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ÉrloLOGIE. — Si nous analysons les observations, nous voyons nettement que cette symphyse se montre à la suite du rhumatisme articulaire aigu qui évolue suivant un type spécial. Bouillaud, nous le savons, a dèmontré que l’endocardite aiguë apparait surtout dans le rhumatisme généralisé, et cette grande loi « de coïncidence » reste vraie dans la majorité des cas. De même pour la symphyse que nous décrivons, nous allons trouver frequemment des attaques rhumatismales répétées, se suCcèdant chaque année, parfois à quelques mois d'intervalle ; de plus, il s’agit de rhumatisme prolongè durant des mois ou au moins plusieurs semaines, résistant à des doses même énormes de salicylate de soude où d’antipyrine ; ou bien, si l’amélioration forcèe par les hautes doses des médicaments spécifiques se montre, lattaque ne tarde pas à réapparaitre dès que le malade essaie de reprendre ses occupations.
Ainsi, dans notre observation I, le patient fait sa premiéré attaque à 28 ans, qui dure un mois, et à l'hôpital Tenon où il est traité on place dès cette première attaque un vésicatoire dans la région précordiale; à 33 ans, deuxième attaque suivie au bout de quinze jours d’une rechute qui dure 3 mois, dans le service de M. Siredevy, à l'hôpital Larihoisière, et le médecin constate une péricardite. La malade de l'observation IT fait une première attaque à 26 ans ; puis, assez rapidement, deuxième attaque qui dure 3 mois, pendant lesquels la malade est incapable de se lever; à 38 ans, troisième attaque qui dure aussi 3 mois. Dans observation V, le malade a, à l’âge
de 16 ans, sa première attaque; mal soignées, simple-
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ment par des frictions et de l’enveloppement ouaté, les douleurs articulaires persistent près d’un an, elles cessaient quinze jours pour revenir très vite aussi intenses ; mais l’absence du traitement spécifique n’était pas la seule cause de la longue durée du rhumatisme, car, venue à Paris comme domestique, cette jeune fille fait à 17, 19 et 21 ans, d’autres attaques qui durent de 2 à 3 mois, malgré le salicylate de soude.
Ainsi, nous avons noté dans nos observations, et fréquemment aussi dans celles de Morel-Lavallée, un rhumatisme spécial, ayant de par sa répétition, sa ténacité et sa résistance aux spécifiques, un caractère infectant, indiscutable.
Mais, dans d’autres cas, la même marque, de rhuma— tisme infectant, se trouve réalisée par un autre procèdé : il agit simplement d’une seule attaque de rhumatisme ; les douleurs sont généralisées, elles s’accompagnent d’une fièvre assez intense ; seulement, le salicylate de soude en a facilement raison; on se croirait donc parfaitement autorisé à diagnostiquer un rhumatisme assez intense, toutefois de gravité pronostique moyenne. Mais, si l’on continue à suivre le malade, l’on s'aperçoit que le rétablissement est incomplet ; le patient conserve de la pàleur (anèémie post-rhumatismale), de lPessoufflement facile dans la marche ou les efforts un peu pénibles, il se plaint de palpitations, d’une certaine gène précordiale, et lorsque le médecin a la prudence d’examiner Jour par jour, et centimètre par centimètre, la région du cœur, il constate un frottement, parfois aussi des signes d’endo-
cardite subaiguë (modifications de timbre des bruits nor-
maux du cœur, apparition de souffles ; de plus, cette endo-péricardite subaiguë, qui peut même s’accompagner dun certain degrè de myocardite avec signes de dilatation cardiaque, abaissement de la tension artérielle et irrégularité ou faiblesse du pouls, alors cette endo-myo-péricardite subaiguë, disons-mieux, va évoluer non vers la résolution, mais vers le stade chronique; et le mèdecin assistera impuissant, malgré les révulsifs répêtés et l’administration de l'iodure de potassium à l’intérieur, à l'établissement d’une symphyse rhumatismale compliquée ou non d’endocardite valvulaire et de myocardite : la malade qui fait le sujet de l’observation IT, est un remarquable exemple de ce rhumatisme, infectant, par ses localisations cardiaques, bien plus que par ses manifestations articulaires; en effet, cette femme présenta, en janvier 1894, surtout des signes de pleurèsie et de péricardite subaiguë tandis que du côtè des articulations, les manifestations, réelles cependant (puisque la malade à cette occasion fit du rhumatisme déformant des doigts et des poignets) étaient bien insignifiantes ; et cependant, notre maître, M. Merklen, put suivre l’établissement de la symphyse cardiaque totale, et depuis, cette malade reste une véritable infirme du cœur. Cette variétà étiologique toute spéciale de rhumatisme infectant qui frappe dans leur totalité les tissus cardiaques (endocarde, myocarde, péricarde), se rencontre fréquemment chez l’enfant, peut-être à cause de Pactivité fonctionnelle et du développement de Porgane : aussi, faut-il toujours craindre chez un enfant rhumatisant semblable évolution.
Les médecins d'enfants répétent avec raison que l’endo-
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