CONSTRUCTIONS MÉGALITHIQUES
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D'autres penseront sans doute encore que le bloc reix>uvre un mort. On admettra, pour cela, que le%défunt avait dû rendre à ses compatriotes de bien grands services, pour avoir mérité de leur reconnaissance un mausolée dé cette espèce.»
Ceux qui persistent à y voir des pierres d'oracle , émules du trépied de Delphes, y reconnaissent probablement le symbole de la roue de fortune, ou encore le premier essai de la roulette et autres jeux de hasard très-appréciés chez nous!
Continuant lanalogie, au lieu de prendre les cromlechs ou cercles de pierre, entourant les menhirs ou les dolmens, pour des soldats pétrifiés autour de leur général, j'aimerais mieux les considérer comme les fortifications de pierre de ces abris également de pierre.
Le stone-henge de Salisbury (comté de Wilts) est composé d'une double enceinte de trilithes dont les pierres les plus hautes ont près de 9" de hauteur et plus de 2" de largeur. L'enceinte extérieure a, dit-on ^ 60™ de diamètre, et « l'ou- » vrage entier, selon M. de Cambry^, est entouré d'une » tranchée profonde de plus de 30 pieds (O^jôO) de largeur. »
N'est-ce pas là une véritable fortification digne des châteaux du moyen âge? En admettant que le stone-henge ait été un temple^, n'avait-on pas pris pour Iç défendre. des profanations des mortels, bien des précautions, dont les traces sont venues jusqu'à nous , pour nous donner une idée des moyens défensifs, employés à l'époque reculée où il fut élevé.
Si les trilithes du stone-henge n'étaient pas les abris, protégeant contre les saisons les défenseurs de l'enceinte sacrée, peut-être servaient-ils à les relever comme sur des chariots de guerre pour faire commodément usage de leurs armes. Ceux qui ont écrit que les druides s'élevaient sur les tables des dolmens pour y accomplir les sacrifices et pour en précipiter les victimes, m'accorderont bien, je pense, le droit de faire cette conjecture.
1. Gailhabaud, Mon. tcU. — 2. DeCambry, p. 79.— 3. Lubbock, p. 53.
Lubbock assigne l'Age du bronze comme Tépoque de la construction du stone-henge. Selon lui, Abury, monument du même genre, mais de beaucoup plus considérable (500" de diamètre), est plus ancien. Il y a aussi à Abury an remblai , un fossé et un cercle de peulvans , dans lequel se trouvent encore deux cromlechs de grande dimension. On a objecté que Tenceinte d'Abury ne pouvait être une fortification, parce que le fossé était intermédiaire entre le rempart et le cercle de menhirs ^
Je montrerai plus loin le rôle des terrasses h Tépoque de remploi des armes et des machines de jet. Leur but était surtout de relever le défenseur au-dessus de l'assaillant et non pas de len séparer.
La position du fossé d' Abury entre le remblai et le cercle de peulvans donne à cette dernière enceinte une propriété défensive analogue à celle que possède la terrasse. L*ennemi qui a franchi le parapet a encore à escalader un talus d'escarpe surmonté d'une espèce de palissade en pierres, qui n'a une grande valeur que par la pxésence du fossé.
Les places fortes de nos jours ne sont pas autrement faites. La terrasse d' Abury était un chemin couvert dont la prise et Toccupation eussent été des opérations difficiles à exécuter.
Pennant, cité par M. de Cambry^, rapporte qu'à Stennis, une des Orcades , il a rencontré un cercle de pierres de 28" de diamètre. La plus haute pifirre avant plus de 4" de hauteur et le tout était environné d'un large et profond fossé. y
^« Au même lieu , dit encore Pennant, est un beau demi- » cercle de quatre pierres entières et d'une rompue ; les plus » hautes ont '20 pieds (6") de hauteur au-dessus de terre. » Derrière est un rempart d» terrejconforme à leur position. »
Dans l'île* de Dunst, une autre des Orcades, le même Pennant a encore vu un cromlech plus singulier. Il est formé de trois cercles concentriques et a 50 pieds (15'") de