‹ Essai sur les indications opératoires et le choix de l’intervention dans le traitement des suppurations pelviennesChapitre 18 sur 44 · II. — Pelvi-péritonite · texte numérisé non relu

II. — Pelvi-péritonite

Ce qui nous semble vrai pour la cellulite pelvienne, ne l’estil point pour la pelvi-péritonite? Et sous ce nom de pelvi-péritonite nous entendons l’inflammation pelvienne où les lésions péritonéales, qu'elles soient réellement primitives ou au contraire secondaires, dominent, dans tous les cas, toute la scène. « La pelvi-péritonite, quelle que soit sa nature, nous dit Segond (1), réclame à la période aiguë un traitement antiphlogistique et sédatif semblable à celui du ligament large. » Pour Bouilly (2), il n'est pas toujours nécessaire « d’ouvrir d'emblée les tuméfactions devenues accessibles dans le cul-de-sac postérieur. Il peut s'agir d'une masse, formée par des adhérences intestinales et des exsudats péritonéaux récents, dans laquelle une ouverture ne saurait rien évacuer et pourrait ne pas être sans danger. L'er-

(1) P. Sxconn, loc. cit., p. 598.

(2) G. BouiLzx, Bull. et mém. de la Soc. de chir., 1890, p. 494.

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reur d'appréciation est facile à commettre et souvent ne peut être évitée que par l’examen répété des lésions et surtout de leur évolation. D'autres fois, il s’agit d’une collection séreuse enkystée dans des néomembranes et pouvant, dans les jours suivants, subir une telle diminution qu'il n’y ait plus lieu d'intervenir ».

Tout en rendant hommage au grand sens clinique et à l'expérience consommée de ces deux maîtres en la matière, j'avoue ne pouvoir souscrire à leur opinion. Sans doute l’erreur de diagnostic est facile et la résolution de l’inflammation possible, comme le fait fort justement remarquer M. Bouilly ; mais où est le danger d’une incision vaginale précoce ? Avec une opération aussi simple et aussi bien réglée que l’est aujourd’hui la colpotomie, devons-nous craindre, même dans les cas exceptionnels auxquels fait allusion M. Bouilly, la perforation d’une anse intestinale ? Je ne le crois pas. Le danger est-il donc dans la possibilité d’une infection secondaire ? Pas davantage, car qu'adviendrait-il alors de toutes les interventions vaginales où le péritoine est ouvert ? Mais si nous ne courons alors que le risque de voir notre inci-

sion, qui devait être curative, se transformer en une simple incision exploratrice, où sera le grand mal de la pratiquer de parti pris dès le début des accidents ? Qui sait d’ailleurs, même en n’évacuant que de la sérosité et n’ouvrant que le foyer, où le pus ne doit se collecter que plus tard, si nous ne ferons pas œuvre utile? Attend-on que la présence du pus soit certaine pour ouvrir un phlegmon, et l’incision précoce n'est-elle pas le meilleur moyen d'arrêter la marche envahissante de l'inflammation ? Je donne ces Hess pour ce qu ‘ils valent ; mais ma conviction profonde est qu’en matière de pelvi-péritonite aiguë, aussi bien que de cellulite pelvienne, nous avons tout à perdre et rien à gagner à la temporisation. Aussi, en ce qui concerne du moins ces deux variétés d'inflammation péri-utérine, accepterai-je sans aucune modification la formule émise par Henrotin (4) au Congrès de Genève : « aussitôt que le chirurgien ou le médecin constate la présence d'une affection septique localisée, l’incision du vagin doit être immédiate, autrement dit, on incisera dès que le diagnostic sera posé. La femme peut n'avoir été malade que 4 ou

(1) Hexrorin (de Chicago), C. R. du Congrès de Genève, p. 193.

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5 jours et cependant le danger est présent. Vous ne savez jamais où s'arrêtera l'infection et, pendant que vous appliquez vos cataplasmes, administrez vos bains de siège, vos injections rectales et vaginales, les dégâts augmenteront ».

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