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itvelot, i»'élevait une forte lame pointue eomoQO celte d'vue épée) longue de deux spilhamè (0™,45) ou un peu plu^ Ce» machines (triboloi), lorsqu'on le voulait, se joignaient Tune contre l'autre pour se remparer et se fortifier contre la oava-^ lerie qui venait s'y enferrer; elles étaient très-cominodes par suite de la facilité de le§ transporter et de les faire servir d'armes au besoin. Quand on n'avait pas le temps de faire un fossé autour du camp, ou lorsque le terrain, étant trop pierreux, ne pouvait se creuser, on ne laissait pas de se procurer quelque sûreté au moyen de cette invention. • Pour intercepter les gués, les Romains se servaient pai'foiâ de planches plombées garnies de clous *. Nous savons que les modernes emploient au même usage des herses de laboureur. Il est assez intéressant de remarquer que, chez les Grecs et les Romains, l'instrument qui servait à battre le blé, et qui se compoi^ait d'un plateau de bois, garni en dessous de morceaux aigu^ de silex ou de dents de fer (tribula, tribolos) 2, pouvait, ainsi que la herse chez les modernes, être utilisé comme chàussetrape. Peut-être, du reste, son nom « tribula » lui veaait-îl de là.
80. X«e8 stimules des Romains au siège d^Alise* '— La fortieation passagère des Romains comportait aussi remploi des stimules (stimuli) ou aiguillons. C'étaient des bâtons d'un pied de long (taleae), appointés et armés d'un hameçon de fer. On les fichait en terre à de faibles intervalles '. D'autres, qui ont été retrouvés dans les fouilles d'Alise, au mont Auxois S étaient tout en fer, avec un crochet à la partie supérieure et un talon en double équerre à la partie inférieure, pour faciliter renfoncement dans le sol avec le pied. Ce devait être une défense extrêmement dangereuse pour l'assaillant.
A la pointe de fer près, les stimules romains représentaient la défense qui, dans la fortification moderne, porte le nom de « petit piquet >. On les confectionna avec les débris provenant dé l'exploitation des palissades, et. on les plante à trente 011 quarante centimètres les uns des autres, dans les fossés, sur les
i. Valcr. Max., Ul, 1, i. -S. Bi^h., id., p. 6«6. -<^ 8. Gtflar, 0« A. 6., VII, 72, 73.-4. Rev* ttcMoÙ, i86i, t II, p. 68.
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glaeU â«i ouvrages» 84 âaas la campa^Q* 11$ devieanant auiiout redoutables qaaBci on les garnit de fer» suivant la méthode romaine, en les armant de trois ou quatre grands clous qui les traversent horizontaiement ^
Les Chinois font ces défenses aooessoires de leurs retranche^ ments avec des tiges de bambou. On m'a assuré, que, lors de Texpèdition française de Chine, des soldats indigènes poursuivis et acculés à ces petits bambous acéi*és et rigides, s'y étaient tellement embarrassés que, tombant dessus comme sur des baïonnettes droites^ ils n'avaient pu s'en retirer K
81. Les chaasse-trapes. —Au genre précédent se rattachent les chausse-triypes, défense que les Romains nommaient murex ferreus, par analogie sans doute avec certains coquillages hérissés de pointes ^, dont Tùné des variétés, le murex brandaris^ très-commune sur les côtes d'Afrique, était peut-ôire celle qui produisait la fameuse pourpre géluUque ^.
On a quelquefois rendu l'expression « murex ferreus > par « eAardon de fer » *, ce qui indique admirablement la nature de cette défense. Du reste, un modèle antique de ce petit engin de guerre est parvenu jusqu'à nous, et M. Righ en a donné la représentation dans son Dictionnaire des antiguités grecques et romaines. Il est formé d'une boule d'où sortent quatre pointes de fer» tellement disposées qu'en le jetant à terre, une de ces pointes se tient toujours en l'air. C'est h, peu de choses près la chausse-lrape moderne, formée d'un système de trois clous forgés ensemble et dont on a étiré la soudure de manière à former une quatrième pointe \
Avant la bataille d'Ârbelles (331), Darius fît jeter des chausse^
1. fimy, GôuM ée ferlif.'^t. Je tsens œ reaaeigiifiniefit dMn oADier ^ faisait partie de l'expédition. J'aurais voalft le Mtromter da«s im méMioire feuf les fortifications chinoises ^e possède le Dépôt ées îostà^ ficftiîoBi« llalhevreusement ce mémoire, do&i j'avais demandé la com^ OkUfldoation en Id6<3> lait partie de docmnents qui ne i^uveftt être d6« placés; je n'ai donc pas pu le consulter. — 3. Voy. Uoëfer, Phénicie, Univ. pill., p. ^.—4. Pline, V, 1 ; VI, 36; IX, 60; Horace, Epit., II, 481t^S. 9d Vailly, Biet. Mx^tt.^wmoHiurf».'^^ atoh., f» 418; Eooly) CottB 'de 'ftHif*'
trapes sur le terrain où il pensait que devait passer Alexandre; mais le conquérant macédonien, averti à temps, les évita ^
Quant à Scipion Ëmilien, il dédaigna un jour de s'en servir devant une place assiégée, disant qu'on ne devait pas redouter l'ennemi qu'on voulait prendre (126) *•
Les Grecs Byzantins utilisèrent cette défense, à l'époque de l'invasion de l'Egypte par les Arabes; car Ogklet rapporte que, lorsqu'Amrou se présenta devant Mesrah (Memphis), il trouva dans les fossés de la citadelle une grande quantité de pointes de fer que les Grecs y avaient fait Jeter, afin de rendre le passage plus difficile aux musulmans (639 ap. J.-C.) ^.
82. Les enceintes de chariots des camps. — C'est un fait digne de remarque que les peuples qui, dans l'antiquité, quittèrent l'Asie pour se répandre dans les régions du nord de l'Europe, adoptèrent l'usage du chariot de transport, comme ceux qui se dirigèrent au contraire vers le Sud, se servirent du cheval et du chameau. Il fallait aux premiers une habitation mobile pour se garantir de la pluie et du froid pendant leurs longues pérégrinations; ils adoptèrent le chariot, tandis que la tente suffit aux autres.
Il faut constater aussi que tous les peuples nomades se. sont servis de leurs appareils de transport pour retrancher leurs campements ou en former des instruments de défense et de fortification improvisée. Hérodote dit que les Scythes vivaient sur des chariots; leurs femmes, leurs enfants, leurs richesses restèrent sur ces véhicules pendant que les cavaliers se portèrent contre Darius (508) *. Arrien rapporte que lesThraces, attaqués par Alexandre, à l'entrée des gorges du mont Hsemus, mirent en avant et disposèrent autour d'eux leurs chariots, dans le dessein, non-seulement de s'en faire un rempart, mais encore de les précipiter des sommets les plus escarpés sur la phalange macédonienne, si elle tentait de les franchir (335) ^. Les Cimbres, à la bataille deVerceil(lOl), avaient retranché leurs femmes derrière des chars et des bagages. « De là, comme du haut
r Q. Curée, IV, 13. — 2. Val, Max., ïil, 7, 2.-3. Ockley, Hist. iarac., t. I, p. 435.-4. Hérod., IV, 121.-5. Arrien, Alex., 1, 1.
< de iours, dit Florus ', elles combattirent avec des piques et « des bâtODS ferrés. Leur mort fut aussi belle que leur défense. » D'après Hirtius * et César ', les Gaulois traînaient aussi à leur suite de nombreux convois de chariots de bagages. On sait encore que les Helvètes, à la bataille de Bibracte, se battirent en arrière de leurs chars de transport, dont ils s'étaient fait un rempart (59) *.
Les Romains se servaient aussi de chariots pour le transport de leurs bagages de guerre; mais ces véhicules ne les accompagnaient pas dans la marche j ils formaient simplement un convoi qui suivait les armées, comme ceux des temps modernes. Toutefois, à défaut de temps pour préparer des retranchements plus solides, ils faisaient venir leur matériel de transport et, en guise de barricades, ils se servaient de leurs chariots comme d'une palissade pour entourer leur camp. Ils appelaient, du reste, carrago cette espèce de fortification improvisée; et le nom grec caragon était tiré, à n'en pas douter, de la palissade, characôma, ou du pieu, charax, que les chars étaient ainsi appelés à suppléer au besoin *. Titb Livk rapporte, en particulier, qu'ils se servirent de la sorte de leurs chariots dans la guerre de Macédoine contre Persée (171)^.
La colonne Trajane présente du reste des modèles de ces retranchements mobiles en chariots, usités à la fois chez les Romains et les Daces, au II® siècle de l'ère chrétienne '. C'était encore l'habitude des Barbares de s'en servir, à la fin du IV® siècle, car Végècb dit : « Tous les Barbares se font une espèce de € camp retranché de leurs chariots, qu'ilslient ensemble, et pas- « sent tranquillement les nuits dans cette enceinte, à couvert a des surprises de l'ennemi ®. » A cette époque, en effet, Am- MiEN Marcellin nous montre les Golhs, attaqués par les Romains, se retranchant derrière leur parc de voitures {ad carraginem) (377 ap. J.-C.) *.
Dans ces temps, comme s'en plaint Végèck, les R omains avaient à peu près abandonné la méthode ancienne, à laquelle ils avaient
1. Flor., m, 4.-2. Hirt., G. d. G., VIII, 14. — 3. C#8ar, G. civ., I, 51.— 4.1d., G. d. G., 1, 26.— 5. Voy. Masquelez, Caslram., p.473.— 6. TileLive, XLII, 65.-7. Frœhner, p. 103.— 8. Végèce, IH, 10.— 9. Amm. Marcel., XXXI, 7.
dû la constance de leurs succès, celle dont ils ne s'étaient jamais départis précédemment, dit Napoléon P', « de se retrancher € tous les soirs daiis un camp fortifié, de ne jamais donner bac taille sans avoir derrière eux un camp retranché pour leur € servir de retraite et renfermer leurs magasins, leurs bagages « et leurs blessés • '.
« Il y a déjà longtemps, dit Végècb *, qu'on n'entoure plus t nos camps de fossés et de palissades; aussi nos armées y « sont-elles souvent maltraitées de nuit et de jour par les atta- € ques imprévues de la cavalerie des Barbares. »
Et il ajoute, après avoir parlé des ^chariots dont savent s'entourer les Barbares dans leurs campements : « Craignons-nous € de ne pas apprendre ce que les autres ont appris de nous ? * », car il supposait, bien à tort sans doute, que les étrangers avaient emprunté aux Romains l'usage de ces véhicules.
Quoi qu'il en soit, on vit, vers cette époque, Alaric, roi des Visigoths, après avoir entouré l'un de ses camps de fossés et de palissades, le fortifier davantage encore d'une espèce de rempart formé par des chariots de bagages (39S ap. J.-G.) *.
Au IX* siècle, l'empereur Léon, dans ses Institutions militaires, continuait encore à recommander l'emploi des enceintes de chariots pour la fortification improvisée des camps. Il indiquait eu même temps les circonstances dans lesquelles les chariots devaient être plus nuisibles qu'utiles ; il fallait alors s'en débarrasser *.