôpital Laëanec (service de M. le D' Chaulfard), et l’on constate : asystolie complète avec anasarque ; à la pointe, souffle systolique en jet de vapeur, souffle systolique moins fort mais paraissant indépendant du précédent aw niveau de l’appendice xiphoïde ; de plus, léger piaulèment présystolique et, à l’exa-
men de la région précoriliale, dépression systolique très nette.
Foie. — Enorme, qui descend jusqu'à l’épine iliaque antéro-
supérieure occupe presque tout l'abdomen ; très douloureux à une
pression même modérée ; il présente quelques battements. Congestion pulmonaire aux deux bases.
railement. — Régime lacté absolu, digitaline, solution au 1/1000, 50 et 20 gouttes à deux reprises ; caséine { gramme et extrait de muguet les jours suivants. L'anasarque disparaît vite
ainsi que la congestion hépatique.
Etat actuel (6 décembre). — La malade n’a plus d'œdème. Elle n'a pas eu de nouvelle crise d’asystolie, depuis son entrée | en oclobre.
Mais elle conserve une oppression facile, dès le moindre effort un peu pénible, la marche la fatigue vite, cependant le visage
présente un teint normal ; pas de cyanose périphérique.
Le cœur présente, au siège même de la pointe, dans le premier espace immédiatement au siège de la pointe, une rétraction syslolique très nette, peu étendue en surface. Grosse matité absolue ; diamètre transversal maximum, au niveau du deuxième espace mesure 12 centimètres, et dépasse de un travers de doigt le bord droit du sternum.
À l’auscultation : souffle syslolique à la pointe, en jet de vapeur : on le retrouve à l’orifice tricuspidien, mais moins fort, Léger frémissement présysiolique. Rien à la base.
Les veines jugulaires sont distendues, avec que'ques ondulations. Pas de collapsus diastolique.
Urines, 1 litre.
8 décembre. — Pouls 104, reste irrégulier, mais plus fort, quoique ne donnant pas toutes les pulsations cardiaques.
Urines, 1 litre 1/2 ; albumine.