‹ Essai sur les hiéroglyphes égyptiensChapitre 22 sur 48 · MA I. A B A. RE · texte numérisé non relu

MA I. A B A. RE

qu'ISO, prêt à mourir pour renattre immortel , doit yider jusqu'à la lie ; c'est cette boisson salutaire à laquelle la religion nous invite symboliquement à recourir pour vivifier nos âmes et nous procurer l'immortalité morale.

C'est rOubai , c'est je 9erpent de Tinitialion, de l'initié , du MOY$E, du MUSÉE que les Egyptiens disaient être sensible à la MUSI-que , et que par elle ils avaient trouvé le moyen d'enchanter. Si l'on désire des dé« tails sur ce sujet , on peut consulter Bocbard et une dissertation de dom Çalmet. Je n'ai mentionné ce fuit que pour pouvoir mettre le lecteur à même de comparer l'Oubai des hiéroglyphes avec le serpent à lunette ou Co* :^

vré Capelle de l'Inde dans le moment oh son enchantement a lieu. La gravure que je pur blie ici (pi. 5), est faite sur le dessin d*un Indien même. Ce dessin fait partie d'un re« '

coeil de deux cents figures ^ toutes relatives aax divinités et aux différentes professions des habitans de l'Inde; il appartient à M.

J. £xSMAW> négociant, domicilié à Bordeaux»

et amis des arts qu'il cultive avec succès ; je

( "o ) le dois & son amitié , ainsi que la note qui

Ta suivre (i).

' m II existe' dans tons les pays une classe d'hommes qui fonde ses moyens d'existence sur la crédulité et la curiosité des autres ; mais nulle part cette classe n'est aussi non^ breuse que dans Tlnde. A peine un étranger y est'il débarqué , qu'une foule d'escamoteurs j de danseurs , de sauteurs et autres , l'entourent et briguent l'honneur de l'amuser^ moyennant la faible somme d'un fanon ^ ou douze sols de France.

» Parmi cette foule de jongleurs de toutes espèces y ceux qui étonnent davantage l'Européen et qui l'effraient le plus en même temps j sont ceux qui font danser les couleuvres; cet étonnement et cette crainte augmentent encore ^ lorsqu'on apprend que l'espèce de

(i) J'ai respecta le dessin original quoiqu'il soit très incorrect ; le lecteur observera que le Covrë Capelle a ^ lorsqu'il est enchanté , la position et la forme même de rOubai , d'ob il pourra conclure que TOubai est ie ser^ pent enchanté , le serpent MeiSI , MUSÉE , ou dominé par la MUSI-que , c'e«t-à-dire , pêT.i'Esprit^aini^ par ia Sagesse divine. Il pouira comparer également le Covré Capelle , se dressant dans «on panier , k l'Qubai des mys» tères sortant du CabUhus* (yoyexI.*>'Frag. , pag. 17. )

( lai ) couleuvre qui sert à ce spectacle ^ est la seconde sur la liste des plus venimeuses. La morsure de cette couleuvre est suivie d'une mort certaine ; il est rare qu'elle laisse plus de i5 à 17 minutes d'existence, n

« A la côte Gororaandel ou cette espèce de couleuvre est très abondante» on la nomme Cos^ré capelle ou Couleuvre capelle. La longueur de ce serpent est de trois à quatre pieds ; sa couleur est jaune tacheté de noir ; sa forme est la même que celle des autres verpens de Tlnde » à Texception d'une poche qui se prolonge depuis le derrière de la tête jusqu'à deux ou trois pouces le long du dos.

Cette poche est peu visible lorsque le serpent rampe ou qu'il est dans un état de tranquillité ; maiâ aussitôt qu'il est mu par la colère ou par la joie, elle se gonfle en s'étendant de chaque côté de la tête de l'animal ; elle présente alors une surface platte sur laquelle est dessinée une paire de lunettes noires^ sur un fond jaune chamois. »

ic La tête du reptile semble sortir de la partie supérieure de celte poche , et elle se porte en avant horizontalement. »

« La qualité qui distingue le plus ce ser^ peut de tontes les autres espèces connues^ est.

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son amour pour la musique ; cela est tellement incontestiible^ qu'on ne manque jamais de le prendre dès qu*on s'est assuré du lieu de sa retraite. Les Indiens qui font métier de les faire voir sont aussi ceux qui les attrapent. J'ai été souvent témoin de cette chasse^ et 9. entre autres^ une fois chez le gouverneur de Pondichéry. Pendant le diner , on vint nous avertir qu'on avait vu entrer dans le caveau une grosse couleuvre capelle : les or* dres furent donnés pour faire venir un chercheur de couleuvres , et nous nous rendîmes avec lui au caveau. Après avoir examiné l'endroit pour s'assurer du lieu oh le serpent pouvait être caché , le Malabare s'assit sur SCS talons 9 et commença à jouer d'un petit instrument^ semblahlc y quant à la forme , à un chalumeau ^ mais rendant un son aigu comme la cornemuse. A peine une minute* était écoulée y que nous vîmes sortir de dessous une natte ou un emballage ^ une couleuvre d'environ trois pieds de long^ qui se promena à une petite distance de l'homme , en soulevant la partie supérieure du corps, et en étendant la poche dont j'ai parlé , indice évident du plaisir que ressentait l'animal. »

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LA FEMfVifE DU MALABABE

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il Lorsque nous eûmes assez examiné ce manège 9 nous fîmes signe au Malabare qui y saisissant le $erpent par rextrémité de sa queue 9 le leva rapidement^ et le porta ainsi dans un vestibule où un panier vide attendait le reptile. »

a Avant de l'admettre dans la troupe des danseurs , car il était destiné à le devenir comme presque toutes les couleuvres capclles que Ton attrape , il fallait lui ôter le moyen de faire du mal; pour cela, on le mit à terre eu liberté , puis on Tagaca en le frappant avec un morceau de drap rouge attaché au bout d'un bâton, jusqu'à ce que Tanimal impatiente y sauta sur le drap , qu'on secoua alors avec tant de force, qu'on finit par lui arracher les dents. Cela fait, on le prit de nouveau par la queue , et on le remit dans le panier. »

« Ces paniers, que les Indiens portent gé« néralement au nombre de six , sont ronds et plats ; on les porte sur des plateaux sus* pendus en forme de balances ; le bois au* quel ils sont attachés, se porte placé. en travers sur les épaules. » ( Voyez la figure , planche 6).

« Lorsque les Malabares mettent les covrâ

capelles en spectacle , ils commencent par ranger les paniers en demi-cercle devant eux^ et ils en font sortir les serpens les uns après les autres. Au son de Tinstrument le serpent se redresse , et se reposant sur à-peu-près le tiers de sa longueur , il étend la poche décrite > et suit avec le corps le balancement^ dont le mouvement lui est donné ^ avec le genoux^ par la personne qui joue de Tinstrunient. Avant de terminer ^ il est d* usage de faire caresser cet instrument par la couleu* vre ; ce qui s'obtient en filant un son , et en avançant l'instrument vers Tauimal qui ^ de son coté , pose sa tête sur une calebasse dans laquelle le chalumeau est passé. Après cette cérémonie^ les serpens sont remis dans leurs paniers et emportés. »

m La nourriture ordinaire de ces animaux est un œuf dur par jour. »

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