‹ Essai sur les fortifications anciennes, ou introduction à l'histoire générale de la fortification des anciensChapitre 50 sur 72 · De Caylus, Antiquités, t. IV, p · texte numérisé non relu

De Caylus, Antiquités, t. IV, p

rapprocher de la forme carrée, préconisée par Yégège, et il dessine assez convenablement les contours extérieurs d'une gourde ou calebasse; il suit exactement les escarpements de la montagne, lesquels sont très-roides, sauf du côté de l'ouest

Pour le second, « dont la forme est à peu près celle d'un c demi-cercle allongé, dont le petit axe a 185 toises (SBO^^ySO) « et le demi-grand axe H4 toises (227"',20)^ », le rempart est en terre et « sa hauteur est de 15, 16, 18 toises (29 à 35 mètres), « et pied pour pied de base (5 à 6 mètres). »

La plupart de ces camps permanents ^ se trouvaient établis près des grandes voies de communication, de manière à en faire convenablement la garde et à assurer le ravitaillement des légions^. Us devenaient ainsi des points d'étapes, manstones^ pour les troupes en marche, et servaient pour ainsi dire de caravansérails pour les voyageurs isolés qui couraient sur les routes *.

118. Rôle des terrasses ou aggeres dans les défenses anciennes. — Ck)mme les sauvages Maories, dont il a été question plus haut^, les anciens Romains montaient sur les platesformes de leurs aggeres, dès qu'ils voulaient faire usage de leurs armes. Ceux-ci, dans les retranchements des camps, ne remplissaient pas, comme dans les fortifications passagères des modernes, le rôle de masse couvrante. Pour les Romains, le véritable parapet (para-petto), c'était leur bouclier ou encore la palissade qui surmontait le retranchement, palissade à laquelle Végbgb^ attribue le nom de vallum vel lorica.

Dans les retranchements en terre, la palissade remplissait donc le rôle des créneaux de pierre dans les murs des fortifications des villes fortes. A cet effet, quand les circonstances le permettaient, on clayonnait le vallum, de manière à lui donner l'aspect d'une ligne crénelée. U suffisait, pour cela, de ménager

i. DeCaylas, id.— 2, Voy.égalemenl, pour la description de plusieurs antres camps romains^ le même auteur, t. IV^ p. 394; t. Y, p. 298,302, 308,310; Gs. Bulliot, Système défensif des Romains dans le pays éduen; d*Al|onville, camps romains du département de la Somme. — 3. De Caylus, id., t. V, p. 302. —4. Rich. Dicl. antiq., p. 392.-3. Voy, ci-dessus, p. 553. — 6. Végèce, III, 8.

des vides rectan$;ulaires dans le clayonnage (super quem ad similitudinem mûri, et pinnse, et propugnacula componuntur) ^

Ainsi les remparts des camps n'avaient pas pour but de couvrir les défenseurs, au moins en partie, contre les coups de Tassaillant, comme cela a lieu dans les fortifications modernes. C'est pourquoi César ^^ en parlant des soldats de Sabinus, assiégés par les Belges dans leur camp d'Aduatuca (54), a-t-il pu dire que les Romains se saisirent aussitôt de leurs armes et qu'ils montèrent sur le rempart : « quum celeriler nostri arma « cepissent, vallumque* ascendissent ».

Comme je l'ai dit dans les premières pages de cet ouvrage *, le véritable but des terrassements des fortifications, jusqu'à l'adoption des armes à feu, fut plutôt de relever le défenseur au-dessus de l'assaillant que de l'en séparer complètement Cette dernière fonction était plus spécialement réservée aux fossés et aux défenses accessoires de toutes sortes, palissades, chausse-trapes, tribules, stimules, hérissons, trous de loup, abatis, etc., etc. *.

Quant aux Romains, ils attachaient tant d'importance au commandement qu'ils acquéraient sur l'assaillant au moyen des terrasses de leurs retranchements, qu'on les vit quelquefois relevçr ces défenses au moyen de tours de bois ou de terre ^, placées sur l'enceinte Parfois aussi, ils jetaient entre celles-ci, et de l'une à l'autre, des ponts de bois destinés à supporter une nouvelle rangée de combattants, plus élevés que ceux de Tagger même. C'est ce que fit Cicéron, dans son camp de Charleroy, lorsqu'il y fut attaqué par les Belges Nerviens ^

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