‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 10 sur 72 · Gailhabaud, Mon. ccU. — 2. De Cambry, p · texte numérisé non relu

Gailhabaud, Mon. ccU. — 2. De Cambry, p

diamètre. Les cercles intérieurs sont en terre et celui de lextérieur en petites pierres ^

A Saint- Plantaire , à fleur de terre et à 1" environ du dolmen dont il a été question plus haut, règne « un mur de » circonvallation sans art, sans ordre. et sans proportion^. »

Que tous ces monuments soient des temples, .des tombeaux, des palais, ils n'en ont pas moins conservé pour les siècles qui les ont suivis, les modèles de Tarchitecture militaire de leur époque !

Si Ton a bien suivi ce que je viens de dire des cromlechs, on aura remarqué que d^ns les modèles que j*ai exposés , les peulvans y remplissent, tantôt en avant, tantôt en arrière des parapets qui les accompagnent, le rôle que jouent les palissades dans les retranchements modernes.

Ces menhirs ne sont-ils pas peut-être les masques fixes , les boucliers de pierre qui ont précédé Tinvention des armiu^es défensives 1 Ils ressemblent aux créneaux des places fortes dont Torigine semble se perdre dans la nuit des temps.

M. DE Fréminville, en parlant de Tenceinte de Soch (Finistère), qui a la forme d'un rectangle de 8i",66 sur 41"*,60, rapporte que les pierres dont elle est formée, au lieu d'être simplement plantées dans le sol , sont fixées dans une espèce d'empierrement en maçonnerie sèche de O^jGG de largeur. Ne retrouve-t-on pas là la disposition romaine : pinna loricaque?

Que dirai -je maintenant des alignements de menhirs, comme ceux de Carnac et d'Ardeven? La Sauvagère les prenait pour d'anciens camps romains ; ils ressemblent certainement à une armée rangée en bataille et peuvent faire songer à quelque organisation protectrice.

On les considérait jadis comme les sièges d'autant de députés dans les assemblées générales des Celtes^, comme les représentants d'autant de divinités, ou bien encore comme les dieux eux-mêmes * !

1. De Gamluy, p. 96. — 2. Id., p. 217. — 3. France liist. et moniiin., p. 52. — i. Batissier, p. 165; de Cumbry, p. 287.

Y a-t-il plus de raison à admettre quô le vaste alignement de Carnac , qui , au XVP siècle , comptait encore plus de 4,000 menhirs*, s'étendant sur une longueur de plusieurs lieues, en se reliant à ceux d'Ardeven^, fut jadis le cimetière superbe d'une ville fragile , aujourd'hui dans la poussière , la nécropole d'une cité volante, la tombe colossale d'un peuple qui poussait l'abnégation de lui-môme jusqu'à n'abriter que ses morts , sans songer aux vivants ?

Mais pourquoi donc la nécropole ne serait^lle pas la ville elle-même ?

Ces rangées multiples* de pierres droites plantées en terre» qui parfois sont accompagnées de fossés et de levées de terre ^, qui souvent relient entre eux des cromlechs circulaires ou carrés, comme autant de tours d'une fortification; qui ailleurs réunissent des tumnli semblables à de hautes terrasses défensives ; telle est la ville Ibrte.

Chaque citoyen reçoit la sépulture auprès de la pierre, qu'il a aidé à planter, auprès de l'abri sous lequel il est né, auprès duquel il a vécu et qu'il a peut-être protégé de soa corps dans les luttes nationales ; voilà la nécropole. Elle recule et s'agrandit au fur et à mesure que les familles s'accroissent.

Du reste le nombre des morts trouvés à Carnac au pied de ces menhirs ne doit pas être exagéré ; il est très-faible. D'autres alignements ne présentent aucune tombe. On a beaucoup enflé aussi la hauteur des blocs. Les plus élevés à Carnac ont 6 S 7", et la plupart ont seulement de 3 à 4°*^.

Tous les alignements ne sont pas non plus aussi réguliers que celui de Carnac; certains présentent les formes le& plus compliquées; ce qui doit faire penser que, "dans ces localités, les députés aux assemblées des nations devaient être bien mal placés pour s'entendre, sur les sièges qui leur avaient été préparés.

Les dieux ^ssis au conseil dans l'alignement de I^au-

1. De Carabry, p. 26B. — 2. Batissier, p. 167. — 3. Id. — 4. Gaiihabaud, Mon. celt.

daoudec en Cmzon (Finistère) devaient aussi donner aux mortels une triste idée de Tordre habituel à l'Olympe; car si Ton consulte le plan de ce champ de pierre , on a bien de la peine à y trouver quelque semblant de symétrie *.

Au contraire on y reconnaît immédiatement le désordre des villages antiques, où chacun venait placer sa demeure au lieu qui lui convenait le mieux.

Odin, chez les Scandinaves, prescrivait de dresser des* tertres en mémoire des hommes de qualité et des haulastènes (menhirs) pour ceux de tnoindre rang, qni se distinguaient par leur courage^. La vue des peulvans antiques fut sans doute Torigine de cette pratique, conservée par la tradition. Mais le siècle d'Odin n'avait pas fixé les coutumes de Fépoque néolithique et ceux qui ont pris Y TngUnga^Saga pour la règle de Tâge primitif ont ]^u assurément se trQmper.

19. Monuments dits celtiques de la province de Ckmstantine. — Quelques écrivains ont rapporté à la famille basco-berbère la construction des monuments n>égalithiques de l'Europe occidentale. Ces peuples parlaient , dit-on , des langues agglomérantes ou d'agglutination^^ dans lesquelles certains mots dits jmt-^sitions remplacent à peu près les prépositions des modernes^. Ces langues ont, du reste^ beaucoup d'analogie avec certains idiomes de l'Amérique', pays qui jadis était peut-être en communication directe avecTEurope au moyen d'Ilots intermédiaires*, ayant eu le sort de T Atlantide de Platon^ ou des Cassitérides d'Aviénus^.

Les Basques sont aujourd'hui refoulés dans les Pyrénées , où malgré toutes les révolutions, ils ont conservé leur langue et les coutumes des vieux temps. La famille souche, cette organisation du foyer, qui, selon M. Le Play®, est le modèle sur lequel devraient se régler tous les peuples qui veulent vivre, existe encore dans la population Escueldunat comme au temps des Romains.

1 . Cs. Gailhabaud, Mon. Celt. — 2. Bcauvois, Age du fer, ire part. , p. 229. — 3. Lamé et Rodier. — i. Id. — 5. Ilccr, Lchon, Ilom. foss., p. 133; Rodier. — G. Plat., Timée. — 7. Avien., Ora. maril. — H. Le Play, p. 39.

Aussi, Ton comprend que la stabilité reconnue de leurs institutions ait pu, avec certaines preuves craniologiques , conduire quelques archéologues à leur attribuer la construction des monuments mégalithiques, qui, eux aussi , semblent avoir été dressés pour Téternité.

Ce qull y a de particulier, c'est que c'est précisément sur le sol occupé par un peuple de la même famille agglutinante * , que sur un autre continent, TAfrique, se retrouvent des constructions analogues aux monuments mégalithiques de TËurope occidentale. Ils sont cependant postérieurs à Tépoque néolithique et n'appartiennent vraisemblablement qu*à Tâge du bronze et plus particulièrement à 1 âge du fer.

Les Berbères , actuellement les Kabyles , auraient-ils été chassés deTEspagne, leur séjour primitif, et auraient-ils , par Gibraltar, apporté en A&ique Tusage des monuments de pierre ? C'est à supposer.

Quoiqu'il en soit, le sol de la province de Constantine (Algérie) est couvert de ces monuments, et c'est vers les sources du Bou-Merzoug que M. Christy, savant Anglais, et M. Férâud, Térudit interprète militaire de la province, sont allés les reconnaître pour la pj'emière fois le 20 avril 1864.

« Lorsque des hauteurs on examine la plaine , dit » M. Féraud^, on aperçoit d'immenses lignes blanchâtres » régulièrement tracées. Elles établissent sur une étendue » de plus de quatre kilomètres en ligne droite, une vaste » enceinte à la zone du payç , où s'élèvent les vestiges cel- » tiques. Ces lignes sont de simples , doubles ou triples » rangées de grosses pierres de 0"*,40 à 0",60 d'épaisseur, » plantées en terre et formant des allées découvertes, qui » relient entre eux les dolmens, les tumulus et les cromlechs » comme le fil unit les grains d'un chapelet. »

Une légende arabe, rapportée par M. Féraud, attribue aux alignements de cette espèce une origine militaire. Il s'agit de ceux de la tribu des Oulad- Aiad ^ns la subdi\îision de Sétif. « Voici , dit M. Fiîraud^, ce que la légende locale

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