‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 47 sur 72 · Cook, 1<' voyage, t. III, p. 105 et passim · texte numérisé non relu

Cook, 1<' voyage, t. III, p. 105 et passim

pèçe la plu* pjriflaiUve, du re^te, j^q bpmewt; let plu§ ^ç^uv?|lt à de$ huU^g Qvajôs^ PU çirQulairo% •, faite» de boi* et dô qbaume, de bâtpns et de n^iUe^, da cbi^rpeateg gr^j^^gière^ et de ^ranob^s d'arbresi Quaut aux, ^rpws de hup ou fosee*, qu'on refliarq^e daiisi le* c^rupagne*^ ohe^ les HottQptols, oq ne »0Qt que dçs pièges pour la çbas^e de Télépbant ^, te* Boscbimaps ou HottentQt* de* bois n'ont pai» dav^Utage la connaissance de l'art de la fortifipatiQU ^ j; il* ignorent au**i la science de l'agriculture. Ih vivent surtout de cbasse et de rapines qu'ils exercent chez 1q* JIottentQt* Nan)aquûi£î et cb^ï^ les Dawapaa; mais ils p^sèdent aussi da nombreux troupeau» da bestiaux, qu'ils parquent dans dQa kraals^ ou eni^los palissadéa» dont las barrières n'ont d'autre bul que d'empéoher le bétail de sortir pendant la nuit. Oft le3 déplace aussi sauvent que )a tribu nomade change son campement »,

Qn ne signale pas non plus de véritables fortifiçationa chez lea Be^ouanas ou Gafras de l'intérieur. Cepepdapt caux-oi nnt des arméda"^ et sa livrent quelque peu à l'agriculture; mais les travaun agricoles sont surtout réservés aux femmes, tandis que les hommes s'ocoupent plus particulièrement du soin des tppupeaux, de la chasse et de la guerre K Dans ces rég^s, les huttes sont parfois isolées les unes des autres par des haies de roseaux qui atteignent, en certains endroits, une hauteur aaset considérable ^j mais ce ne sont pa* là des fortifications contre les bommes , ee sont tout au plus des limites et des arrêts contre les regarda et contre les bêtes fauve*. Dans le même but, pour ae gtranliir des lion* , des hyènes et autres animaux du même genre, les Banyaï du Zambèse élèvent leurs hutte* ou ccuzies ^'^ sur des éminenoes artificielles au milieu de leurs jardins ^i.

Au contraire ,' quand on pénètre dans le Zanguebar et dans

j, Lubboek, p. 3éO. -«- S* Baines, édit. de Launay, p. 6. ^ S. Lnbbock, p. 341. — 4. Id., p. 458. — 5. Baines, id., p. 47. —6. FifU^ef, Races, p. 339.-7. Baines, id., p. 183 et suiv. — 8. Malte-Brun, édit. Cortambert, t. V; p. 272. — 9, Les huttes 'de la viUe 4q Léchoalatébé, prè? du lac Sgamf, « sont environnées d*une clôture en roseaux ayant au aïoins quatre mètres cinquante de haut »; Baines, id.^ p. 192. — 40. On désigne généralement ainsi les cases circulaires des noirs de l'Afrique ; voy. de Lanoye, le Niger, p. 280, 444.— 11 . Malte- Brun^ id.^ p. 284.

- ÎK5 -

laa Qoiitpées voisinea , <m troQve dos viUagea paUaaadéa et par* £û^ ppéoédés de foaa^a^ Les voyageura aig^alent an outrer l'usage des bornas ou maisons fortifiées , espèces de blœkkm^f dont on garnit les frontières des États pour leur défense, ou

dont on entoura lai» viUagôa pour leur dQaQQir uoa protf qtion aptificielle ^. Quelquefoia les habitations des chefs sont eatouréaa da baias vives » impénétrables , qui leur servent de rempart, Telle était celle de Suwarora » chef de TOusul, quand M. Speiu s'y présenta. Dans l'Ousui» rapporte la célèbre explpraleur^, % les petits villages i, huttes ga^oAéas n'y sont point entpuréa a d'une bùma (palissade et maisons fortes), mais ^imple^ment c cachés dans de vastes plantations de bananiers « (ca qui éqiU-i vaut h une clôture). Et la capitaine Ssei» ajoute ^\ % Sise au fond f de la vallée deQuthonugu i, Tbabitation deguwarorai < dent I les clûtures embrasaent une vaste étôBdue de terrain, ne laissa < pas de produire un effet asse^ impûsant. Une tripla baie d'ar^ % bustes épineux lui sert de rempart. La hutte du chef est tou^ « jours aussi grande qu'aucune des autres] elle est au fond de « .roQeeinta. 9

Nais» dans ces pays» l^s naturels ont été plus ou moins initiés au commerce par lea Arabes de Zanzibar^ , et ils sont relative-r ment plus civilisés que dans le Sud; ils s'adonnent du reste volontiers a^x travaux agricoles^.

En^omme^ dans rAfrique australe eomme dans l'Océanie, l'art de la fortification est nul chez les peuples chasseurs ou noi* mades, quoique ceux«ci soient loin de vivre entre eux dans la mrilleure intelligence, Ils aimant, au contraire, à désoler réci^ proquement leurs territoires par leurs rai^tuelles incursions ?; mais, pour repousser Tennemi, ils comptent plutôt sur leurs armes que sur leur industrie. Les clôtures de leurs habitations sont fragiles, sans consistance et simplement destinées à arrêter les regards indiscrets et les bètes fauves.

Pans les tribus agricoles de l'Afrique orientale, au contraire, la connaissance de fart de la fortification s'accuse par l'emploi

\. Tew da Monda, 1860, t. U, p. 3ûtf et saiv. -^ 3. Id., 1864, 1. 1, p. i95, «99, 908. -^8. Id., p. 308.^4. Id., p. 311. r^& Id., 1860, t. II, p. 305 et suiv. ^ 6. Mslte-Bnin, id., t. V, p. 290 «t Sttiv. ^ 7. Voy. 3alnsi, id,, passiro.

des palissades, des fossés, des levées de terre , et des bornas ou maisons fortifiées qui entourent quelques«uns des principaux villages.

111. Lea forteresses des ifegions soudaniennes.^La même loi se vérifie pour le Soudan et la Nigritie. Les peuplades les plus sauvages et les moins modifiées par les invasions du Nord se tiennent dans des régions montagneuses, où elles conservent leur indépendance, malgré les guerres d'extermination que leur font les Soudaniens musulmans ^ Comme les vieux Dasyous du Rig' Véda *, les nègres païens des plaines de la Nigritie abandonnent facilement leurs couzies mal protégées, quand l'invasion devient menaçante'; ils se retirent dans leurs forteresses naturelles, presque inaccessibles aux armées, et ils y attendent que tout danger soit passé. Quand ils redescendent dans les vallées, ils retrouvent leurs grossières cabanes, si les envahisseurs ne les ont pas entièrement détruites par le feu. Tel est tout le système défensif de la véritable Nigritie.

Les régions de l'Afrique centrale^ au midi du Soudan, appartiennent exclusivement à ces nègres païens, c'est-à-dire non musulmans^. Elles resteront dans l'état actuel jusqu'à ce que l'islamisme y ait pénétré, mais elles tomberont successivement et à leur temps devant la civilisation musulmane, qui est appelée à faire le tour de l'Afrique. Ceux de ces noirs qui, trop éloignés encore du Soudan pour en redouter les attaques, vivent actuellement dans la sécurité la plus complète, sans murailles et sans fortifications d'aucune espèce, n'ayant tout au plus, autour de leurs principaux villages, que quelques clôtures en pa-

i. Trémaux, Le Soudan, p. 312 et suiv. — 2. Voy. dressas, p. 520. — • 3. Trémaux, id., p. 7. — 4. Toute l'Afrigae est habitée par des hommes qui se rattachent plus ou moins à la famille des nègres. Da Soudan à l'Egypte, la couleur de la peau passe par tous les degrés intermédiaires entre le noir foncé et le brun rouge ou bronzé des Ethiopiens ou Chamites et des anciens Egyptiens ou Nubiens sémitisés. Du Soudan aux limites de l'Afrique australe, on remarque une décroissance analogue et le type va en se rapprochant du genre polynésien. Ainsi, d'après Burton (Tour du Monde, 1860, t. II, p. 331), les Ooanyamoëzi ou habitants de la Terre de la Lune sont d*un brun sépia foncé (A. Figuier, Races, passim). Du nord an sud, toutes les peuplades

lissades, deviendront^ avec le temps, les ennemis les plus proches à combattre et les premiers à modifier par la civilisation soudanienne.

Dans le Soudan, où l'agriculture est florissantes où les habitants mènent une vie beaucoup plus sédentaire que ceux des montagnes de la Nigritie, Taspect général change complètement.

Il y a sans doute, là comme ici, beaucoup de villages entièrement ouverts; mais on rencontre assez fréquemment aussi des agglomérations de couzies, garnies de clôtures de roseaux et protégées extérieurement par une enceinte continue, formée d'une bonne palissade^ avec ou sans fossé en avant ^.

En outre, les indigènes civilisés habitent les villes avec les Fellans, les Touaregs, les Malinkès, les Arabes et tous les hommes de famille sémitique ou berbère, que les invasions successives du Nord y ont amenés à des époques plus ou moins reculées, et qui ont puissamment contribué à modifier l'état social du Soudan ^.

Dans ces villes, des murs de pisé, avec ou sans fossés, comme dans les cités de l'Afrique septentrionale, des murailles, quelquefois multiples*, en terre ou en toubes, ont remplacé la palissade classique des tribus noires agricoles. On sent que c'est l'influence étrangère qui y a, déjà depuis longtemps, transformé les procédés défensifs des indigènes ou autochthones. Jenné *, TombouctouS Zekka^ Say«, Zinder »,Dikoua ^^ Kano ", Kouka *^ Ségo*^, Masèna^*, Katchena*^ et bien d'autres grandes villes

africaines parient des idiomes monosyllabiques, avec des tendances à l'agglutination berbère ou à la flexion sémitique dans les régions septentrionales ; >• Gs. E. I^mé, Rev. contemporaine, 1863, 1. 1, p. 733.

1. Voy. de Lanoye, Le Niger, passim.— 2. A* Trémaux, id., p. 315. — 3. Pour tous ces peuples, voyez Trémaox, p. 7 et suiv. — Les Fellans, qui ressemblent beaucoup aux anciens Egyptiens, me paraissent seulement des nègres sémitisés.— -Les Touaregs sont certainement des Berbè* ressémitisés.— Les Malinkès sont comme les Fellans des noirs sémitisés. —4. De Lanoye, id., p. 63; ville de Say, id., p. 393; ville de Kisbi, vers le bas Niger. -« 5. Située dans une fie du Niger; mur de terre de3",00 de hauteur et de 0",35 d'épaisseur; Trémaux, id., p. 336; voyez, pour la population de mélange de cette ville, de Lanoye, id., p. 362. — 6. Fut fondée, dit-on, au commencement du xi* siècle de notre ère par les

qui s'échelonnetit du Nil Blanc aut sources du Niger e( du Sé^ négai, sans compter celles que Ton rencontre en descendant ces fleuves jusqu'à leur embouchure, présentent, comme les cités arabes ôu berbères de TAfrique septentrionale , comme les antiennes capitales de l'Egypte des Pharaons, des murs de briques crues S de terre battue et de pisé, et quelquefois même des fossés, t Quelques cités de médiocre importance, dit M. Thé- « maTix, sont aussi défendues par la disposition même des mai- « sons, qui sont construites de manière à former enceinte. > On se rappelle que telle était la disposition défensive d'un grand nombre de villes de la Palestine et de la Syrie '. C'est là une o^ ganisation essentiellement sémitique. Les plus anciennes villes syriennes ne possédaient vraisemblablement pas de tours, dont l'action y était remplacée par celle de maisons dressées sur les murailles, comme celle de la courtine Rahab*; cela explique le long silence de la Bible, au sujet des tours, avant l'époque des Rois, tandis qu'il y est fréquemment question des portes, de leurs verrous et de leurs barres *•

Au Soudan , les grandes villes sont ordinairement divisées en plusieurs quartiers, comme Tétaient, dans Taniiquitè, Thèbés et Memphis, et la plupart des cités de la vallée du Nil *. L'un de ces quartiers est réservé auK nègres les plus purs, et ne ren* ferme que des ùouzies ou huttes coniques. Tandis que les circon-

îouaregs; voy. Tour du Monde, 1860, t. Il, p» 238; de Lanoye, id.« p. 376.— 7. Tour di Monde, îd., p. 227.— 8. Id., p. 231; muraille de 5600" de développement, avec fossés. — 9. Id.,p. 227.— 10. Id., p. 218; murs en terre très-épais do 10* de hauteur.^îl. TfémaUK, id., p. 34Si ville où dominent les Felians ; mur d'enoeinte en aif ite de plaa de S4 kilofflètres de enveloppement»-^ if. Id., p. 396 ; eapitate du Bornou ; h&ules maràilim en terre. -^ 13» Cepitate du Bâmbara ; pour k population de oe payt) voy, de Lanoye, id», p. d4i ; murailles en piééj Trémaux, id.» p. 335. «^ 14» Id., p. 358 ; mur de terre trèè><4teBdii. <-« 15. Tour du Monde, id.» p. SOI ; muf d'eneeinte de SO à 2i kilomètre de développement.

1 . René Caillé «iït que les matériaux d^ construction à Tomboudou sont uniformémenl « des briques de formtd ronde^ roulées duns la mèin « «t sécbées au soleil. » ^2. Voy. einiessus, p. M2. -^ 8. losué> II> 15. -^ 4. Deutér., iit, 5; Psaumes, et), 16» ^5. Voy» ci^tessui,

p. 175 6t suiv.

8criptions occupées par Ip's Arabes, les Touaregs ou les Fèllans, présentent des rues alignées et des maisons rectangulaires h terrasses, dans le quartier des nègres, dit encore M. Trématjx *, « il n'y a pas de rues proprement dites. Les huttes sont isolées « les uftes des autres ou bien comprises^ par deux, trois ou f plus, dans la même enceinte, faite de clayonnage ou de pisé ». Gomme on le voit, c*est la eoutume des noirs, de séparer leurs habîtatlorlê par des clôtures, que les nègres soudaniens ont conservée, même dans les plus grandes villes, entourées de mu* railles, de l'Afrique centrale.

Au Sénégal, dan* la Guidée \ fet dans toutes les régions de l'Afrique centrale où les invasions du Nord ont modifié l'état social primitif, ^aspect des Villes est le même. Les Fellafts, les Touaregs, les Aranes et les indigènes àe disputeront encore longtemps sans doute tous les établissements créés par la civili«» sation; ils les ruineront et lès réédifierottt toUr à tour. Mais le style de l'architecture militaire est acquis : partout où Tislâ-* misme implantera son drapeau, s'élèveront des maisons qui succéderont au* éouiîes , et des murs de terre ou de briques crues qui remplaceiiont les palissades et lès fossés africains.

Page 1