‹ Essai sur les indications opératoires et le choix de l’intervention dans le traitement des suppurations pelviennesChapitre 25 sur 44 · IX. — Salpingo-ovarites suppurées et suppurations complexes · texte numérisé non relu

IX. — Salpingo-ovarites suppurées et suppurations complexes

Faire choix de la méthode opératoire la meilleure dans le traitement des salpingo-ovarites suppurées qui sont justiciables, suivant les indications précisées antérieurement, d’une intervention chirurgicale est le point vraiment délicat de notre travail. En présence d’une cellulite pelvienne ou d’une pelvi-péritonite sans lésions apparentes des annexes, la discussion, en effet, ne pouvait guère porter que sur l'heure et le lieu les plus favorables à l’incision évacuatrice. Mais ici le problème se complique d'une donnée nouvelle : les parties malades peuvent être supprimées et il s’agit de savoir laquelle vaut le mieux d’une intervention conservatrice ou d’une opération radicale. Si la nature de l’inflammation, le siège des organes atteints, le degré d’acuité et l’étendue des lésions étaient toujours les mêmes, s’il n'existait surtout aucune incertitude sur le pronostic quoad functionem,la solution serait aisée. Mais un pyo-salpinx banal et une salpingite tuberculeuse sont-ils comparables ? Abordera-t-on par la même voie l’annexite | suppurée à siège franchement abdominal et celle qui est prolabée dans le cul-de-sac de Douglas ? Les lésions torpides, peu septiques, ou au contraire extrêmement virulentes ne commanderontelles pas une règle de conduite différente? Ne se fera-t-on pas plus de scrupule de pratiquer chez une jeune femme une castration bilatérale que de lui supprimer ses annexes d'un seul côté ?

hs . Javrx, Pathogénie de quelques fistules recto-vaginales consécutives à l’hystérectomie vaginale. Ann, de gyn. et d'obst., février 1896, t. I, p. 118.

LG

Un pyo-salpinx récent et une vieille annexite suppurée auront-ils enfin un titre égal aux procédés conservateurs ?

Ce n’est donc qu'après des considérations multiples et variables, selon les circonstances, que le chirurgien devra prendre une détermination : ‘il se laissera avant tout guider dans son choix par le désir de guérir avec le minimum de dégâts ; mais lorsque l’intervention radicale lui paraîtra formellement indiquée, il devra la faire toujours assez complète pour éviter la récidive ou la persistance de phénomènes morbides.

Pour déterminer la part qui revient à chacune des méthodes conservatrice et radicale dans le traitement des lésions suppurées des annexes, nous devons successivement envisager, en procédant du simple au composé, les différents cas qui peuvent se rencontrer dans la pratique.

Pyo-salpinx unique, froid, non compliqué. — Dans l’hypothèse la plus simple, nous nous trouvons en présence d’un pyo-salpinx unique, qui ne s'accompagne ni de phénomènes généraux, ni de signes apparents de péri-salpingite. En pareille circonstance nous pensons que le chirurgien doit avant tout subordonner sa conduite au siège occupé par la collection purulente et à l'ancienneté des lésions.

Siune poche tubaire, d’inflammation assez récente pour laisser espérer encore une restitution ad integrum, est prolabée dans le cul-de-sac postérieur, ou si, tout en occupant une situation plus élevée, elle est encore facilement accessible par le vagin, pourquoi ne pas essayer tout d’abord de la simple incision vaginale ? En 1890, Bouilly (1),dans sa remarquable communication à la Société de chirurgie, considérait à cette époque la colpotomie comme une « opération de nécessité » qui n’était indiquée que si « la fièvre, l’état d’épuisement donnaient peu de chances de succès à la laparotomie » ; mais en 1896, au Congrès de Genève, le même auteur reconnaissait que « des faits nouveaux semblaient permettre d'étendre les indications de l'incision vaginale et d’attaquer à froid des collections tubaires ou ovariennes suppurées, siégeant dans le cul-de-sac postérieur ou dans un des culs-de-sac latéraux ».

(1) Bourzev, De l’ouverture par la voie vaginale des collections purulentes salpingées et ovariennes. Bull, et mém, de la Soc. de chir., t, XVI, p. 500,

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