EMPLOI DU ZODIAQUE POUR FIXER L'AGE DÛ MONDE
Les Egyptiens avaient fait le zodiaque dé*posi taire de l'âge du monde; cet âge était ûxé par le soleil de justice, le soleil Messie ,
-)io le Verbe j le BAR > la parade de Dieu. , placé
dans le signe de la Balance , appelée de son
mro nom .MeSsiE. Ce signe ^ qui appartient à
réquinoxe du printemps , ouvrit Tannée de
la création.
C*ést parcequ'on n'a pas connu ce fait im« portant^ qu'on a donné au zodiaque plus de quinze mille ans d'antiquité. •
L'année de la création était censée avoir commencé le !ào Mars sous le signe de la Balance. Dans cette supposition ^ le moi^ nommé Epifi , répondait au 3o Juin et ai:^ solstice d'été. Le premier des mois égyptiens Veo.. ûh.'m, j. était celui nommé* 7%o//ij commençant le ao
66, Hit.enparlant . * - ^ • i it
de THermèa i^gjp. Aout. Lcs Egyptieus Ont pu ^ daus d autres tu Thojih appei' circoustanccs > commencer 1 année par Epifi;
iant : toaemquê no» • «-i ./• ■■ i • • § • # #
mitts anni primut mais Epiji , dans Ic prmcipe^ n avait pas été eatmr, OU n était pss ceusé avoir été le premier
nomment encore tuois dc lanuée , puisquc 1 auuée de la créanom «THermès^ lé ^îou ajaut commcucé au ao Mars , ce devait £TJnn/e!' ™" étve Phaimuthi. Et, en effet, ce mot Pha-
RMuTh ou Pha-RaMaTz^ le-RaMaDz^an, désignait le rétablissement des choses aupamvont incinérées , mêlées et confuses ; leur dé* brouillemeht » F origine , la racine, le commen* cernent des choses. Pour supposer un autre ordre primitif, il a fallu donner aii mot Pajrni,
CaeeroB, AjMf.
Vovs
( i47 ) nom du douzième mois , en supposant Epili
le premier^ une signification qu'il ne peut
avoir j et abandonner celle qui lui est nata*
relie. On lui a fait signifier^/z de l'année , par«
cequ*en arabe^ Fajrne on Fenne ( PheNeHt )^
signifie fin du siècle , du temps. Le hasard a
d'ailleurs voulu que dans les Dictionnaires |
copiés la plupart les uns des autres ^ le nom
du chevreau ^ Hebebjr ou Hebeab , fut rendu
par ces mots Dux gfvgis ; et on en a conclu
qu'Epifi ouvrait Tannée ^ et que le chevreau
zodiacal , auquel ce mois répond , était le
chef des signes du zodiaque.
Je ne prétends entrer dans aucune dis* cussion astronomique ^ parceque Tastrono»
mie m'est entièrement étrangère; mais je demanderai pourquoi , si le mot Payni ou Phajni . répond au Sagittaire > il ne désignerait pas la destruction , la mort , faire périr ^ détruire , au lieu de fin du temps y fin du siè^ de ; et encore faudrait«il que , par fin du temps , on pût entendre la fin de F année, ce qui ne peut être > puisque le mot PhIN ou PhlNI porte le sens de la décrépitude qui résulte d'une longue suite d'année , d'un siècle d'existence.
Avec la signification que j'indique^ et que
"^ vK*
( «48 ) je crois la seule vraie ^ Phajni rendrait^ d'ant
manière simple et naturelle , le sens hiéroglyphique du Sagittaire; il désignerait les maladies pestilentielles qui ont lieu en Egypte à répoque où ce mois se trouvait placé ; maladies dont le hiéroglyphe était lajlèche. Le nom arabe de la (lèche , NeBeL ^ vient de PfeBeL qui ^ en hébreu et en chaldaïque ^ signifie périr par T effet de la chaleur ou de Fintempérie de la saison, et qui désigne les cadavres des hommes et des animaux morts de cette manière (i).
^ îjJJ Le nom arabe du Sagittaire QYS, syrîaiT^ ^ que QySTA » vient de QyS , lequel marque
i"B^*^ la dureté, la cruauté , la violence j affliger, violenter. Enfin , au lieu de faire venir le mot égyptien Payni de Tarabe Phajrne ou Phenne , pourquoi ne serait-il pas plutôt composé de Tarticle égyptien P ou Ph ^ et de NI, IN Y, ravager, opprimer, détruire? de sorte que Payni ou Phayni serait littéralement celui qui opprime , détruit ; V oppresseur y le destructeur. On peut bien chercher dans l'Arabe des dérivés de la langue égyp-
" (i) Les Perses nomment le Sagittaire, VArc\ les In* diens, la Flèche.
tienne ; mais je ne pense pas qu'on puisse considérer des mots égyptiens comme dérivés de la langue arabe (i).
Le nonr du Taureau , Aleph , le premier dans Tordre des signes du zodiaque alphabétique , comme dans Tordre des lettres de Talphabeth^ signifie le premier j celui qui va datant, le chef, le conducteur; celui qui commence après le nombre mille , qui soient le millième , ou qui date d'environ la millième année.
(i) L'article Ph, deyant INI, donne T^tymologie du mot FIN , FINIR. Cet article , prononce P devant EINE (pvëtërit Hiphil d'INE ] ^ forme notre mot Peine, affliction et dureté de trayail. Le grec icz^va, PENIA , pttu 4 vrtié, misère; le latin P^NA,
Ph-AINI ou Ph-INI , devenu le nom du destructeur ,
de l'oppresseiur, a forme Tarabe PhENI, qui désigne la
destruction, la mort; le temps qui C amène ; le temps de
finir ^ de mourir; la fin du temps \ la caducité , la vieil»
lesse.
Gomme cette mort était figurée par des traits remarquables sous le double rapport , et de la pointe qui les termine , et des plumes qui sont k leur partie postérieure , le mot PËN ou Ph£N, ^9, a signifié pointe , angle, sommet , et penne , plume d'oiseau.
INI ou AINI, sans article, a fait le grec AIN-oct wleni, désastreux; l'hébreu AIN , \^M, rien, néant.
Il Signifie aussi vaisseau , barque j et dans le zodiaque égyptien , on trouve le Taureau sur une barque. ( Voy. pi. 7 > fig. 3 ).
11 désigne la science^ la doctrine (i).
Ce nom pourrait servir à .fixer Tâge da zodiaque beaucoup mieux que n'aurait pu le faire le mot Pajrni, lors même qu'on tronverait dans les significations de ce mot celle Aejin de Vannée.
En effet ;
Alepb est le nom du taureau zodiacal , et ce nom ^ ou vient de le voir ^ signifie être le premier , marcher devemt , conduire ;
Il est placé en tête de l'instruction astronomique ; et si nous l'analysions » nous ver-
(i) KoUj en chinois, signifie ancien , doctrine dei anciens^ et Taureau et Bélier; le premier et le dernier des signes du zodiaque. Dans Tordre des signes, chez les Orientaux, le Taureau et le Bélier sont en effet placés k la tête des autres ; car ib yache,Yîikow , ou la mugiséoniej GOE , Txyx y n'a fait que céder la première place k la Souris , dont le nom MOU ou MOUS , comme en latin est aussi le nom de la Fâche ou du Taureau , Mou , en chinois ; dans l'hébreu et dans l'arabe PaR ou PhaR, Souris y désigne aussi le jeune Taureau. Le changement d'ordre qui paraît ici indique donc l'ordre primitif, car la souris n'a passé k la tête des signes que parce qu'elle portait le non du jeune Taureau , du premier T^uureau,
( i5i ) rions qu'il signifie première instruction^ pre^ mier enseignement , parceque chaque signe offre une instruction particulière.
En se référant à la chronologie mosaïque »
le mot Aleph marquerait même la date de l'invention de l'astronomie* Ceci n'est pas plus extraordinaire que de déduire cette date de la signification du mot Pajrni et de la présence du disque solaire dans le signe de la balance ^ îorsqu'oni ne peut pas même interpréter un seul des signes hiéroglyphiques qui devraient nous expliquer pourquoi ce disque se trouve là.
J'ai donné des preuves assez fortes et asser multipliées de la ressemblance qui existe entre les symboles hébraïques et les symboles égyptiens ; je n'ai pas besoin de rappeler que le nom de Seth était célèbre chez lés Egyptiens f que l'étoile caniculaire l'étoile d'Her* mes le même que Seth portait en Egypte le nom de Seth-os y on comprendra sans peine que cette terminaison OS n'est point une finale grecque ; on a vu qu'OS (3.* Frag. ^ pag. 85 ) désignait une étoile , une constella-tion lumineuse. SeTh-OS , est donc Vétàïle lumineuse de Seth.
Le lecteur sait encore que dans tout l'Orient
(i5a) on attribuait k ce même Hermès ^ & ce même Seth , l'invention de Tastronomie.
Or^ les livres Âmbriques ou Hébraïques > dépositaires de la sainte doctrine , de la science desanciens^ livres dans lesquels Moïse prit les matériaux dont il composa la Genèse j attribuaient & Setb Tinvention de l'astronomie.
Setb^ suivant les traditions bébraïqurs^moa* rut versTandu Monde actuel 104^ ; si Ton suppose que Seth découvrit les lois astronomie ques environ ^o ans avant sa mort, cette découverte aura eu lieu vers Tan 1000 du Monde , à cette époque le soleil allait ouvrir Tannée, en entrant dans le signe du Taureau > comment se fait-il donc que le nom du Tau* reau Aleph veuille dire celui qui est le nUl^ lième , qui arrive le premier après le nombre mille?
Mais si le Taureau fut le premier des signes du zodiaque , le Bélier dut être le der* nier. Gomment se fait*il encore que son nom
\\V GYN, qu'on prononce AIN , marque en eflFet le temps fixe , déterminé , le temps qui finit ^ qui termine , après lequel il vlj a rien
^ ( AIN , rien ).
Recourons aux monumens et prenons le plus ancien.
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~3LÂn'tt»' ^f
Dans le zodiaque d'Esné (1)3 le soleil s'écUp" sant ou venant (Tétre éclipsé ^ est placé sur le signe du Taureau et sur celui du Bélier; la position de ces signes annonce assez le corn* mencement et la fin de Tannée.
Le Taureau qui la commence est au passé, marche vers le passé i le Bélier qui la finit y est au contraire au futur ou tourné vers le futur. ( Voy. :j."*' Fragment ) j le repos dans lequel il se trouve j désigne évidemment la fin y ici la fin de Tannée.
Ce n'est pas tout. Entre ces deux signes est le serpent ailé , empruntant le nom ^ la tête et les ailes de Tépervier NeZ. Sous cette dénomination qui résulte de ses attributs y il est (3.™ Frag. , pag. 86 ) , le symbole de la lumière sjrdéralcy cel^i de V origine; de Vorigine de la nature ; il marque V époque ancienne y le point de départ; le point où les choses fxunenées à leurs principes et se résolvant en elles-mêmes y recommencent à être ; l'époque où la nature se renouvelle y réparait en germe i le printemps.
Le disque solaire y placé dans ce zodiaque sur le Taurçau et le Bélier^ n'est pas celui
(1) Planche 7 , Fig. 4»
du soleil ^ voiiurant avec lui comme dans un tabernacle ^ dans un pavillon y le réorganisateur y Menés , le Messie ; l'Em^ojê qui doit éclairer Vunis^ers ; le yerbe qui doit/aire jaillir la lumière : c'est le soleil ramené au point de son départ où se trouve AIN^ le néant.
C'est le soleil ramené à son principe j prêt à se résoher en lui-même j prêt à rentrer dans les ténèbres et en sortant à F instant : mourant et renaissant de lui-même comme le Phœnix,
iiV-a ^^^^ ^^ ^^™ ^^^ Ph-OirN f le temps fixe , déterminé. C'est le soleil finissant et recommençant sa course à ce temps fixe ; s'éclipsant^ en quelque sorte ^ pour la finir ^ et sortant au même instant des ténèbres pour la recommencer. Ce n*est donc pas le disque solaire pur;
mais le disque solaire contenu j caché à la terre par le contenant.
KJ
( '55 ) et formant avec lui ce hiéroglyphe ,
dont la transcription alphabétique donne le mot
OB qui marque Y obscurcissement solaire , c'est-à-dii^e ^ V éclipse de la lumière du soleil ( celle aussi de la lune )j la lumière du soleil cachée par les nuages (i ).
Si je devais traiter à fond des hiéroglyphes ^ je recueillerais tous les monumens qui prou-
(i) Voy. Int. , pag. xxxjx. Dans le sens moral, c'est la sagesse cachée aux profanes , ne se manifestant point encore par la rosëe, par les gouttes de pluie. C'est la sagesse entourant le disque du ciel , et qui pleut la science et Tintelligence. « &fficT}p>7)v xat ^vcûotv tfuvstfcoc 8^«»* t&Spttfsy 7) 90fia. iB Scientiam et cogm'tionem irUelUclûs dùtiUavit sapientia.
vent que rinyeDtion du zodiaqne date de répoque fixée par le nom du Taureau; mais je le répète > et je prie le lecteur de ne pas Foublier; je ne fais que proposer Texamen d'un nouveau moyen à employer pour parvenir à interpréter les hiéroglyphes. Ce sera donc assez ^ pour atteindre ce but^ de citer encore un seul de ces monumens. ( Voyez planche 7 , fig. 3 ). Je le prends dans le recueil d'antiquités publié par le comte de Gaylus.
Ce monument représente un faisceau de papyrus > prenant la forme d'une barque , une des formes signifiées par le mot Aleph. Sur ce faisceau sont placés y à droite et regardant le passé , Horus ou le Soleil ; la lu* mière solaire , AUR ; le Soleil naissant ^ le So^ leil à son AUR-ORe, sortant du sein des eaux ( de V infini j de respace), comme la tige de Lotus sur laquelle il est assis. A gauche et tourné vers l'orient , c'est-à-dire , regardant l'avenir , un cynocéphale debout et ayant les mains élevées. Ce faisceau est terminé du côté du soleil par le signe du Taureau , au passé; et de l'autre côté, où se trouve le cynocéphale, par celui du Bélier, au futur. Au reste , je n'insiste point sur ces distinctions
( -57) du passé et du futur , parceque j'ignore si le
graveur a rendu le sujet dans le sens même
de Toriginal.
Le faisceau de Papyrus^ dans les hiéroglyphes , désignait les temps anciens , les temps primitifs, ce qui est très ancien. Cette signification nous a été transmise par Horapollon ^ et Ton en trouve la trace dans la langue hébraïque. ALiM y désigne un faisceau ^ et D^M tient à OLiM ou ALiM de la même langue^ et dSv qui signifie autrefois , le temps caché j le prC'mier temps ^ celui de la jeunesse; V enfance du temps j le premier âge du monde. Cette signification y rapprochée du premier et du der- Dier signe zodiacal y ne peut indiquer que Vaniiée ancienne j lorsque le soleil l'ouvrait par le signe du Taureau , et la fermait par celui du Bélier.
Si l'on veut connaître le sujet de ce petit monument , il suffira de remarquer que le cynocéphale^ d'après l'explication donnée par Horapollon y désigne la lune et sa conjonction as^ec le soleil, etéfue le cjrnocéphale porte ici le sjrmbole de la lumière éclipsée.
Que dehout et les mains levées au ciel y comme dans ce monument y il marque le lever de la lune.
En sorte que ce tahleau hiéroglyphique
< «58 ) est relatif à une conjonction de la lune avec le soleil j laquelle eut lieu le matin au lever du soleil ; et lorsque cet astre ouvrait F année en entrant dans le signe du Taureau , ce qui est Vannée ancienne.
Si les Égyptiens avaient cra sincèrement k cette antiquité de quinze mille ans que leur attribuaient 9 en apparence^ certains zodiaques, et dont ils se flattaient devant les pro* fanes et les étrangers , l'auteur de ce monument y ou plutôt Tauteur du dessin primitif dont ce monument n'est qu'un extrait et la copie, aurait-il donné à l'année qui s*y trouve signifiée Tépithète de très ancienne, et employé y pour l'exprimer , un hiéroglyphe qui rappelle le souvenir d*une époque cachée ?
époque qui est celle oh les hommes, encore dans l'ignorance, ne connaissaient pas même, disait-on j les premières découvertes de l'agriculture , et se trouvaient réduits à chercher leur nourriture dans la racine de quelques plantes, et particulièrement en Egypte dans celle du papyrus ; ce qui les fit nommer Pu* pjrrophages (i).
(i) Le nom de cette racine est en ard>e , rVaBeCh , de n^JI 9 NaBE , yous remarquerez que ce nom est celui des Nabi , des Prophètes , des Sages.
Les Égyptiens distinguaient plusieurs créations ou plusieurs émissions du Vethe ^ de la Parole; du Silé, de VEtwojé, du Messie; du Messie envojré pour éclairer le monde et renous^eler la face de la ten^. Le texte de Moïse le prouve. On sait que le mot BaR A , créer, de la Genèse y ne peut ^ de même que le Ktizein des 70 et le creare de la Yulgate^ se xtit^siv restreindre à cette signification particulière de produire quelque chose de rien. ( Voyez le Dict. de Leigh ).
Les Egyptiens faisaient symboliquement sortir le monde de Voetifàe Cneph; j'en ai parlé avec assez de détails dans le troisième Fragment. Cet œiifse nommait BaR du nom même de la création; il procédait de la bouche de Cneph; il était son fils , son verbe , sa pa^ rôle; sa parxyle lumineuse éclairant le monde ; c*est la signification du mot BAR : ainsi par^ 1er c'était créer; et lorsque Moïse , dans le premier chapitre de la Genèse ^ répète h chaque nouvelle création et Dieu dit j cela veut dire et Dieu créa.
Or 9 ces mêmes Egyptiens plaçaient lapre* mière création , la première émission du Verbe au départ des splières dans le signe de la Balance. Voilà le fait et la cause de Terreur ou
( «6o) sont tombés Dupuis et les astronomes moder* nés qui i*ont suivi. Certes^ il est bien extraordinaire que ceux qui se sont appuyés de la présence du disque solaire (je devrais dire du pavillon de SiLE ) , dans le signe de la Balance^ pour attribuer au zodiaque plus de quinze mille ans d'antiquité ^ malgré le vide affreux dans lequel ils se plongent , pour en suivre l'existence et en expliquer la conservation dans une succession de plus de neuf mille ans ^ il est bien extraordinaire ^ dis-je ^ qu'ils n'aient pas vu que le zodiaque^ cbez les anciens ^ n'était pas seulement le tableau de la marche annuelle du soleil ^ mais encore le monument historique de la marche de cet astre ^ depuis Tépoque où Ton plaçait la création du monde et le débrouillement du cahos.
Les savans qui font leur étude de l'histoire de l'astronomie , devaient plus que personne pressentir l'existence de ce fait^ d'ailleurs facile à déduire de certaines traditions. Le passage suivant y extrait du mémoire de M.
Dupuis 9 imprimé à la suite du traité d'astronomie par Lalande^ devait mettre sur la voie, ic Les Egyptiens ^ dit l'auteur ^ faisaient » commencer l'univers à la Balance ^ et fain saicnt partir de ce point toutes les sphères.
(i6i) » Les Perses fixaient la création de toutes » choses au départ des sphères au Taureau.
» Le Scoliaste de Ptolémée lui-même distin* » gue plusieurs créations^ et^ entre autres^ » la primitive j celle qu'Esculape disait avoir n eu lieu sous la Balance » .
On n'a pas oublié qu'AS-GLEPI , Esculape , V homme à tête de chien , est Hermès > l'inventeur de l'astronomie. Or^ cet Hermès > le même que Seth ^ avait existé avant le dé« luge y et la division du zodiaque en 36o parties ou degrés^ est conforme à celle que l'année avait alors ; voyez*en la preuve dans l'histoire du Calendrier par Court de Gébelin.
Gomme ce zodiaque était censé dater du jour même de la création ^ Tidée se conserva long-temps que le monde avait com* mencé le jour correspondant à celui qui ou»
vre l'année.
Pour maintenir cette tradition^ on l'exprimait symboliquement par des œufs coloriés qu'on se donnait en cadeau le premier jour de Tan. Hœuf, on vient de le voir et on l'avait vu encore précédemment y désignait la création j et il en portait le nom. La couleur dont on le peignait^ était celle de la lumière^ du calorique nommé AUR , feu et lumière , y\^
( i62 ) par Moïse y dans le célèhre Jîat lux ; et re* marquez que cet écrivain sacré , éleyé dans la science secrète de l'Egypte ^ ayant à représenter la masse inerte de l'univers > le Tohu^ Bohuj le vide de la nature avant le renouvellement des êtres animés et organisés y fait allusion au symbole de Vœufy en disant que cette masse éudt couvée ( c'est l'expression même dont il se sert )^ par le souffle de Dieu; par V esprit , la chaleur vis^ijiante de Dieu.
Les prêtres égyptiens qui^ du temps d'Hérodote^ attribuaient à leur monarchie , lorsqu'ils parlaient aux étrangers , une antiquité de près de douze mille ans^ interprétaient le zodiaque comme l'ont interprété les astronomes modernes ; jaloux de leur science y ils en gardaient la véritable interprétation y et ne la communiquaient que dans les mystères. Il leur était d'autant plus facile d'en imposer y même sans recourir au zodiaque y que y dans le principe 9 ils avaient eu des années de qua* tre et même d'un seul mois (i).
(i) Âi^uiCTioi^ $e (iiQviaioc t)v o svtauTOç, eixa xeTps-
.Xgypdîs menstruus annus/uit; mox quadrimestris , utjerunl,
Platarclii Numa.
Lorsque la division de Tannée dut être changée , les Égyptiens inventèrent de nouveaux zodiaques nommés Tables astronomi'ques j et qui marquaient exactement les révolutions des planètes 9 le lever et le coucher des étoiles ; tel fut le cercle d'or d*Osymandias ou ISO-M ANDES.
Je borne ici tout ce qu'il était nécessaire de dire sur Fexistence d'un alphabeth zo« diacal dans Talphabeth de la langue hébraïque > et sur Tusage qu'on a fait de ce zo*diaque pour fixer l'âge du monde. Je crois être fondé ^ par l'alphabeth zodiacal ^ à n'attribuer au zodiaque que quarante-cinq ou quarante-huit siècles au plus d'existence; et par l'usage qu'on a fait du zodiaque ^ je pense avoir expliqué la cause de l'erreur^ qui a pu faire croire que ce zodiaque avait plus de quinze mille ans d'antiquité. Il ne me reste plus qu'à reproduire, dans leur ordre, les caractères de cet alphabeth véritablement primitif. Le voici :
I • N , A , Aleph y le Taureau j le Bœuf.
a. n> E, Eth, les deux Êtres , les Gé^
meaux.
lO.
la.
( i64 ) 3. 1> Y, Yy, fe^ Serres^ les Pinces de
VÉcrevisse.
Lamed ou Lis ^ le lion.
Beth , la Vierge.
Caph 9 les Bassins de Balance.
Zain ^ /e Z7a/%/ £^a Scorpion.
Guimel , /a Flèche extemii-
natrice , le Sagittaire.
Tau , le Cheifreau , /' Orjrx.
Mîm^ les Eaux y le Verseau.
Nuu , les Poissons, Ojn, le Bélier.
On remarquera y sans doute ^ que le premier et le deinier de ces signes ont été lès symboles de la Divinité ; que ces signes sont ici désignés par les lettres A et O ; que chez les anciens Dieu était le commencement et la fin ; le pf^enUer et le dernier; que les Chrétiens conservèrent cette définition ; -qu'elle existe dans r Apocalypse^ où Ton fait dire à Dieu qu'il est l'Alpha et l'Oméga. On se rappelera que l'on gravait ces deux lettres sur les monumens des premiers Chrétiens; mais ce qui ne sera pas moins digne d'attention ^ c'est que les expressions de St. Jean qui ^ en apparence y font allusion à l'ordre des lettres de
ALPHABET ZOMACAL,.
(,65) ralphabeth grec ^ sont évidemment la trace du souvenir de cet antique alphabeth zodiacal où les lettres A O sont les caractères des deux grands symboles de la Divinité , tandis que y dans Talpbabeth grec^ ces deux lettres n'ont aucune signification (i).
Fin du quatrième feagmekt.
(i) JEAN , rëyangeliste , portant le nom de Tlnitiateur aux mystères d'Hermès et k ceux dlSO, JOÂNNÈS , a passe y aux yeux de quelques philosophes , pour un initië aux plus secrets mystères de l'Egypte. Le début de son Evangile et son Apocalypse favorisent cette opinion que l'Eglise semble même avoir respecte, en laissant en^ trevoir , dans une prose ancienne , qu'il avait eu le prétendu secret de faire des diamans et même de l'or ; expression symbolique qui , prise k la lettre , a causé la ruine de plusieurs adeptes. Voici cette prose, dont Adam de St. Victor qui vivait au la.* siècle , est l'auteur :
Cam g^mmamm partes fractat SolidaMet , bas distinctas
Tribuit panperibuf.
Inezhauttam fert thefanram , 'Qoi de yirgia fecit aurum Gemmas de lapidibus.
Vincent de Beauvais a dit la même chose , Jn speculo naturaU.
Voyez Hist. de la philos, heimét , tom. i , pag. lo.