‹ Essai sur les hiéroglyphes égyptiensChapitre 16 sur 48 · ÉTYMOLOGIE HIÉROGLYPHIQUE · texte numérisé non relu

ÉTYMOLOGIE HIÉROGLYPHIQUE

DU NOM DE i: INITIÉ.

Au moment de l'initiation par le baptême ,

(55) le nouvel élu devait être désigné par un nom particulier autre que celui de Nazaréen. J'ai dit que ce nom était McSse; mais il ne suffit pas d'aflSrmer un fiiit aussi étrange et aussi important y il faut^ pour que F ensemble de tout ce qu'on a vu laisse peu de doutes sur ce Élit , découvrir le nom de Moïse dans le tableau même de Pinitiation.

Ce nom s*j trouve en effet écrit deux fois ; savoir : dans la composition du tableau et dans rinscription hiéroglyphique qui est gra-* vée à la partie supérieure pour lut servir d'explication (i).

Dans le tal^eau , c'est le nom de Moïse même ; dans l'inscription , c'est l'analyse de ce nom pour désigner un homme célèbre, un homme du eiel, un homme divin , un SiME; xXfM un homme qui ^e fait instruire de la science des anciens ; un auditeur ^ un SiMéO y parce y^^

(i) J'ai reproduit sëparëment cette inscription, parce que je ne me propose pas de l'expliquer , car il faudrait £iire précéder cette explication d'un traité' régulier sur les hiéroglyphes. On observera seulement qu'on y re* trouTe les hiéroglyphes dont parle Apulée, liv. X, et qui le frappèrent lors de son initiation par le baptême : les oiseaux symboliques, le nœud, les roues, et la Ugne Sortueuse*

que rinitié commençait par être auditeur, non-seulement chez les Égyptiens ^ mais encore chez les Pythagoriciens et chez les prerv-yiM miers Chrétiens. Enfin , c'est SiMO-IÉ, ToadUeur de lÉj V auditeur de Dieu, tel que Moîse^ dont un des noms fut en eflfet SiMOIÉ (i).

Pour comprendre ceci , il faut se souvenir de rétymologie hiéroglyphique des lettres M, S,' E, et Ton verra que ces trois lettres^ qui forment dans leur épellation le mot MoSÉ , ou MoySE ou MeSiE , et dans le sens de Tins* cription^ SiMÉ ou SIMÉo^ sont la transcription de ces hiéroglyphes ,

Dans le tableau , dans T inscription.

qui désignent incontestablement Y initié , le baptisé, le sauvé des eaux ou par les eaux.

(i) Les anciens Hëbreux et les premiers pères de YÉrglise remanpièrent <}ue la plupart des scribes-sacrés et des savans dans la loi, avaient été Simon^iens; mais ne pouvant reconnaître entièrement la cause de cette d^ nomination^ ils la tirèrent du mot Siméon, nom d*ime tribu d'Israël.

(57) En développant ces hiéroglyphes^ on aura

d^ahord.

Littéralement ,

Mo- XCSS^ -^

eau ,

serpent, être;

Mot à mot y

des eaux ou parles eaux.

Et

saui^é — être;

par les eaux —

C*est-à-dire , Hêtre — saus^é ou Vêtre — sauvé

consentes renousfelée

Vie.

- par les eaux ,

- des eaux ,

^1» .^ conservée ^ ,

cil existence — , , — par les eaux.

renouvelée ^

Le hiéroglyphe de l'eau se compose ici de deux lignes ondulées ; et il est remarquable que le nom hébreu de reaû a la forme du duel; qu'il signifie deux eaux ( voyez p. 4^ ) f et qu'il s'emploie pour les deux eaux puri^ fiantes de V Esprit saint.

On peut sentir la force de cette interprétation y en rapprochant du tableau hiéroglyphique les paroles suivantes d*£zéchiel :

o Je répandrai sur vous les deux eauxpu»

( 58 ) » res j el tous serez purifiés* Je vous nettoie* » rai de toutes les souillures que vous aves » contractées avec les faux dieux.

» Je vous donnerai un cœur nouveau , et » je mettrai mon esprii au-dedans de vous».

( Revoyez F inscription hiéroglyphique qui exprime le souhait des initiateurs^ et remarquez ce sens : « Je commencerai par changer » votre cœur, et je mettrai ensuiie mon esprit Il au'dedans de vous, » Vous avez vu que les Egyptiens (^Horap., /iV. i*'.^ hiérog. 7) considéraient le cœur comme Thabitation ^ Tenceinte de l'esprit et de Tame (i)«

« Vous marcherez alors suivant mes sta- » lUts^ et vous garderez mes commandemens.

» Vous habiterez le pays que j'ai donné à B vos pères ; vous serez mon peuple^ et je n serai votre Dieu » (12).

Il semble que Moïse , initiant le peuple hébreu ^ ne put lui tenir un autre langage; et si ^ comme je serais assez, porté à le croire ^ ces promesses étaient en partie celles de l'initiation égyptienne ^ on conçoit Tinfluence

(i) C'est pour cela que les H^reux mettaient Tame dans le sang , ou prenaient le sang pour l'ame. (â) Ézéchiel| ch. 36 , y. a5« .

qu'elles durent avoir sur la résolution prise par Moïse ^ homme puissant (i) et génie sublU me propre aux plus grandes entreprises.

Dans Isaîe j Dieu dit : « Je répandrai les » deux eaux sur celui qui a soif». Ce passage est remarquable eu ce que le texte dit sur le TZaMA : or , nous avons vu dans Tintro* duclion^ que Tinitié était comparé au germe' nommé TZaMÉ; qu'il a dans le premier moment de l'initiation^ àTiostant même du baptême 9 le collier orné de germes j et que ses bracelets portent le nom de TZaMID.

Le second développement du hiéroglyphe ^ tel qu'il a lieu dans l'inscription^ offrira la combinaison suivante :

Si- j^ -tSf

^ui forme le mot SiMÉ dont on a vu toutes les significations , et dans l'étymologie du-

(i) Moïse avait séjourne long-temps en Ethiopie. Une ancienne histoire de sa vie rapporte même qu'U avait tfpoQsë la reine de ce pays.

(6o) quel les Hébraîsans reconnaissent le nom de Teau joint à la lettre S.

A côté de ces hiéroglyphes ^ on voit dans l'inscription le Theboty Vanneau de Vimmer^ sion , le signe, de pureté ^ Ae perfection et de salut; et dans le tableau, cette purification, cette perfection découle en effet de Teau bap* tismale.

J'ai dit précédemment que les deux fioles qui épanchent cette eau > désignaient les sour-

ces du Nil ^^^^^3>îf^ j elles sont aussi le

symbole de Y épanchement de ce fieus^e^ di^ courant duJLeuve^ et du cours du Nil (i).

Ces deux fioles épanchées doivent donc marquer , dans un sens généralisé et absolu, lejleui^e, le Nil$ V épanchement effectif.

Voyez-les ainsi représentées dans le souhait des initiateurs et dans Tioscription du ta* bleau. Dans Tun et dans l'autre , elles sont rapprochées de la ligne tortueuse et de l'épervier ; seulement > dans l'inscription , l'effet de

(I) VM OWb NEL-IM NiTIOU, ki NUs c[ui •'épaiu chffntn

( 6i ) cet épancliemeDt sur Tame est indiqué par la ligne tortueuse redressée ; en sorte que ces • troîs hiéroglyphes signifient ici , les tortuo^ sites de Famé ont été redressées par le double épanchement de la source ; celte source est figurée par une roue^ nommée GuiL, comme lajiole j son autre symbole.

Si donc on veut joindre les deux fioles aux hiéroglyphes décomposés du mot Moïse , on aura cette phrase :

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