Campements protégés par des rangs de chameaux
Comme je l'ai dit précédemment, les familles asiatiques qui émigrèrent vers le Midi, comme les Sémites par exemple, adoptèrent des moyens de transport plus simples que les chariots. N'ayant à redouter que l'ardeur du soleil, la tente et le chameau suffirent à leurs besoins.
1. Napol. I*% Précis des guerres de César.— 2. Végèce, I, 21.— 3. [d., III, 10.— 4. Lebeau, Hist. du Bas-Emp., t. VI, p. 32.— 5. Léon, Instit., XI ; Masquelez, Castram., p. 472. — Yoy. sur remploi des chariots de bagages par les Tartares et par les Chinois, Jean du Plan de Carpin, dans Ed. Charton, Voyag. anc. et mod., t. 11^ p. 227 et 243; Joorn. asiat., 1851, t. I, p. 4f$2. Le Derbend-Nameh, notes de M. Mirza- Kasem-Beg.
Le chameau, à la fois moyen de transport et fortification vivante, servit, comme le chariot, d'obstacle devant le campement dans les marches; et les romans arabes sont pleins de récits où les chameaux protègent les camps, après avoir été rangés en cercle tout autour.
D'un autre côté, l'usage que firent de leurs chameaux les Bénou-Amir contre les Bénou-Témin, d'après les ordres de Cays S quelques années après la naissance de Mahomet (579 ap. J.-G.)*, ressemble beaucoup; ce me semble, à celui que les Thraces avaient fait de leurs chariots dans les gorges de l'Hœmus, devant la phalange macédonienne d'Alexandre (335) 3.
Lorsque Solomon soutint en Afrique la guerre contre les Maures (Berbères), il les trouva également renfermés dans des cercles de chameaux. « Gomme les Maures, dit M. Lebeau, en « parlant de la bataille de Mamma (536 ap. J.-G.), avaient une « multitude innombrable de chameaux, ils les rangèrent en « cercle sur douze rangs, en sorte que ces animaux faisaient a face de tous côtés, chaque file étant composée de douze. Les « fantassins remplissaient les intervalles. Quelques femmes « étaient mêlées aux combattants, les autres étant au centre du c cercle » *. •