CINQUIÈME
FRAGMENT
ÉTYMOLOGIE HIEROGLYPHIQUE
DES LETTRES B ET T > EN HÉBREU 3> Jl> O (l}>
^, enhébreu^ signifie dans, en, au, auec, etc. Ces significations proviennent du hiéroglyphe dont cette lettre est la transcription , et elles font pressentir la forme de ce hiéroglyphe.
Il 3 Le nom grammatical de cette lettre BeT»
est celui de Vha^BIT-ation ^ de la maison. Le miot BT est composé de deux lettres qui ont à peu près la même étymologie hiéroglyphi* que ; il en résulte que B ^ 3 ^ quoique seul ^ indique un objet ajant la capacité nécessaire pour en contenir un autre.
(i) L'ëlymologie hiéroglyphique des lettres de l'alphabeth deTaitétre le sujet d'un fragment assez considërable ; mais j'ai cru devoir me borner k ce qui est relatif aux lettres B et T^ afin d'éclaircir ce que j'ai dit du Tohu Bohu, pag. 75 et 82.
Pour exprimer cette faculté de contenir inhérente à tel objet , on s'est servi de la forme même du contenant par excellence à l'égard de Thomme^ c'est*à-dire > de celle de maison o& il est contenu.
Ainsi ^ ce hiéroglyphe ^^
rs
qui représente une habitation égyptienne y a donné > par l'effet d'un renversement qui a lieu dans la plupart des lettres de Talpha* beth hébreu^ ce caractère (i)
d'oui vient ^J] en hébreu , et le hiéroglyphe chinois I , Fam , qui signifie boîte , coffre.
(i) Ce renversement est facile \ concevoir. Les hiéroglyphes s'écrivaient de haut en bas , et les caractères alphabétiques de droite à gauche ou de gauche k droite horizontalement*
Dans la langue hébraïque , le hiéroglyphe a été renversé du câté gauche , parceque les mots y sont tracés de droite à gauche à rorientale.
Quand il a fallu tirer de ce signe le carac* tère usité dans les langues occidentales , oa Ta renversé au contraire de gauche à droite.
L'étymologie hiéroglyphique de la lettre B , est aussi facile à reconnaître que celle du JBeth ^ 3 ^ hébreu^ puisque le hiéroglyphe de rhahitation était plus exactement encore représenté de cette manière :
ra •
lequel , renversé à Toccidentale » donnait
raux à droite.
en arrondissant les traits laté»
Bans Pétliiopien , le B , |] , a conseiTé
la position du hiéroglyptie » et s* est seulement arrondi à la partie supérieure.
De Be désignant une maison ^ sont tenus les mots BeT ou BaT , maison , BePIE ^ BaT-«>, M i n» édifier, et beaucoup d'autres.
De Be vint aussi régypticn Bar-is^ un Bat* eaUj une Bar-que considérés comme Tha-bitatioii maritime et mobile de Thomme. Ce mot Bar-iV.n^a pas été conservé dans ce qui nous reste de la langue hébraïque ; mais on retrouve un de ses dérivés dans le mot PaR-iS ^ trtt qui signifie chenal , chevalier^ parceque le cheval était en Egypte le symbole de la na*»
vigation*
Il existe ^ entre la lettre B et la lettre T y. I^ 3 en hébreu j un rapport d'étymologie fort re« marquable , et que cependant on n'a point remarqué.
Ce rapport existe même encore dans Ta* rabe où le hiéroglyphe a été renversé totalement pour former les caractères cS dS c^
. qui ne diffèrent entre eux que par les points diacritiques^ et désignent^ le premier carac* tère^ la lettreB^ ctlesdeux autres^ lalettreTé
Lorsque les Égyptiens voulurent représenter la nature contenant en elle tous les êtres créés , ils donnèrent à ISIS ]a forme de la maison hiéroglyphique » ib la représenlèrent de cette manière :
Cette figure désignait alors le tout , la totalité, et c*est de sa simplification qu'ils formèrent la lettre Jl^ T> devenue ainsi radicale des mots qui désignent la totalité comme le hié* roglyphe.
Cet:e même lettre ^ placée à la fin dea mots , leur donna une valeur plurielle tifê^ minine^
Dans d*aotres circonstances, lorsqu'il n'était pas possible de représenter la nature embrassant ainsi la forme de rhabitatioa , comme , par exemple y dans les chapitaux symboliques, ou traçait la tête d'ISlS, et
( «7» > l'on plaçait au-dessus d'elle la maison hiéro<*
glyphique , comme on le voit ici t
La nature ainsi figurée ^ c'est-à-dire, prenant la forme de la maison , et privée des signes astronomiques qui remplissent dans les zo* diaques sa capacité intérieure , et dont elle borne, limite le nombre et retendue^ signifia nécessairement vide, néant; ce vide^ ce néant fut nommé TEOU B£OU ( ou Tohu Bohu ) , grnnd vide.
Comme ce vide occupait la partie basse de la nature j la partie baute étant occupée par
nn3 vm
OL , le très haut , le mot TET désigna ces by ms\
lieux inférieurs j et par suite f toute partie in* fêrieure^
Mais Te devint alors Tintonation par laquelle on désignait plus particulièrement la Ter-re , la Roulée , la Tour-née. Avec cette nouvelle signification^ le hiéroglyphe prenait une nouvelle forme ; Isis était alors figurée roulée en effets arrondie .sur elle-même de cette manière :
Pour rendre ce hîérop^lyphe en caractères alphabétiques» il fallait nécessairement renoncer au T , M , créer une nouvelle lettre » et lui laisser néanmoins à peu près la même intonation , puisque à cette intonation se rattachait ridée de totalité que réveillait la vue d*Isis ^ symbole de toute la nature.
(173.) La figure qu'on vient de voir forma donc , en 6e simplifiant ^ celle-ci :
qui 9 renversée dans récriture alphabétique > donna :
d'où vient le / 7 , Th , hébreu
Thêta ou ry grec. Alors le mot qui dé*
signa ce roulement sur soi-même de la nature
inférieure , ne fut plus TOUT; mais ThOUT, niQ nw
la terre limoneuse^ /angeusCj c'est-à-dire y
la terre non séparée de l'eau. L'état de la
terre avant que le Créateur eut fait paraître
le sec ou V aride ^ ne fut plus TI ou TIN ou ^^ \^ '«
TIT; maisThlouThlNouThlTh. tsna ^^3 n>
( 174 ) Les mots Teou et Beau ( Toha Boha ) ,
dont les doctes Hébraïsans sont si en peine ; dont ils n'ont pu découvrir Torigine 9 et dont ils n'ont connu que bien imparfaitement là valeur 9 dérivent évidemment des hiéroglyphes cités , et qui se trouvent sur tous les monumens astronomiques égyptiens placés
amsi :
toia
ou comme on les voit dans la gravure cljointe ( planche 9 ) ^ avec le hiéroglyphe de ThITh , la limoneuse.
Ce bas-relief est pris du portique du grand temple de Philae; je n'en entreprendrai pas Texplication. Les détails dans lesquels il m'a fallu entrer pour bien faire connaître le bas*relief de l'initiation , prouvent qu'il serait impossible de le faire d'une manière 8uccinte>
T^ùzncAé 7X.
/^^yicaef-ye.
(175) j*învîte seulement le lecteur à remarquer les trois OL ou globes ailés ^ répondaat au mot ALeim de Moïse ;
Le créateur des sphères avant leur création ^ le scarabée.
L'émanation lumineuse du yerbe, le disque solaire ;
Le même Yerbe tenant la barque ^ c'est-à-
dire 9 retenant encore ^ d'un bout du monde à Tautre^ le mouvement de Tarmée du ciel (i).
3 B> dérivé directement de // U la Mai^
XVI son f donne donc au mot BEOU la significa-
4 tion de maison vide; vide, néant; de là le
^rt mot BEA , en arabe > maifon vide, le vide
^na 7^' existe dans V intérieur d'une maison. BEI^
H3 M vide 9 néant; BA > Ventrée dune chose} BeB^
cavité j enfoncement j porte , etc.
H 9 T ^ dérivé de la nature , de la grande unité embrassant la forme de la maison j marque d'abord cette unité , cette solitude ; puis ensuite la maison , un édifice , une maison , r intérieur de cette maison, une salle, un ves» tibule.
(i) Ce n'est qu'un aperçu ; l'ëtude du bas- relief pour» rait modifier quelques-unes de ces ezpUoatioDs*
( '77 ) Aa-del2i de cette partie du monde créé ^
dont la nature ainsi figurée posait les bornes et les limites ( TOU ) » les Égyptiens plaçaient V immensité^ Yinfinij Vabime; cet infini était figuré par les ondes d'une mer sans bornes et sans profondeur mesurable ; ce qu'indiquait leur prolongement extraordinaire. Ces ondulations ^ qui déjà avaient formé U lettre M et servi de racine biérogljpbique aux mots IM^ la mer y et MlM^ les eaiix, désignaient > ainsi qu'on Ta vu dans le second fragment^ Y amas, V abondance, Vimmensité; leur transcription en caractères alphabétiques^ atta* chée k tous les mots masculins de la langue hébraïque ^ fit passer Tobjet désigné par ces mots du singulier y au duel et au pluriel.
La nature » encore vide ^ t plongée dans rinfini ou l'immensité de l'espace , était donc figurée ainsi :
(«78) et fomuût oa hiéroglyphe composé de
-Vin TEOUetde
formant , dans leur rapprocfaement el par la Drm transcriptîou alphabétk{ue » les mots TE-M cnnn et TëOU-M , désignant ce qui est sans fond; une mer sans bornes ou placée ,au'detà des bornes de la nature, un abime, un gouffre immense. Or^ îl est évident que ces significations furent celles du hiéroglyphe lui-même.
C'est dans cet infini de la nature antérieur à la création , que les Égyptiens plaçaient leur système zodiacal ; ce qui indiquait asses visiblement qu*on devait rapporter l'époque primitive des révolutions solaires , marquées dans ce système ^ à celle oii Ton plaçait la
( '79 ) création da monde et la cessation du vide
dans la partie de Tespace où se trouve le monde créé.
Enfin , lorsque les Egyptiens voulaient rendre ridée de V infini de la nature j idée différente de celle de la nature dans Vinfini, ils plaçaient les ondulations hiéroglyphiques de l'infini sur la nature même ;
C'était alors la nature insondable, couverte par un abime é^eau ; la portion de la nature abimée sous les eaux ^ sous la grande abon^ dance des eaux } les cataractes du ciel.
Fin du cinquième fragment.