DIAGNOSTIC
Le diagnostic de la hernie appendiculaire réductible doit être fait avec les plus grandes réserves. Il n’existe jusqu’à présent aucun signe de certitude, peut-être pourrait-on invoquer l'exiguité de la tumeur qui était tellement réduite dans cerlains cas qu’elle était passée inaperçue. On a noté l'absence de gargouillement pendant la réduction. Quant à la hernie irréductible elle a été prise dans bien des cas pour une hernie intestinale, mais le plus souvent on croit avoir affaire à un épiplocèle.
Pour distinguer la hernie appendiculkire accompagnée d’épiplon de celle qui ne l’est pas, se baser sur l’absence de sonorité à la percussion et palper soigneusement pour reconnaître l’empâtement. En général, l’épiplocèle est
moins douloureux.
Quelques auteurs ont prétendu reconnaître à trav2rs les/téguments, la forme de l’appendice. C’est ainsi que Trèves sur une femme de 56 ans très amaigrie dit avoir senti facilement le cœcum et son appendice. Nous n’avons pas entendu dire que la chose ait pu être faite pour une hernie de l’appendice seul.
Le diagnostic de la hernie étranglée de l’appendice offre le plus grand intérêt. On l’a confondue souvent avec la
hernie intestinale. L'erreur n’était pas d’une importance
mujeure, si tous les symptômes de l’étranglement étaient au complet. L’allure tapageuse de l’affection forçant toujours à intervenir,
Mais si les accidents prennent une tournure plus bénigne on est tenté, ce qui est arrivé souvent, de penser à une épiplocèle, on n’intervient pas, et l'emploi de cette thérapeutique expectante devient fatale pour le malade. On peut encore confondre avec le pincement latéral de l'intestin, où se trouvent réunis tous les signes propres à l’étranglement.
Dans bien des cas qui ne sont terminés ni par une opération ni par une autopsie, il n’est pas prouvé que le diagnostic pincement latéral de l'intestin soit absolument exact. Dans les deux ordres de fait les symptômes se confondent et peuvent exister au complet, ou sont atténués.
Peut-être le pincement latéral est-il plus rare, la hernie de l’appendice plus commune. En lisant les observations et pincement latéral, on pourrait, sans y rien changer, en comyrendre quelques-unes comme hernies de l’appendice. (Citons comme exemple l'observation XXVI de la thèse de M. le D' Ferrier-Bordeaux, 1884, présence dans le pli de l’aine, d’une tumeur résistante, douloureuse, vomissements fécaloïdes, pas de selles, pas d'évacuation gazeuse, pas de collapsus, toxis sans résultat. Kélotomie, débridement d’un anneau du fascia cribriforme, on attire un tube aplati du volume d’une plume d'oie de huit à dix centimètres de longueur, etc..…., n’estce pas trait pour trait le tableau de la hernie de lappendice.
Combien y en a t-il d’autres sur son modèle.
LG en
Avec le pincement d’une frange épiploïque seulement, phénomène curieux puisque l'intestin n’est pas en cause, le D" Plessy en cite un exemple dans les Annales de la Société Anatomique, 1892, ou M. le D' Ricard fit la cure radicale pour deux franges épiploïques de l'S iliaque, ayant donné des signes d'étranglement tout en laissant passer les matières et les gaz.
C'est surtout dans les cas d’abcès slercoral, lié à un appendice étranglé, que la confusion avec un abcès simple du pli de l’aine peut être faite. En ouvrant un abcès de l’aine pris pour un abcès par congestion, on constata l'issue d’un liquide stercoral. Il s'établit là une fistule malgré que les matières passassent en plus grande partie par l’anus. Le malade mourut. A l’autopsie ontrouva une hernie crurale droite constituée par l’appendice vermiforme avec adhérence et perforation de l'intestin. Hevin, cité par Cabaret, Journal des Connaissances Médicales Chirurgicales, 1842, page 55.
La première observation du D' Pollosson prêtait aussi à confusion, Dans un abcès occupant à la fois un sac herniaire crural et la partie voisine du grand péritoine, on trouve l'appendice perforé et gangréné. En l'absence de commémoratifs et de détails précis sur la situation de J’appendice, nous ne saurions dire s’il s'agissait d’une appendicite vulgaire daus un sac herniaire ou au voisinage d’un sac herniaire, ou d’un étranglement de l’appendice hérniaire terminé par gangrène, perforation et abcès à la fois sacculaire et intra-abdominal.
De même dans celle de M. le D' Vignard que j’ai résu-
US mée en quelques mots, et qu’on trouvera in-extenso parmi les autres, Le peu de troubles du côté de lappareil digestif, le manque de constipation pouvait rendre presque fatale la méprise au premier abord, étant donné qu'il n’y avait pas en ce moment la sonorilé gazeuse, et que le plus souvent
on ne possède guère de renseignements antérieurs.