‹ Essai sur les hernies de l'appendice vermiformeChapitre 18 sur 26 · CRE · texte numérisé non relu

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Voici ce qui nous est permis de consiater : à la partie interne du pli de l’aine droit existe une tumeur du volume d’une mandarine : débordant en dedans le pli de laine, elle occupe une partie de la grande lèvre droite et du mont de Vénus, en un mot, elle présente le siège de la hernie inguinale chez la femme. A sa surface la peau est tendue, lisse, chaude, d’un rouge violacé. Dure, œædémateuse au pourtour, la consistance est nettement fluctuante au centre ; en ce point la percussion dénote une sonorité très superficielle. Rappelons que la tumeur est extrêmement sensible et que l'exploration en est très pénible pour la malade. Il n’exisle pas de météorisme, le ventre n’est pas douloureux sauf au voisinage de la tumeur. La faiblesse de la malade est grande; elle paraît très abattue, la voix est cassée. Le faciès est grippé, les yeux excavés. Le pouls est petit, rapide, mais il ne semble pas y avoir d’hypothermie.

Le diagnostic n’était pas sans quelques difficultés à cause du peu d'intensité des troubles digestifs, surtout de la persistance des selles nettement affirmées par le malade. Cependant, l’exis-

tence antérieure d’une petite tumeur à la partie interne du pli de l’aine, le début brusque par des coliques, l’altération rapide de Pétat général et de plus les caractères de la tumeur actuelle ne nous permettent pas une hésitation bien prolongée.

11 s’agit d’un abcès stercoral consécutif à une hernie inguinal, étranglée. Le pourquoi de l’absence de constipation, nous le verrons au cours de l'intervention.

La malade est immédiatement portée à la salle d'opération et chloroformée.

Opération. — Nous incisons la tumeur suivant son grand axe oblique en bas et en dedans : après la peau et le tissu cellulaire sous-cutané nous sectionnons une membrane aponévrotique : aussitôt un flot de liquide noirâtre, d'odeur fécaloïde,

mélangé d’un peu de pus s'échappe par l'incision.

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Après lavage au sublimé, nous isolons une enveloppe verdâtre, perforée, d'aspect gangréneux, que nous prenons un instant pour un intestin sphacélé; mais l’erreur est vite reconnue ; c’est un sac herniaire, car en l’explorant et en le disséquant nous le voyons continuer en haut avec le péritoine.

Tout d’abord il nous avait paru vide, mais en introduisant le doigt profondément jusqu’au collet nous sentons là une petite masse grosse comme l’extrémité du petit doigt. Il nous est facile d'attirer au dehors sans débridement du collet du sac (l'anneau inguinal seul a été incisé).

Aucune adhérence ne le retient au niveau du collet.

A notre grande surprise, nous constatons qu'il s’agit de l'appendice iléo-cœæcal noir gangrené et perforé dans sa moitié libre. Simplement tuméfié dans sa moitié inférieure pourvue de méso, la limite des deux est netie et est marquée par une dépression circulaire large d’un demi-centimètre ; trace de l’étranglement au niveau du collet du sac. Dans la cavité de l’appendice gangrené existe encore un peu de liquide noirâtre fétide.

Le méso accompagne l’appendice, il est fortement graisseux, un peu œdémateux mais en somme peu altéré.

Je résèque la portion gangrénée, puis suture la muqueuse de l'appendice par trois catguts et la séreuse par trois autres catguts. Des derniers fils je ramène le méso en capuchon sur le moignon qui est réintégré dans le péritoine. Ce mode de fermeture me paraît plus sûr que la ligature de l’appendice. Cure radicale. Ablation aussi complète que possible des tissus mortifiés verdâtres périsacculaires, suture seulement du haut de la plaie, suites opératoires.

Diète 4 centigrammes d’extrait opium et 2 centigrammes de morphine les deux premiers jours.

On commence à l’alimenter le troisième mais très légèrement.

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Pansement, lundi matin 48. Un peu de pus s’est accumulé dans la partie décollée de la grande lèvre ; désinfection au sublimé, pansement humide qu’on répètera le soir. ‘

Les jours qui suivirent, on continua les pansements humides pour assurer la désinfection de la plaie.

- La cicatrisation se fit lentement, et l’état général ne s’améliora que graduellement. Il fallut un mois 4/2 pour obtenir une guérison complète. Cette lenteur de la convalescence s’explique par le commencement d'infection dont la malade était atteinte au moment de l’opération, infection déterminée par l'abcès gangréneux.

Néanmoins, elle sortit vers le commencement de novembre,

. dans un état très satisfaisant. Complètement cicatrisée et n’é-

prouvant aucuns troubles digestifs.

Observations de M. le D: Pollosson.

Oss. II. — Hôpital de la Croix-Rousse, salle Saint-Eucher, service du D' Maurice Pollosson.

X. Y..., âgé de 71 ans, entré en 1888. Vieillard cachectique se présentant avec un teint terreux et du subdélirium, ne fournissant aucun renseignement sur l’histoire de sa maladie.

On constate dans la région iliaque droite, au-dessus de l’arcade, une tuméfaction fluctuante qui descend à la cuisse dans le triangle de Scarpa, au devant des vaisseaux fémoraux.

Une incision est faite au-dessus de l’aréade et une contre-

ouverture à la cuisse : il s’en écoule un pus fétide. Le malade

ne se relève pas et la mort survient quelques jours après.

Aulopsie. — La collection purulente, située au-dessus de larcade est intra-péritonéale ; elle est limitée en haut par des adhérences et sur un point par le cæcum et son appendice.

Ce dernier est gangréné et perforé ; la collection purulente

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du triangle de Scarpa est en continuité de paroi avec la précédenle ; et il est aisé de reconnaître que c’est un diverticule péri-

tonéal, un sac de hernie crurale.

Os. III. — Salle Saint-Paul, lit 35, Hôtel-Dieu de Lyon, service du D' Maurice Pollosson. au

A. F..., repasseuse, 37 ans, demeurant à Lyon, entrée le 21 août 1890, sort le 15 septembre 1890.

La malade a vu survenir à droite une petite tumeur dans la région crurale, il y a cinq ans. Elle n’a jamais porté de bandage. Elle avait eu avant la hernie deux enfants. |

Il y a deux jours, sans efforts, elle vit la tumeur devenir tendue et volumineuse, elle eut des coliques et des envies de vomir. Le lendemain elle dut garder le lit, eut encore une selle ce jour-là, mais remarqua qu’elle ne pouvait plus faire de gaz.

Le troisième jour, au matin, elle eut un vomissement et des hoquets. |

Le D' Victor Morel, appelé, diagnostiqua un étranglement herniaire et l’envoya à l’Hôtel-Dieu.

Le lendemain à la visite, on trouve la malade avec faciès grippé, pouls petit, se plaignant de coliques violentes, de nausées, et n'ayant ni selles, ni évacuations gazeuses. On sent dans la région crurale une petile tumeur marronnée, tout à fait identique à la tumeur habituelle de la hernie crurale étranglée.

Opération. — La malade anesthésiée, l'opération est conduite comme pour une hernie vulgaire. On trouve un sac, on l’incise : il renferme un liquide rougeâtre assez abondant, et à l'intérieur, au lieu d’intestin ou d’épiploon, on trouve un cordon rougeâtre, long de 5 à 6 centimètres, du volume du petit doigt, présentant l'aspect d’un pénis d'enfant en érection. Sur un point de sa cir- Conférence est un bourrelet graisseux analogue aux appendices

épiploïques du gros intestin.

On débride l'anneau avec le bistouri de Cooper ; on tire légèrement au dehors l'organe hernié, et on voit qu’à la partie étranglée, au bourrelet rouge, fait suite un cordon pâle, du diamètre d’un porte-plume ; c'est l'appendice iléo-cæcal.

On place une ligature au catgut, à un centimètre au-dessus du point étranglé, on coupe au-dessous du fil, on réduit, on extirpe le sac (cure radicale) et on suture la peau.

Les suites de l'opération furent très simples et la malade sortit guérie le 15 septembre 1890.

Examen anatomique. — La partie réséquée présentait à son cen. tre une cavité tubulaire terminée en cul-de-sac. La paroi de cette cavité avait un aspect muqueux. La portion située au-dessus de l'étranglement était notablement tuméfiée et d’un rouge vineux.

Il n’a pas été fait d'examen histologique, mais il ne paraït pas douteux qu'il s'agit d’un appendice intestinal et suivant toute probabilité de l’appendice iléo-cæcal.

Os. IV. — X. Y.…., infirmière, 32 ans, Hôtel-Dieu de Lyon.

Porte depuis deux ans une hernie crurale droite. À son apparition la tumeur a été douloureuse et a provoqué des phénomènes d’étranglement qui ont disparu après un taxis presque immédiat.

Depuis, la malade a porté un bandage, mais seulement d'une façon intermittente.

Il y a huit jours, la hernie est sortie et est devenue douloureuse ; etelle a été supportée dans cet état. à

Cependant, le 3 mars, la douleur locale a augmenté ; il y a eu des coliques, des nausées (pas de vomissement), de la constipation. On se décide à demander un chirurgien.

Le samedi, 4 mars, M. Maurice Pollosson est appelé auprès de la malade. J1 constate dans la région crurale droite, au siège des hernies crurales, une tumeur du volume d’un citron, médiocre-

dre

ment tendue, douloureuse à la pression, surtout au niveau du pédicule.

Vu l'absence de vomissements et la marche des accidents, on pense à une épiplocèle étranglée. La patiente était jeune et d'une bonne santé habituelle, on se décide à intervenir dans le but et de mettre immédiatement fin aux accidents et de faire la cure radicale de la hernie.

Opération. — Anesthésie à l’éther. Incision sous l’arcade, sur la tumeur, suivant son grand axe qui est transversal. Dissection et

‘isolement du sac jusqu’à son pédicule.

Le sac est doublé extérieurement d’une couche de graisse épaisse ou irrégulière. On incise le sac qui est de petite dimension ; issue d’un peu de sérosité. Le doigt introduit dans le sac rencontre profondément, au-devant de l'anneau crural, une petite tumeur dure, résistante, du volume d’une phalange unguéale. L'incision agrandie, on voit que cette tumeur est constituée par un corps cylindroïde, rougeâtre, tendu, d'aspect intestinal sur une partie de son contour, présentant comme un appendice épiploïque sur un des bords. Le corps cylindroïde a environ 4 centimètres de longueur et se termine par une extrémité fermée et arrondie. On a tout à fait l'impression qu'il s’agit de l’appendice tuméfié.

On l’attire sans débrider, et la partie qui fait suite est un Cordon pâle, à surface séreuse, d’un diamètre inférieur à la portion herniée.

On place une ligature au catgut, à sept centimètres de l’extrémité,.

La muqueuse du tube étant apparente après section au-dessous du fil, on ferme cette extrémité au moyen de deux points séro-interstitiels au catgut très fin. On réduit facilement et on achève l'opération par les manœuvres de la cure radicale (résection du sac).

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