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rus, le cathétérisme de la trompe, dont les résultats, toujours illusoires et souvent même néfastes dans le traitement des suppurations pelviennes, se passent de tout commentaire. M. Doléris (4) qui, dans un but qu’on ne saurait trop louer, s'était fait en France le vulgarisateur et le défenseur de ces procédés conservateurs, n’a pas tardé lui-même à en constater les inconvénients et les dangers. Certes, nous sommes avec lui, comme la suite le prouvera, pour reconnaître « la nécessité d'une gynécologie conservatrice et parcimonieuse de grands sacrifices » et pour accepter « le principe de la graduation des opérations » : mais le premier essai opératoire doit commencer à l’incision évacuatrice.
Le principe de l’intervention solidement établi, nous devons, avant de discuter le choix de cette intervention, rechercher quel est le moment le plus favorable pour la mettre en pratique.
: I — Cellulite pelvienne.
Dans le traitement de la cellulite pelvienne, confondue, comme nous l'avons vu, par Bernutz et Goupil avec leur pelvi-péritonite essentielle, ces auteurs épuisaient la série des ressources aussi nombreuses que vaines du traitement médical, avant de se résoudre à l'évacuation du pus ; Gaillard-Thomas et de Sinety n’intervenaient qu’en présence d’un état général précaire et Gallard attendait avec résignation l'apparition de la fluctuation. Scanzoni, M. Duncan, Bandl, Heïtzmann, Schræder et Braun (2), dont nous connaissons le pronostic erroné sur les abcès sonores du bassin, bien que franchement interventionnistes,n’étaient point cependant pour l'incision hâtive. Bernutz (3), abandonnant sa pratique ancienne,est.un des premiers qui ait estimé qu'il y avait le plus grand
intérêt à ouvrir de bonne heure lesabcès pelviens. Delbet(4), chaud partisan de l'intervention précoce, pense également qu’il faut
(1) Doréris, Evacuation artificielle des collections enkystées de la trompe par la dilatation permanente et le drainage utérin. C. R. de la Soc. de biol., 21 décembre 1888. — Salpingite et castration. Bull. de La Soc. obst. et gyn. de Paris, 1889. — Des dangers et des difficultés d'application du traitement conservateur par la thérapeutique intra-utérine dans les lésions annexielles. Arch. de locologie, oct. 1895.
(2) Cités par PieRRE DELBET, Tr. des suppurations pelviennes, p. 395.
(3) Bernurz, Confér. cliniq. Paris, 1888, p. 542.
(4) P 1enRE DeLser, loc. cil., p. 398,
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« ouvrir une voie au pus, dès qu'on a la certitude qu'il existe » ; mais Segond, comptant la résolution parmi les terminaisons possibles du mal, émet l'avis « qu’il faut d’abord recourir à un traitement antiphlogistique » (1).
me paraît qu’à l’heure actuelle, l’incision immédiate de toute inflammation du tissu cellulaire pelvien devrait être admise sans restriction aucune. Eh quoi ! n’aurions-nous tant proscrit la moindre temporisation, dans ce petit phlegmon qu’on nomme panaris, que pour faire preuve d’hésitation dans le phlegmon autrement important et grave qu'est la cellulite pelvienne ? Je sais bien que, dans cette dernière, on n’a point à redouter la nécrose d’une phalange ou la perte d’un tendon; mais la propagation de l’inflammation en est-elle moins possible, la pyohémie ou la septicémie moins réalisables ? Qu'il me soit permis, à ce propos, de rappeler une observation caractéristique, rapportée par Monod et Macaigne (2) et dont je puis parler en connaissance de cause, puisque c'est moi qui, alors interne provisoire dans un service de médecine à l'hôpital St-Antoine, fit passer la malade dont il s’agit, dans le service chirurgical de M. Monod. Accouchée au forceps dans le courant de juin 1895, atteinte d’un abcès au sein dansles derniers jours de juillet, cette femme entrait à l’hôpital versla fin du mois d'août pour des douleurs pelviennes dont la première apparition remontait à l’époque de ses couches. Le toucher vaginal faisait constater l’existence dans le cul-de-sac droit d'une induration ligneuse qui, remontant derrière la ceinture pelvienne, était également perceptible au-dessus de l’arcade de Fallope. Les souffrances étaient supportables et l'aspect de la malade, douée d’une bonne santé habituelle, était des plus rassurants. Cependant un examen moins superficiel décelait déjà les manifestations encore peu apparentes de la septicémie subaiguë : teint légèrement plombé, petits frissonnements fréquents, oscillation vespérale de la température entre 38° et 39°, inappétence, asthénie, courbature générale. L'intervention fut dès ce moment proposée ; mais la malade, se sentant peu souffrante, se récria et ce fut seulement
(4) P. Secoxp, in Durray et Reczus, Tr. de chir., t. VIIT, p. 591.
(2) Moxop et Macaioxe, Contribution à l'étude des infections par streptocoques. Rev. de chir., t. XIV, fév. 1894. Obs. V : Phlegmon du ligament large. Septicémie streptococcique. Mort,