INTRODUCTION
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JLJzxkMES de quelqueshiëroglyphes égyptiens me donba ^ il y a environ douze ans y ridëe d'analyser la langue hëbraîque , et de comparer les ëlémens primitifs de cette langue & ceux des hiéroglyphes composes.
Cette comparaison piquait d^autant plus ma curiosité 9 que j'ëtais persuade que la langue he'braîque était , à peu de chose près , celle qu on parlait en Egypte à Tëpoque oîi , sous la conduite de Moïse , les Hel)reux en sortirent , après y avoir séjourné plus de quatre centâ ans.
Je fondais ma persuasion sur ce long séjour des Israélites en Egypte , sur la facilité avec laquelle on trouve dans Thébreu Tétymologie de la plupart des noms
égyptiens connus , enfin sur plusieurs m« ductions tirées de faits consignes dans les livres de Moïse et autres. J'imaginais, en outre, qu'Hermès ou Thaut, qui le premier recueillit les mots de 4e langue parlée , et qui inventa un grand nombre de mots nouveaux, n'avait pu inventer ceuxci, qu'en transcrivant les hiéroglyphes en caractères alphabétiques. C'est ainsi qu'en Chine , où les hiéroglyphes sont usitës comme ils le furent en Egypte , et oh le nombre de ces caractères passe quatrevingt mille , tandis que celui des mots n'excède pas trois cent quarante , un nouvel Hermès ou Thaut pourrait facilement,^ l'aide de tant de caractères, créer un grand nombre de mots nouveaux et syllabiques.
Mais avant d'entreprendre un travail base sur une simple hypothèse , il était im^portant de rcflëchir h cette question : La pensée peut-elle exister sans expressions pour la rendre ? Plusieurs écrivains dont le mérite semblait devoir entralper l'assentiment de quiconque veut s'occuper de
rânalyse du langage , s'étaient prononces d'uoe manière négative. Il était évident que d'après leur opinion , il fallait établir en principe , que chaque hiéroglyphe était f à Fépoque de son invention , le signe con^ venu d'un mot reçu et employé dans le langage. Alors je devais renoncer au sys-* tème de transcription en caractères alpha* bélhiques; et chaque hiéroglyphe , malgré le nombre reconnaissable de ses élément primitifs, devait être considéré comme un caractère simple.
Ces philologues avaient dit : La pensée chez rhomme est entièrement liée à la pa« rôle; rhomme ne pense que parcequit parle; il n a de pensées qaautant qu'il trouve des expressions pour les rendre , et les peuples dont la langue est la plus riche en expressions , sont également ceux qut doivent avoir le plus de pensées.
Ce raisonnement m'aurait paru juste , si l'expr^sion de la pensée ne pouvait exisr ter que par la parole ; mais on parle aux yeux comme à Touïe. Les^Cbinois out uoe langue des yeux et une langue de l'ouïe :
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. or 9 cette dernière n*a ^ comme je viens de le dire, que trois cent vingt ou trois cent quarante mots environ, tandis que Fautre en compte au moins quatre-vingt mille.
Ceux-ci renferment souvent, dans leur composition , un sens que Ton peut regar-* der comme l'analyse et Texpresslon figu« rëe d'une ou même de plusieurs pensées.
Voilà donc une pensée , plusieurs pensées qui existent sans paroles qui les expriment , et qui ont existé sans caractères qui les peignissent. Enfin, on se plaint tous les jours de la pauvreté du langage ; mais pour sentir la pauvreté d'une langue , il faut avoir des idées et des pensées que cette langue ne puisse exprimer.
Bons ou mauvais , ces ralsonnemens me décidèrent, et je cherchai le moyen de transcription dont Hermès , ou celui qui porte ce nom , pfiit faire usage. La manière dont Court de Gébelin explique le pas* sage de lecriture hiéroglyphique à récriture alphabétique , me parut un trait de lumière.
Ce savant étymologisle dit, en parlant
de Tusage que les diffërens peuples firent dés hiéroglyphes , après la dispersion :
LésChaldeens donnent à ces caractères les noms des organes par lesquels on prononce les mots qu ils^ peignent , ou les noms des objets quils désignent:
Tua devient un À j Tautre un B, Vautre un E y etc. De là' seize noms ou seize mots qui constituent tous les ëlemens de Tëcriture , et qui servent à la prononcer, en disant, par exemple , Â, partout oii est la figure du chef de famille ; M , partout où est celle de la mère de famille ; N, partout oh est la figure de leur nourrisson; O, partout où est la figure de Tceil, etCé • (i)*
(i) La Taleur hiéroglyphique que Court de Géhelm «Uache aux caractères M et N, ii*est pas exacte : Il est • néanmolos vrai que M est radical dans presque tontes les langues^ pour désigner la mère. Par une sorte de contre-sens, les Géorgiens emploient le mot MAMA o6d4S!t *^ pour désigner le père. C'est DEDA qui reut dire mère» SP')^S *« Ce mot paraît aroir été choisi, k cause de DcD, TTi en hébreu le sein. Mais par un sentiment moral bien remarquable, les Géorgiens, en abandonnant la slgnlficalloD prlmitlTe do mot qui appaptlent à la mère da
L'opÎQÎon de M. de Guignes, relative aax hiéroglyphes chinois , et citée par Court de Gëbelin, vint aussi m'éclairer.
« Il faut maintenant, dit M. de Guignés , envisager les caractères chinois , Èotnme représentatifs d'un son , et comme formés de lettres alphabétiques ; mécanisme fort singulier, qu'une foule de preuves m autorise à proposer et k admettre, et qui s'applique également à récriture hiéroglyphique des Égyptiens.
Ainsi, je prends maintenant tous ces élémens d'hiéroglyphes égyptiens et chinois, comme pour autant de lettres siniples ou syllabiques. Je veux dire que la représentation , par exemple , d'un chien, répond à une syllabe qui, com-binée avec un autre hiéroglyphe, forme un mot entier. En sorte que l'écriture chinoise ou égyptienne , qui est toute hiéroglyphique , considérée sous ce nou-
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mille I l'ont remplacée par celle qui désigne la pre* miëre des Tertns , et la Tcrta pins particulièrement dna a sentiment de l'amonr maternel^ la piété, MAORI.