Position du fossé dans les défenses anciennes. — « II
« est à remarquer, dit M. le capitaine Masquklbz^ que les
1. Id. — 2. César, 6. d. G., Y, 26. —3. Le mot vallum est souvent employé dans les aatenrs, dans un sens plus étendu que son acception ordinaire, pour désigner le rempart lai-même, comme le mot boition, dans la littérature moderne, est souvent appliqué à n'importe quelle pièce de fortification, bastionnée ou non. — 4. Voy. ci-dessus, p. 34. — 5. Voy. ci-dessus, p. 499 et suiv. — G.Gs. Folard, Attaque desplaces, !'• part., article IV. — 7. César, G d. G., V, 40; Napol. III, J. César, III,VIll,XiV. - 8. Masquelez, id., p. 157.
i; auteurs latins qui parlent d'un retranchement, $e bornent géç iiéralement à indiquer les dimension^ du fOssé sans parler de « celles du rempart :,il est rare de voir mentionner isolément. ce « dernier. On comprend, du reste, que les anciens aient attribué « au fossé une importance plus grande qu'au rempart, qui ne < remplissait pas, comme dans nos retranchements modernes, « le rôle de masse couvrante. C'était un obstacle pour l'ennemi, « mais moins sérieux que le fossé qu'il devait combler, opéra* « tion qui le laissait longtemps exposé aux traits des défenseurs « du camp. C'est pour jouir deux fois de cet avantage que cesi ({.derniers creusaient quelquefois un deuxième fossé en avant « du camp, mais en deçà de la portée du trait. »
A la vérité, à l'époque romaine, lors du plus grand perfectionnement de la poliorcétique et de la balistique, il était absolument indispensable de placer les fossés, qui fournissaient les terres aux remblais, en avant de ceux-ci. Mais on peut se demander s'il dut en être de même dans tous les temps, et patticulièrement aux époques primitives, quand l'art militaire et la balistique étaient encore dans leur période d'enfance.
A Abury, par exemple^, par la position du fossé, situé intérieurement au remblai, avec la ligne de palissades de pierre placée sur l'escarpe de l'excavation, on s'était ménagé deux rangs de défenses égales, le remblai en première ligne et la palissade précédée du fossé en deuxième ligne. Eût-il été plus convenable de mettre le fossé en avant, avec la ligne de menhirs au sommet du remblai, comme dans les retranchements romains ? Cela peut paraître douteux; et, en effet :
Il ne suffit pas, pour le défenseur d'un ouvragé, de ne pouvoir être abordé, il faut encore qu'il ait les moyens de nuire à son adversaire. Sinon, il consent à se laisser bloquer indéfiniment ou du moins jusqu'à répuisement complet de ses ressources alimentaires.
La fortification d'une place doit donc être dfessée de telle sorte qu'elle.n'erapêche pas l'action à l'extérieur; c'est pourquoi les anciens ont inventé les machines de jet, quand les progrès poliorcéliques eurent donné naissance aux machines de choc qu'on préparait au loin pour les amener inopinément au pied des