‹ Essai sur les hiéroglyphes égyptiensChapitre 15 sur 48 · INDICATION DU PRÉSENT ET DU PASSÉ · texte numérisé non relu

INDICATION DU PRÉSENT ET DU PASSÉ

DANS LB TABLBAU DE l'iITITIATIOK ÉgYPTIEVRE.

La position différente des hiéroglyphes , soit qu'ils fussent tournés vers la droite^ soit qu'ils le fussent vers la gauche^ n'a pas été arbitraire : Tune a désigné le passé j et l'autre le présent et le futur. Je dis le présent et le futur, parce que, dans la langue hébraïque comme dans Tarabe, il n'y a que deux temps.

C'est encore une singularité due & la formation de rhébreu et de sa grammaire sur Té* criture hiéroglyphique. Dans cette écriture, il ne pouvait y avoir que ces deux temps; le présent était suffisamment indiqué par la pré'sence de l'objet ou de l'être , de même qu'il l'est en hébreu par la présence du mot qui sert de racine au verbe,

La figure de l'homme, assis ou debout (je xne sers pour exemple de ce hiéroglyphe, parce que c'est celui qui nous intéresse dans ce moment); cette figure, dis-je, eut donc

(Sa) une signification passée ou future , suirant le côté vers lequel elle était tournée.

Cette manière d'indiquer le temps auquel se rapportait la chose figurée , fut une censé* quence du système adopté pour désigner les 4]uatre angles du mande ; c'est-à-dire > les quatre plages 9 car on disait^ an^e du midi pour plage méridionale ; angle de la mer pour plage occidentale, etc.

Or^ il est naturel de croire que dans Tordre de ces plages > T orientale fut la première. C'est toujours vers l'orient que les hommes ont dirigé leurs regards en invoquant T^itcien des fours. D'ailleurs , l'analyse de l'hébreu le démontre. Dans cette langue , la droite désigne le midij parce que l'homme > tourné en face de l'orient ^ a le midi à sa droite ; par la même raison^ la main gauche marque le

onp septentrion. Ainsi le nom de V orient , QaDM^ signifie commencement , antiquité, autrefois, le passé, ce qui va au^deuant, ce qui ment en

»^^^ face; et celui de V occident, AEUR^ le dos, ce qui va après, la fin, le dernier, la réconê* pense,

«^^ Le mot P AE , qui désigne ces quatre extrémités de la terre ^ ces quatre plages , signifie radicalement un an^e, un coin. Tout porte

(53) donc à croire que les figures suivantes ont désigne :

Fan^e de Varient, Forient;

y Pangfe du midi, le midi ;

^^d Fangie de Vocddent, l'occident ; A Vangle du nord, le nord.

Faisant donc l'application de ceci au monument que nous désirons connaître^ avant de chercher le nom du personnage que j'j Tois initier 9 j'examine Faction de cette figure et celle des deux autres qui l'accompagnent.

Je suppose 9 d*ahord^ que ces figures sont gravées dans le sens même de l'original^ car je ne pense pas que le dessinateur ait cru cette disposition indifférente.

Dans cette persuasion je dis :

Jannèsj qui porte le hiéroglyphe du Dieu des ancêtres^ du Dieu de la terre euicîenne, du Dieu de QaDM ou de V antiquité (i)^ de \jt ncien des jours (a)^ est en effet placé dans

(0 Dlp ^nbM ALEI QaDM, Deus anUquilatis.

JDBUTs&oir., ch. 33, 27.

(2) Antitpiua dierum. *

DàHUL, ch. 7 y ▼. aa.

(54) le sens qui désigne le passé, V ancien j VorienL

L'initié est tourné vers ce Dieu. Suivant la force du nom donné à la science de TAnibrès ( vojrez i^^*frag. , p. 3o, n, i4 )> '' retient sur ses pas , et se reporte vers le passé. Ce mouvement rétrograde , ce retour sur luimême y est ce qui doit en faire un homme nouveau , lui donner une existence nous^elle, le créer de nouveau.

Les Juifs ont conservé dans leurs traditions obscures le souvenir de cette position de Tinitié; mais ils la donnent au premier homme.

Ainsi selon eux Adam fut créé le visage tourné du côté de Vorient ; dans le texte de Moïse ^ Adam est obligé de se retourner et d'aller ▼ers Torient pour entrer dans le séjour de délices qui lui est destiné.

Enfin ^ JambrèSj qui est l'interprète de NEZ ^ de Jannès , du Dieu des anciens > ou de celui qui en porte le hiéroglyphe > est également tourné vers l'orient. 11 est^ eu égard aux fonctions qu'il exerce et à Jannès^ V homme (taujourd* hui et l'homme futur.

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