‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 33 sur 72 · lies ètabliMementa insUliUrè» déS' l?hMtdûèhBv ■— Une · texte numérisé non relu

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des villes insulaires les plus anciennes est sans contredit Ara*dus, cité chananéenne ou phénicienne, qui déjà, dans les mo*numents de Thoutmès lli (XVI® siècle), est marquée de la cou* ronne crénelée des places fortes ^^. 11 est pi*obable qu'à cette

« ma troisième campagne, je martïhai yen \k terre de Khetti' (Syrie). « Louii était roi de Sidon ; la grande réputation de ma majesté l'avait a terrifié, et il s'était enfui sur les lies au milieu* de la mer. » P. Ba-^ chère, liev. arohéol.» 18b4, 1. 1, p. 347,

i. Arrien, 1, 1.-2. Voy. ci-dessus, p. iT. —3. Theil, Dict. géogr., p. i26.— i. FJeury, Hisi. d'Angh, t* I; p. 14, les expéditions de Su<^toniua Paulinas (5» ap. J>C.) et d'Agricola (7tMM av. J'. C.)» — 5. Guilbert, 1. 111, p. 449.— 1>. Depping, 1. 1, p. »7.-7. Id., p. lli.— 8. Voy. ci-dessus, p. 38J.— 9. Id., p. lo7. — 10. Ann. de Saint-Bertm, Collect. Guiaot, l. lY, p. 166.— 11. Depping, p. 87.— 12. V. ci-dessus, p. 287.

époque, les Ghananéens, prédécesseurs des Phéniciens, coaraient déjà les mers pour les besoins de leur commerce. Plus indépendants que leurs frères du littoral, qui subissaient la domination égyptienne, les citoyens d'Aradus avaient trouvé dans leur îlot, derrière de magnifiques murailles, véritablement cydo- |

péennes, un abri très-sûr. Confiants dans la résistance de leur forteresse, ils défiaient les flottes égyptiennes et pouvaient entrer, sans trop de risques, dans les grandes confédérations \ asiatiques, organisées contre la puissance redoutée, TÉgypte. |

Tyr, la ville forte insulaire du Livre de Josué, n'était encoi-e sous les Thoutmès et même sous Ramsès II qu'une bourgade de pêcheurs. A cette époque, Palaelyr, la Tyr continentale, subissait, comme toutes les villes voisines, Sidon, Byblos, etc., la lourde domination égyptienne. Mais, dès que la puissance des Pharaons se fut considérablement affaiblie après Ramsès III (1300), les Tyriens profitèrent de rabaissement de leurs suzerains. Comme les Chananéens d'Aradus, ils allèrent chercher dans rile voisine un asile plus sûr pour leurs richesses et leurs personnes; ils fortifièrent la Tyr insulaire.

Dès lors, rien n'arrêta plus l'essor de leur commerce et l'ère de leur grandeur maritime commença. Leur place insulaire fut protégée par de fortes défenses; et, malgré les progrès de l'art de la navigation, la nouvelle Tyr put se soustraire pendant longtemps encore à la domination assyrienne qui, sur le continent, succéda à celle de rÉgyple. Nous avons dit précédemment quels gigantesques travaux durent entreprendre, devant ses murailles, les grands conquérants de l'antiquité qui voulurent s'en rendre maîtres ^

Habiles et industrieux, ce fut donc à force de patience et de temps que les Phéniciens arrivèrent à secouer le joug de la domination étrangère. Quand ils furent libres, ils se placèrent bientôt au premier rang des peuples maritimes. Dans leurs colonies, ils apportèrent le même esprit de calme et de patience; c'était avec la plus grande prudence qu'ils s'y installaient , essayant toujours de se faire considérer par les indigènes comme des alliés plutôt que comme des ennemis. Ils colonisèrent ainsi

i. V. ci-dessus, p. 298 et suiv.

presque toutes les îles de la* Méditerranée : Cypre, Rhodes, là Crète, les Sporades, les Cyclades, etc. ^. Ils surent aussi, chose bien digne de remarque, abandonner les îles de la Sicile, dès que les Grecs vinrent leur en disputer la possession *.

Pour faciliter leur commerce avec les indigènes des pays, où ils désiraient s'installer, ils s'établissaient ordinairement sur les caps et les îlots voisins de la côte, comme nous l'apprend THUGYDms ^. Il en fut de même, du reste, des Phocéens de Massalie, quand ceux-ci allèrent fonder Emporium en Espagne (545); ils se fixèrent d'abord dans une petite île voisine de la côte et ils y attendirent que les habitants du littoral voulussent bien les autoriser à s'établir sur le continent^. Quand Garthage, fille de Tyr, voulut entreprendre de créer des établissements puniques en Espagne, ce fut également dans les îles voisines de la côte qu'elle s'établit pour attendre le moment propice pour la prise de possession du littoral *•

65. Les oppida des Vénétes. — A l'époque de la conquête romaine de la Gaule (56), César trouva les Vénètes de la Bretagne retranchés dans des oppida maritimes très-remarquables. Situées en effet à l'extrémité de longues langues de terre que la marée haute recouvrait d'eau et séparait ainsi du continent, ces forteresses n'étaient pas plus abordables, à marée basse, avec des vaisseaux, à cause des bas-fonds qui en rendaient l'accès impossible aux navires *. Le général romain dut renouveler devant ces cités maritimes les procédés poliorcétiques inaugurés jadis à Tyr par Nabuchodonosor et par Alexandre '.

56. Villes péninsulaires lacustres. — La ville de Celethrum (Castoria), dans la Macédoine, avait également une position très-originale. Elle se dressait, dit Titb-Livb •, au centre d'un grand lac circulaire, sur un îlot relié seulement à la rive par une langue de terre, fort étroite (16™ environ)^ à son point de

I. Guillemin, Hist. d'Orient, p. 215.— 2 et 3. Thucyd., VI, 2. — 4. Voy. ci-dessus, p. 254.-5. Voy. Romey, Hist. d'Espag., 1. 1, p. 96. — 6. César, G. d. G., Ill, 12; Napol., III, J. César, t. Il, p. i24.— 7. Voy. ci-dessus, p. 313.-8, Tite-Live. XXXI,40.— O.Pouqaevilie, Qrèce, t. II, p. 352.

jffnptiGn wree Jja terrée ferip^.. Lts habitantiif s'y croyaient teU^ 9tô.nt e;^ «0re^4, 9Jouf^ Thistorien, qu'ils osèrent songer, k résister ^x arnaées rorn^ines (199).

Il parait qn» celle disposition était toat p^rticttUèrefi^ent atEeetionnée de l'empereur Justini^n, c^v Pbogops dit, h plusiears repri$/?s» qu'il fit transporter les habitants de cités aocienniss dans des emplacements analogues. « Près d'une ville noramée « £urée, rapporte l'historien ^ il y avait un lac, au milieu duc quel était une presqu'île, où l'on n'allait que par une langue « de terre, que la nature semblait n'avoir réservée que pour y c servir de passage; l'empereur y fonda une ville sur une faauf teur, et il la peupla des habitants d'Eurée, qu'il y transf porta'. > Il fit la même chose pour la ville de Dioelétia- Bopolis, en Thessalie, et la nouvelle cité se nomma dès lors Justini^nopolis^.

On trouve dans l'étang de Saint-Just (Ille-et-Vilaine) des dé^ bris appartenant à l'époque gauloise, qui prouvent qu'un oppidum breton s'y était établi dans des conditions ana}ogu0s. Des remparts de terre et un fossé creusé dans le roc sur une largeur de 10*^ isolaient complètement la presqu'île laeustro» sur laquelle se dressait la forteresse *.

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