‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 3 sur 72 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

1. Antiquité de respèce humaine. — Quelques anthropologistes modernes reportent la naissance dé l'homme à de nombreuses myriades d'années avant nous ^ ce qui semble justifier l'opinion que certains peuples, tels que les Chinois, les Indiens elles Egyptiens, ont de leur haute antiquité. D'un autre côté, les découvertes, récentes des archéologues semblent confirmer cette appréciation, et les calculs des astronomes viennent parfois à leur tour la corroborer*. J'espère donc pouvoir me mettre

i . Yoy. Figaier, THomme primitif, p. 4 et pass. — 2. Cs. Rodier, Délages hist. ; Le Hon,' Lob cosmiqaésw - .

à la suite de ces savants, sans exciter aucune susceptibilité.

2. Les ÊLgeB antèhistoriciaes. — Les hommes primitifs, incapables de deviner les métaux recelés dans le sein de la terre, se tirent d'abord des arn|es et d^s outils |V6Ç \es matériaux qu'ils avaient sous la main : de i'os, de la corne, du bois et surtout de la pierre. C'est pourquoi les archéologues, impuissants à reconquérir les dates sur le passé, ont donné le nom d'âge de la pierre à la longue suite de siècles sans histoire qui, précédant la découverte des métaux, virent l'homme assez peu différent de la bote fauve. Cet âge se relie aux temps historiques par deux intermédiaires t Vêgê tu èrtMie et Vàgé dm fu%

Mais c'est avec une certaine mesure qu'il convient d'adopter cette classification; car les différents âges dont il s'agit indiquent plutôt des périodes que des époques, à moins qu'on ne fixe d'avance la région à laquelle on a l'intention d'appUquer cette division du temps. Si, en effet, on peut vraisemblablement admettre que tous les pays ont eu plus ou moins leur âge de la pierre, il n'en est pas moins vrai que, pour chacun d'eux, cette période d'état analogue dans la vie des peuples a dû se produire dans des temps loùt à fait différents et souvent éloignés les uns des autres. Ainsi, toute l'Europe était probablement encore en plein âge de pierre, quand l'Asie en était déjà sortie depuis longtemps. De la même manière, quand les régions européennes centrales, telles que la France et TAngleterre, se trouvaient dans la période la plus ancienne de leur âge de pierre, les contrées septentrionales, comme la Scandinavie, étaient encore inhabitables ^ De nos jours, du reste, on rencontre des Sauvages qui vivent dans leur âge de la pierre, témoin les iiaturels des lies d'Andaman '.

la classification dont il s'agit n*a donc rien d'absolu; elle a seulement Favantage de fixer l'esprit sur l'ordre de sucoessioa des temps préhistoriques de l'Europe occidenlale, quaiidi selon l'usage, on ne l'applique qu'à cette région* Elle n'impliçue au*

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cunement^ du reste, l'idée d'une sucoession analogue ailleurs, dans les mêmes temps et aux mêmes heures du monde.

3. Diyisiona de l'âge de la pierre. — Entendu de ce^te manière, l'âge de la pierre de FEurope occidentale a été divisé par M. LuBBoaK en dent époques principales : la période palxo^ lithique pu ancienne, et la période néolithique ou plus récente.

Quelques archéologues admettent encore les divisions suivantes pour la période palseolithique : Y époque du grand ùurs et Vépoque du renne.

Enfin, la période néolithique est quelquefois désignée aussi sous le nom d'époque de la pierre polie»

4. V&ga de la pierre en Orient. — On ne saurait déterminer entre quelles limites des périodes précédentes il convient de placer la tin de l'âge de la pierre en Orient. A peine Irouvet-on du reste, dans les contrées orientales, quelques traces d'un âge de la pierre.

Peut-être n'y a-ton pas suffisamment fouillé le sol, ou bien, s'il faut en croire quelques savants^, certains pajs, comme rindé et l'Egypte, ont été exempts depuis longtemps des grandes commotions, produites par les cataclysmes terrestres, qui ont désolé l'Occident. Alors les différents âges de l'humanité ont pu s'y souder parfaitement les uns aux autres, et les objets de la propriété privée s'y sont tellement bien usés dans les mains des générations successives^ qu'ils n'ont laissé que de faibles traces.

6. Les races humaines. — Les savants qui se sont donné pour mission de rechercher les origines de l'espèce humaine se sont, depuis longtemps, divisés en deux camps formant écoles.

Les uns, les monogénisies, attribuent à toutes les fractions de la grande famille humaine une origine commune ^.

1. Gs. Rodier, Muges hist. — 2, Q. d^ Qoatrebges^ Traité de ^'espôce humaine.

. Les autres, les polygénistes^ admettent diverses formations ou créations qui se sont produites, soit simultanément, soit successivement ^.

Je me suis rallié k la seconde école, qui distingue un certain nombre de races bien séparées, parce qu'elle explique plus facilement, je crois, les inégalités des familles humaines, leurs aptitudes variées, ainsi que les difficultés plus ou moins grandes que chacune d'elles éprouve^ quand il s'agit de passer de l'état de nature à l'état de civilisation.

§ I". - PORTmCATIONS NATURELLES ET ARTIFICIELLES.

6. Les fbrtiileationft naturelles. -- En se reportant par la pensée aux premiers âges du monde, il semble qu'on doive assister perpétuellement au spectacle des luttes individuelles de la bêtç fauve avec la bête fauve, de l'homme sauvage avec l'homme sauvage. Ce dernier, si on le suit en imagmation,'on le voit sans cesse en quête de son ennemi; on l'aperçoit se reposant dans une demi-sécurité au delà d'un ravin escarpé ou d'un fossé profond, jusqu'au moment où il découvre son adversaire. Puis on le suit longeant la lisière des bois, s'embusquant derrière des plis de terrain, et il disparaît dans les forêts, Là^ il guette derrière quelque buisson, couvert par quelque broussaille, et quand il croit son ennemi à portée, montant sur un terlre, il fond sur lui en l'accablant de tout son poids.

Semblable à là bête fauve traquée, qui, sous ses pas, aperçoit le trou qui la sauve, l'homme, dès l'origine, rencontra des abris improvisés, des fortifications natureUes, défenses toutes faites, qu'une Providence trop généreuse oublia sans doute de réserver uniquement à l'usage de l'opprimé !

Utiles à l'homme isolé , les fortifications naturelles sau-

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