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Plans des pavillons et des hôpitaux

Aucun système bien arrêté ne semble avoir présidé à la construction des hôpitaux antérieurs au xix® siècle. Les conditions hygiéniques, si difficiles à réaliser, et si indispensables à des établissements destinés à contenir une agglomération de malades, étaient abandonnés aux soins exclusifs des architectes qui ne suivaient guère que leurs fantaisies artistiques.il suffit de parcourir le savant ouvrage deM. Husson, pour reconnaître, dans les nombreux plans qu’il contient des hôpitaux anciens, l’absence de toute méthode et l’ignorance des grands principes de l’hygiène hospitalière. C’est peu d’années avant la révolution française que la question des hôpitaux entra dans la voie scientifique où elle est aujourd’hui.

En 1786, une commission prise dans le sein de l’Académie des sciences fut chargée d’étudier les moyens d’obvier aux fâcheux effets de l’encombrement dans les salles de l’Hôtel-Dieu. Elle comptait parmi ses membres Tenon, Bailly^ Lavoisier, Dauhenton, La Place, Darcet, etc. C’est elle qui posa les premiers principes de l’hygiène hospitalière abandonnée jusque-là à des maçons. Vers la même époque les mémoires remarquables de Tenon (1) et de Bailly (2) firent faire de nouveanx progrès à celle science nouvelle. Puis se succédèrent de nombreuses commissions

(1) Tcuon, Mémoires sur les hôpitaux de Paris. Paris, 1788.

(2) lîailly, Extrait des regisbes de l'Académie royale des sciences, du 22 nov. 1786; Rapport des commissaires chargés, par l’Académie, de l'e.ramen d’un projet d'an nnnrel Hôtel-Dien. Paris, 1787.

médicales et administratives, des rapports, des mémoires et des discussions qui continuent encore de nos jours à émouvoir l’Académie de médecine et la Société de chirurgie.

De même que c’est nous qui avons les premiers reconnu et publié les grands principes de l’hygiène hospitalière, de même aussi c’est nous qui les premiers avons cherché à les mettre en pratique. Si nos hôpitaux laissent beaucoup à désirer sous certains rapports, si à certains points de vue ils sont inférieurs à quelques établissements hospitaliers anglais et américains, ils n’en ont pas moins le mérite d’avoir servi de modèles à tous les autres et d’avoir ouvert la voie du progrès dans laquelle on est entré. Nous les jugeons du reste plus sévèrement que les étrangers; nous ne nous rendons pas justice; c’est chose étrange, car il n’est pas fréquent de nous voir mécontents de nous-mêmes; c’est là notre moindre défaut. 11 nous rendra service, s’il nous pousse à mieux faire.

C’est le système des pavillons séparés qui est le plus généralement adopté de nos jours. Il réunit aux qualités hygiéniques des petits hôpitaux, les avantages économiques et administratifs des grands. Il est accepté en Angleterre et en Amérique, et nous trouverons dans ces deux pays d’intéressants exemples à étudier et d’ingénieuses dispositions qu’à notre tour nous pourrons imiter ; car il est remarquable que les Anglais, et surtout les Américains, soient allés plus loin que nous dans la réforme où nous les avons précédés.

Il nous a été donné de visiter plusieurs grands hôpitaux allemands. Ils présentent souvent d’heureuses dispositions intérieures qui mériteraient d’être imitées, mais en général ils sont inférieurs aux nôtres. C’est l’avis de Hammond (1),

(1) Hummoncl, Hygiene with spécial référence to the military service , p. 340.

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c’est aussi l’avis de miss Florance Nightingale, dont l’autorité en matière d’hôpitaux est incontestable et incontestée. Ce sont, pour la plupart, de vastes constructions rectangulaires, contenant des salles adossées les unes aux autres et s’ouvrânt toutes sur un large corridor. Ces salles ne reçoivent que d’un seul côté l’air extérieur et la lumière et communiquent trop facilement les unes avec les autres. Les hôpitaux allemands nous serviront surtout comme exemples â éviter.

Nous passerons successivement en revue : 1” le plan des salles de malades 5 2" leur réunion pour former un pavillon; 3“ la disposition des pavillons pour former un hôpital.

!•* Plan des salles de malades, salles communes, cabinets. — Î1 est reconnu que les salles de malades doivent présenter des dimensions supérieures à celles des salles destinées à recevoir des gens valides. Les émanations morbides et l’impérieux besoin d’un air pur et revivifiant, sont les raisons qui nécessitent, dans l’état dé maladie, un cube d’air qui, de prime abord, semble exagéré. Il faut aussi que la surface accordée à chaque malade soit assez considérable; l’expérience a prouvé qu’on ne saurait racheter la largeur et la longueur d’une salle par Une hauteur même considérable, soit que lés différentes couches d’air ne se mélangent pas facilement, soit qüe les émanations morbides s’accumulent grâce â leur pesanteur plus grande, vers les parties voisines du sol. Il ne faut donc pas espérer remplacer les unes par les autres, les trois dimensions dont dépend le cube d’air accordé à chaque malade.

Il faut se rappeler aussi que, quelle qüe soit la largeur avec laquelle cette première condition est remplie, il est avantageux pour les malades de ne pas se trouver réunis en trop grand nombre dans une même salle. Moins ils sont nombreux, plus il est facile de leur ménager la tranquillité et le

repos, d’exercer une surveillance suffisante et d’éviter les affections nosocomiales. C’est surtout vrai pour les salles destinées à la chirurgie et à la pratique des accouchements ; ces dernières surtout ne contiendront jamais assez peu de malades. Tarnier, dans son intéressant mémoire, demande, pour les maternités, des chambres isolées ne contenant jamais qu’une femme enceinte et une nouvelle accouchée. Pour les services ordinaires, les chiffres de 50 et de ôO lits sont trop considérables. On ne peut même en accorder 30 à 32, qu’à la condition qu’un certain nombre de lits, soit 2 ou 3, resteront toujours vides et serviront de lits de rechange ; 2à est le chiffre auquel nous nous arrêtons. Il tient le juste milieu entre le nombre trop restreint (8 à 10) que nous trouvons dans les hôpitaux de Blackburn, en Angleterre, et d’Aix-la-Chapelle, dans la Prusse rhénane, et le nombre trop considérable des lits dans certaines salles du grand hôpital deMilan(190 à 60), de l’hôpital Santo-Spirito à Rome (80 à 100), et dans quelques-uns de nos hôpitaux de Paris. Les 2à lits seront disposés sur deux rangs, correspondant chacun à une rangée de fenêtres. Toute rangée intermédiaire n’est plus suffisamment aérée; elle nuit à la salubrité de la salle. On trouve encore trois et quatre rangées de lits dans les hôpitaux de Guy et de King’s College à Londres, à la Charité de Berlin, et dans quelques-uns de nos établissements hospitaliers que l’on ne saurait trop tôt démolir.

Ceci étant posé, il est facile de déterminer, d’une façon très-précise, quelles doivent être les dimensions des salles communes destinées à la médecine ou à la chirurgie. Le lit d’hôpital a en moyenne 1 mètre de large, en mettant entre chaque lit un intervalle de 1“,5, douze lits occuperont une longueur de 30 mètres; ce sera la longueur de la salle. Les lits, longs de 2 mètres, distants des murs de ü“,50 et séparés par un intervalle de 5 mètres^ 'nous donnent comme lar-

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geur de la salle lü mètres, ce qui fait une superficie de 300 mètres carrés, soit 12”, 5 carrés par lit. En prenant comme hauteur moyenne 5 mètres, nous trouvons comme cube d’air 1500 mètres eubes, soit 62"”, 5 partit. En augmentant la longueur de la salle de 7”, 5 ou de 10 mètres, on pourrait y placer 30 ou 32 lits. Ces dimensions peuvent, au premier abord, paraître exagérées, cependant elles diffèrent peu de celles des salles de Lariboisière, et le cube d’air que nous demandons par lit, n’est ni considérable ni de beaucoup supérieur à celui qui est assuré à chaque lit dans les établissements hospitaliers nouvellement construits ; c’est ce que nous montrent les chiffres suivants :

Lariboisière, cube d’air par lit :

Au rez-de-cliaussée 58m>-‘,7

Au premier étage 52“'', 6

Au deuxième étage 52“'',1

Royal Free Hospital à Londres, cube d’air par lit:

Moyenne 57“"

Ring’s College Hospital à Londres, cube d’air par lit :

Moyenne 54™, 8

Les nouvelles salles 70”,0

Dans certaines salles de Saint-Louis, le chiffre s’élève à 78 mètres cubes.

Hôpital de Blackburn, cube d’air par lit :

Moyenne 66“",4

Boston Free Hospital, cube d’air par lit :

Moyenne 62'»", 9

La moyenne des hôpitaux anglais serait, d’après Léon Lefort (voy. son mémoire, p. 30) :

Cube d’air par lit 52,0

Elle est jugée insuffisante.

Il est vrai que d’après MM. Blondel et Ser, cette moyenne est exagérée. Ils croient même pouvoir établir qu’elle ne s’élève pas à plus de i2“%7. Celle des hôpitaux les moins favorisés étant et celle des plus favorisés étant

La moyenne que nous fournissent les hôpitaux de Paris, d’après les mêmes auteurs, est de 43“'=, 7.

Tenon, dès 1788, demandait au moins 51 mètres cubes par malade. C’est le chiffre adopté à tort par l’administration de l’Assistance publique de Paris pour tous ses programn^ies nouveaux. Nous ne voulons pas faire entendre par là, qu’elle en soit restée au même point qu’avant la Révolution.

Il est évident que ce chiffre proposé par Tenon n’est pas encore suffisant. Il pouvait paraître considérable à une époque où l’encombrement était la règle dans les hôpitaux de Paris. Que si, d’un autre côté, les dimensions que nous voulons donner à nos salles d’hôpital paraissent exorbitantes eu égard au petit nombre de lits qu’elles contiennent, la dernière concession que nous consentirions à faire serait de diminuer d’un mètre leur largeur, ce qui nous donnerait comme superficie 270,mètres, soit 11“,72 par lit, et comme capacité 1350 mètres cubes, soit 56“%7 par lit. Les pavillons auraient alors la largeur de ceux de Lariboisière.

Cette salle type, dans les dimensions que nous proposons, peu différentes, nous le répétons, de celles qui sont généralement admises, a encore l’avantage de pouvoir se morceler facilement. Qu’on la coupe en deux suivant sa longueur par un couloir d’un mètre et demi à 2 mètres de large, bien ouvert et bien éclairé à ses deux extrémités; on peut diviser chacune de ses moitiés par dos cloisons transversales, en six cabinets ayant chacun une fenêtre, 5 mètres de long et 4 mètres ou 4“,25 de large, dimensions très-acceptables pour loger un malade et même deux au besoin.

Il serait possible aussi de réaliser l’idée ingénieuse et ori-

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ginaledeTarnier, pour les salles d’accouchements: d’ouvrir tous ces cabinets au dehors, surtout si la salle est au rezde-chaussée, et de remplacer toutes les portes qui donnent sur le couloir par des carreaux fixes au moyen desquels s’exercerait la surveillance des cabinets. L’isolement absolu des femmes nouvellement accouchées serait ainsi assuré pendant un laps de temps suffisant pour éviter l’affreuse mortalité qui les décime dans nos hôpitaux.

Nous pourrions nous occuper ici des dispositions à prendre pour assurer la salubrité des locaux dans lesquels on est forcé par la nécessité, d’installer des malades. Ce sont pour la plupart des bâtiments destinés au cul te, à l’industrie ou à l’agriculture, très-peu aptes au nouveau genre de services qu’ils sont appelés à rendre. Il est souvent fort difficile d’y éviter l’encombrement; c’est à cela surtout que doivent tendre tous les efforts du médecin forcé souvent, bien malgré lui, de se plier aux dures nécessités de la guerre et des épidémies. Nous renvoyons cette étude au chapitre consacré à l’aération et à la ventilation des hôpitaux. Ce sont là les seuls auxiliaires auxquels on puisse accorder quelque confiance, bien heureux si trop souvent ils ne font pas défaut.

Il est bon de rappeler ici que l’expérience a démontré qu’au lieu d’entasser des malades dans des locaux insuffisants, mieux vaut cent fois les coucher sous la tente. Pendant la sanglante guerre d’Orient, après l’expédition de la Dobrutcha, les hôpitaux de Varna étaient encombrés de cholériques, la mortalité était effrayante. L’inspecteur médical Michel Lévy créa des hôpitaux sous la tente, prévint l’encombrement, et les plus heureux résultats furent la conséquence de cette sage mesure (1).

Pendant la dernière guerre d’Amérique, les fédéraux, en

(t) Vov. son discours sur Ln salubi-ité des hôpitaux {Bulletin de l’Académie, 25 mars 1862, t. XXVII, p, 593).

face de 97 751 blessés ou malades (chiffre officiel, 13 août 1864), construisirent de nombreux hôpitaux provisoires, S’il faut ajouter foi à leurs rapports, jamais l’humapité et la philanthropie, mises aux prises avec une affreuse boucherie humaine, ne firent des efforts aussi gigantesques, On vit s’élever en quelques mois sur le théâtre de la guerre 21Û hôpitaux contenant 133 800 lits ; et la commission sanitaire réunissait et dépensait plus de âO milfipns pour aider le gouvernement à soigner ses soldats blessés,

Les salles communes de ces hôpitaux provisoires sont intéressantes à étudier; Hammond (1) nous en donne une description détaillée. C’était de longues baraques de bois parfaitement closes et bien ventilées; elles contenaient de 48 à 52 lits. Celles de l’hôpital de Point-Lookout, bâties d’après les indications de l’auteur, avaient 145 pieds de long, 25 de large, 14 de haut sur les côtés et 18 au niveau du sommet du toit qui leur servait de plafond, Elles était éclairées par 24 fenêtres et recevaient 52 malades qui jouissaient chacun de 70 pieds carrés et de 1116 pieds cubes.

Il est à remarquer que ces dimensions, très-insuffisantes pour les salles d’un hôpital permanent, deviennent admissibles, lorsqu’il s’agit d’une barraque de bois, soulevée a deux pieds au-dessus du sol, exposée au soleil et aux vents, et très-largement ventilée, Il y a aussi moins d’encombrement, eu égard à la superficie du sol occupé par le pavillon, que dans les hôpitaux où plusieurs étages viennent se superposer. A Lariboisière, par exemple, où dans chaque salle les malades ont chacun 11“%25; 102 malades sont réunis dans les trois étages du pavillon sur une surface de 385 mètres carrés, soit 3“%8 par malade, au niveau du sol.

On peut objecter à ces salles baraquées, de contenir un nombre de malades trop considérable, aussi ont-elles été visitées par la pourriture d’hôpital et l’infection purulente,

(1) Loc. cit., p. 327

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On peut désirer mieux ; mais la guerre a ses tristes nécessités et ceux qui se rappellent nos ambulances de Crimée et nos hôpitaux de Constantinople, ne se montreront pas exigeants. Du reste, aujourd’hui même, en temps de paix et dans nos grandes villes, la plupart de nos malades sont dans de plus fâcheuses conditions.

2“ Pavillon d'hôpital^ nombre d'étages occupés par des malades. — Lorsque plusieurs salles sont superposées, les supérieures sont les moins salubres, et quelles que soient la puissance etla perfection des appareils de ventilation, la mortalité y est plus grande que dans les salles inférieures. ’C’est un fait reconnu aujourd’hui, démontré par la statistique et par l’ohservation; on ne saurait discuter que l’explication qui en a été donnée : les miasmes humains ou substances volatiles délétères que développe toute agglomération d’hommes et surtout de malades, montent en suivant les courants d’air chauds qui s’établissent de bas en haut dans les bâtiments habités. 11 faut donc éviter dans la construction d’un pavillon qui doit être occupé uniquement par des salles de malades, d’élever plusieurs étages les uns au-dessus des autres.

On se contente aujourd’hui de superposer deux salles de malades, et afin d’éviter à celles qui occupent le rez-dechaussée, l’humidité et le froid du sol, on les soulève à quelques pieds de terre au moyen d’un sous-sol ou de caves voûtées où l’air peut circuler librement. Le général Morin, qui, par ses travaux, a rendu de nombreux services à l’hygiène hospitalière, a fait remarquer qu’il n’est pas nécessaire de donner au sous-sol une hauteur considérable, celui des poudrières n’a pas un mètre de haut.

Les salles du rez-de-chaussée sont très-avantageuses pour les malades, surtout pour les convalescents qui peuvent les quitter et y rentrer sans fatigue, lorsqu’ils désirent faire au dehors leurs premiers pas chancelants. Qui n’a rencontré

quelque malheureux, assis sur les marches d’un escalier d’hôpital, et reposant sur ce siège incommode ses membres qui fléchissent sous lui? Qui n’a vu tomber les amputés sur ces marches trop souvent glissantes, polies, inhospitalières? C’est au rez-de-chaussée que l’on doit de préférence mettre les services de chirurgie. Rappelons ici que c’est au rez-dechaussée que Tarnier veut placer les chambres isolées qu’il destine aux nouvelles accouchées.

Beaucoup d’hôpitaux construits dans ces derniers temps n’ont pas de second étage. Les pavillons de l’hôpital de Boston sont formés d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Il en est de même pour l’hôpital de Woolwich qui doit être terminé aujourd’hui, pour l’hôpital militaire de Malte, pour l’hôpital Saint-Louis à Paris.

Nous trouvons un étage et une seule rangée de salles à l’hôpital des Cliniques, deux étageset deux rangéesde salles à la Charité, à Cochin et à la maison d’accouchements. Tous les autres hôpitaux de Paris, sauf les nouveaux pavillons du Val-de-Grâce où nous ne trouvons que le rez-de-chaussée et le premier étage occupés par des malades, ont trois et quatre rangées de salles superposées.

Cette règle qui devrait être respectée dans la grande majorité des cas, est peut-être sujette à quelques exceptions; ainsi dans les hôpitaux militaires, où l’on reçoit indistinctement blessés, fiévreux et vénériens, il n’y aurait peut-être pas très-grand inconvénient à construire un second étage et une troisième rangée de salles, pour y loger les malades de la troisième catégorie, atteints pour la plupart d’accidents légers et capables de descendre dans les cours et dans les préaux pendant la plus grande partie de la journée. Ou pourrait aussi, dans les hôpitaux militaires où il y a des dépôts d’infirmiers , employer le second étage comme casernement. C’est là une question d’économie administrative sur laquelle nous ne croyons pas devoir nous prononcer d’une façon formelle. Mieux vaudrait certainement loger

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infirmiers et vénériens dans des bâtiments séparés : ce sont des hôtes turbulents.

Il conviendrait, peut-être, de faire la meme exception pour la plupart des hôpitaux de province qui sont en même temps des hospices. Ici le même inconvénient ne serait plus à craindre, et le second étage pourrait former une troisième rangée de salles pour les infirmes et les vieillards ; on les loge bien souvent plus haut. Pe même aussi, dans certains petits hôpitaux, ne comportant qu’un seul pavillon, le second étage pourrait servir de magasins, le rez-de-chaussée et le premier étage étant occupés par les malades et l’administration ayant un bâtiment indépendant. Ou bien même, tout se trouvant réuni sous le même toit, au premier étage serait la salle des malades, au second et au rez-de-chaussée les bureaux et les dépendances.

En résumé, la seule règle à poser est celle-ci : il ne faut pas superposer plus de deux rangées de salles occupées par des malades. Le pavillon d’hôpital doit donc se composer, outre le sous-sol ouïes caves, d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage.

3“ Dispositions des pavillons, plans qui ont été suivis ou p7'oposés pour la construction des hôpitaux formés de pavillons séparés. — Les pavillons ne devant contenir que 50 malades environ, les dispositions à prendre seront trèsdifférentes, suivant que l’hôpital est destiné à recevoir moins de 50 lits, 100 lits, ou que prenant des proportions plus considérables, il est appelé à comporter plus de deux pavillons. Les quelques lignes que nous venons de consacrer aux petits hôpitaux, ne comportant qu’une ou deux salles de malades, nous semblent suffisantes. Grâce au petit nombre de malades qu’ils contiennent, ils jouissent d’une salubrité qui ne laisse d’habitude rien â désirer.

Pour 100 lits environ, nous avons quatre salles de malades et deux pavillons composés d'un soubassement, d’un

rez-de-chaussée et d’un premier étage. On les disposera spr une même ligne, séparés par un bâtiment destiné â l’admis ipstration et aux dépendances.

Il sera presque toujours possible de choisir pour ces pe^? tits hôpitaux une orientation favprahle et de les entourer de jardins, en évitant le voisinage trop immédiat des arbres de haute futaie. Leur peu d’importance les privera du se^ cours de la vapeur et des puissants appareils de chauffage et de ventilation, mais ce défaut sera compensé par le petit nombre de malades qu’ils contiennent.

Nous ne croyons pas qu’il y ait aucune objection sérieuse à faire d l’exécution d’un pareil plan, Userait à désirer que l’on puisse assez morceler le service hospitalier des grandes villes pour ne jamais dépasser ces dimensions restreintes; malheureusement les administrateurs trouvent la chose impossible et préfèrent construire de grands hôpitaux,

Voyons quelles ont été les dispositions adoptées jusqu’ici pour grouper, dans un grand hôpital, les pavillons destinés aux malades près des bâtiments consacrés aux services administratifs. Les éléments du problème à résoudre sont les suivants : isoler les pavillons assez pour qu’ils ne puissent se nuire, ni dans leur ventilation, ni dans leur aération; assurer entre eux une communication facile à l’abri des intempéries en les rapprochant et en les reliant les uns aux autres. Parcourons rapidement le plan de quelques-uns des hôpitaux les plus importants.

La disposition la plus simple est celle dans laquelle les pavillons sont parallèles et réunis entre eux et aux bâtiments administratifs par une galerie rectiligne. Ils sont disposés sur un rang dans l’hôpital de Brest, dans celui de Vincennes, dans l’hôpital militaire de Malte, dans l’Episcopal Hospital de Philadelphie; sur deux rangs, à droite et à gauche du couloir : à l’hôpital militaire de Woolvick, au Judiciary square Hospital de Washington, à l’hôpital de Blackburn, etc,; enfin, les pavillons forment deux rangées

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perpendiculaires à deux couloirs parallèles à Lariboisière et à West-Philadelphia Hospital. Nous trouverons ensuite quelques plans plus compliqués, où les galeries sont courbes et où les pavillons qu’elles relient sont dirigés parallèlement à des rayons partant d’un même point.

Hôpital de Brest. — L’hôpital de la marine, à Brest, est de construction récente : commencé en 1823, il fut terminé en 1832, sous le ministère de M. Clermont-Tonnerre, dont il porte le nom. Il est formé de dix pavillons parallèles, séparés par un intervalle de 15 mètres, et mis en communication par une galerie couverte. Les pavillons ne sont pas tous identiques : les huit plus grands sont réunis deux par deux à l’extrémité opposée à la galerie commune, aussi leur isolement n’est pas aussi parfait que l’on pourrait le désirer (fig. 1) (1). L’hôpital de Brest s’éloigne donc d’une façon assez sensible des hôpitaux construits d’après le sys. tème des pavillons séparés; il est destiné à contenir 1179 malades, soit plus de 100 lits par pavillon, chiffre évidemment trop considérable, si l’on considère leur peu d’étendue et l’étroit intervalle qui les sépare. M. Husson lui reproche aussi d’être étroitement enfermé par des bâtiments dépendant de l’arsenal maritime; c’est là une condition défavorable à la ventilation et à l’aération.

Hôpital militaire de Vincennes. — C’est le plus parfait de tous les hôpitaux qui relèvent de l’administration de la guerre. De construction toute récente, il n’a été ouvert aux malades qu’en 1858. Il est formé de deux grands pavillons doubles et rectangulaires, séparés par un intervalle de 150 mètres environ, et réunis entre eux et au bâtiment de l’administration par une large galerie ouverte qui aboutit à la cage d’escalier pratiquée au centre de chacun des pavillons. Ceux-ci se trouvent donc divisés vers leur milieu, et il est

(1) Quelques-unes des figures qui accompagnent cet article ont été empruntées ù \' Étude sur les hôpitaux, de M. Husson.

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