‹ Essai sur les indications opératoires et le choix de l’intervention dans le traitement des suppurations pelviennesChapitre 9 sur 44 · TER · texte numérisé non relu

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une seule fois dans cette voie par Sänger (1). Enfin la tentative d'Hegar et Wiedow (2), pour introduire la méthode sacrée dans le traitement des suppurations pelviennes, n’a qu'un bien faible écho auprès de Schede, Czerny et Kummel (3).

Il faut croire cependant que la voie abdominale ne donnait pas dans le traitementdes inflammations péri-utérines tous les résultats désirés, car on vit bientôt surgir un nouveau mode d’intervention vaginale, dont la fortune devait égaler puis dépasser, jusque dans ces derniers temps du moins, celle de la laparotomie. Le 42 décembre 1887, Péan (4) pratique la première hystérectomie vaginale pour suppuration pelvienne ; mais trois années s’écoulent avant que, dans les communications successives au Congrès international de Berlin (5), puis à l’Académie de médecine (6), et dans une leçon professée à l’hôpital Saint-Louis (7), cet habile chirurgien « pose les indications de la castration utérine, en décrive les temps opératoires et, par 60 opérations sans un décès, en démontre l'efficacité et la bénignité » (8).

Le premier et le plus chaud partisan de «l'opération de Péan » fut Segond (9), auquel revient l’honneur d’avoir étendu le champ de ses indications : d’abord limitée, en effet, aux suppurations péri-utérines graves, où elle constituait un drainage idéal, l’hystérectomie vaginale, faisant entre les mains de Segond une concurrence directe à la laparotomie, s’adressa de plus aux cas moins complexes de tumeurs annexielles facilement énucléables. C'était, comme l'écrit Baudron, « la substitution pure et simple de lhystérectomie à la laparotomie dans toutes les lésions inflammatoires bilatérales des annexes ».

Notre but n’est ici que d’ébaucher à grands traits les différentes phases par lesquelles est passée l’histoire du traitement des suppurations pelviennes et ce serait nous perdre dans le détail que de rappeler les polémiques soulevées par l'opération de Péan

(1) Pierre DeLer, loc. cit., p. 418.

(2) Wisvow, Berlin. klin. Woch., 1889, p. 203.

(3) Mouesnin, Thèse de Paris, 1894, p. 316.

(4) SEcnEYRON, Trailé d'hystérotomie et d'hystérectomie, P. 184. Paris, 1889,

(5) PSan, Xe Congrès international de Berlin, 1890,

(6) Péan, Bull. de l'Ac. de Méd., 1890, t. XXIV, p. 9.

(1) PÉAN, Bull, méd., 1880, p. 633.

(8) BAUDRON, Thèse de Paris, 1894, p. 10.

(9) SEconn, Bull, el mém. de la Soc, de Chine 891 D A0

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dans le monde chirurgical ; nous ne pourrions d’ailleurs que paraphraser les pages impartiales consacrées par Baudron à l'historique de la castration utérine. Contentons-nous donc pour l'instant de marquer les principales étapes du chemin parcouru par la nouvelle intervention : le remarquable rapport de Segond (1) au Congrès de Bruxelles établit définitivement le droit de cité acquis par l’hystérectomie vaginale dans le traitement des inflammations utéro-annexielles ; un peu plus tard, Richelot (2) écrit, dans sa langue imagée, que « les grandes suppurations et les adhérences compliquées sont l’écueil de la laparotomie, le triomphe de l’hystérectomie vaginale » ; enfin Bouilly (3), exprimant au Congrès de Genève l'opinion de la majorité, proclame que « l’hystérectomie vaginale représente la méthode par excellence de traitement des suppurations pelviennes et que la laparotomie ne vit plus que de ses contre-indications ».

La voie vaginale avait donc reconquis à cette époque son droit de premier occupant, car non seulement l'opération de Péan éclipsait celle de Lawson Tait dans l’extirpation des tumeurs annexielles, mais encore l'ancienne incision vaginale, sous l'effort persévérant de Laroyenne,qu’un premier échec n'avait pas découragé, était définitivement préférée à la laparotomie, dans la simple ouverture des abcès pelviens, Les communications de Goullioud (4), élève de Laroyenne, et de Bouilly (5) furent le point de départ de cette réaction salutaire qui n’a fait que s’affirmer depuis, comme en témoignent les nombreuses et récentes publications de Tuffier et Rodriguez (6), de Rosenblat (7), Pozzi (8), Monod (9),

(13 P. Secos», Rapport sur les suppurations pelviennes. Congrès intern. d'obst, et de gyn. de Bruselles, septembre 1892.

(2) G, Ricueor, L'hystéreclomie vaginale. Paris, 1894.

(3) G. Bouuzyx, Trait, chir, des supp. pelv. Congrès de Genève, septembre

(4) Gourxsour, Congres français de chirurgie, octobre 1889.

(5) Bourzzx, De l'ouverture par voie vaginale des collections purulentes salpingées et ovariennes. Bull,et mém. de la Soc, de chir., 1890, t. XVI, p. 500,

(6) Roprseuez, Incision du cul-de-sac postérieur dans les suppurations et les hémorrhagies pelviennes. Thèse de Paris, 1895.

(1; RosexeLAr, Incision du cul-de-sac postérieur dons les suppurations el hématocèles pelviennes, Thèse de Paris, 1896.

(8) Poza, De la colpotomie dans les suppurations pelviennes. Sem. gyn., 48 février 1898,

(2) Moxop, Traitement des salpingites suppurées par lincision vaginale. Bull. et mém. de la Soc, de chir., 1898,

Phocas (1), Dally (2), Sassy (3), Picqué (4), Hartmann (5), Legueu (6), Massier (7) et Morély (8), pour ne citer que les plus importantes .

Le crédit sans cesse grandissant de la voie vaginale s’augmenta même d’un troisième mode de traitement des lésions inflammatoires des annexes par le vagin. H. T. Byford (9), en 1888, reprenant la pratique déjà ancienne d’Atlee (10) et de Gaillard Thomas (11), dont l'exemple avait été momentanément suivi par Gilmore de Mobile (12), Davis de Wilkesbarre (13), Clifton E. Wing de Boston (14) et Goodell, préconisa l’ablation des annexes par le vagin, sans hystérectomie préalable. Bouilly et Vallin (15), Picqué et Bonnecaze (16) en France, Braïlhwaite (17)en Angleterre, Chrobak (18) et Martinetti (19).en Allemagne firent quelques applications de cette nouvelle méthode ; mais celle-ci devait surtout sourire à Laroyenne (20) et Goullioud (21) qui, dès 1893, la mettaient en pratique dans les cas les plus difficiles. Condamin (22),

(1) Puocas, L'incision vaginale dans les supp. pelv. Nord méd., 1°' juin 1898. E

(2) Dazry, L'incision vaginale directe dans Les coll. pelv. Thèse de Paris,

(3) Sassy, Incision du cul-de-sac postérieur dans les supp. pelv. Thèse de Paris, 1898.

(4) Picoué, De la valeur de la colpotomie. La Gynécologie, n° 3, 1898.

(5) Hartmann, La colpotomie postérieure dans le traitement des annexites suppurées. Ann. de gyn., août 1898.

(6) LecuEu, Revueinternationale de méd., 1898, p. 313.

(7) Massier, De la valeur de la colpolomie dans les opérations pelviennes. Thèse de Paris, 1898.

(8) Morézy, Essai sur l'ouverture des collections pelviennes par la voie vaginale. Thèse de Paris, 1899.

(9) H. T. Byrorn, Removal of the uterine appendages and small ovarian tumeurs by vaginal section. Am. Journ. of obst., avril 1888.

(10) Cité par Goover, in Archives de locologie, trad. pe SoyRe,

(11) GaïzLarn Tnomas, loc. cit,

(12) Gicmore, New- Orl, med. and surg. Journ., novembre 1813.

(43) R. Davis, Bost. med. and surg. Journ., 1816.

(14) C.E. Winc, Bost. med. and surg. Journ., 1816 et Amer. Gyn. Society, 1871. ]

(15) VaLLIN, Thèse de Paris, 1887.

(16) Bonnrcaze, Thèse de Paris, 1889.

(17) BraïLHwaITE, in The Lancel, 1888.

(18) Curopak, Cent. f. Gyn., n° 39, 1888.

(19) MarmNerTrr, Cent. f. Gyn., n° 59, 1888.

(20) Larovenxe, De l’ablation par le vagin des annexes de l'utérus enkystées dans une pelvi-péritonite. Ann. de gyn., juillet 1893,

(21) Gourrroun,Extirpation vaginale et unilatérale de petits pyo-salpinx.Lyon méd., 18 décembre 1892 et 29 janvier 1893.

(22) Conbamin, De l’ablation des annexes par la voie vaginale dans la salpingo-ovarite enkystée. Lyon méd., 8 juillet 1894,

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marchant sur leurs traces, la considéra comme un procédé de choix dans les salpingo-ovarites enkystées et inspira la thèse de Manouléides (1) sur la salpingo-ovariotripsie. Enfin Dührssen et Martin de Berlin se présentèrent, en 1897, au Congrès international de Moscou « le premier avec une statistique de 305 cas de colpo-cæliotomie, dont 200 où cetie opération fut pratiquée pour la cure des inflammations des annexes utérines, le second avec le total plus imposant encore de 496 colpo-cæliotomies pratiquées pour les lésionsles plusdiverses de l'appareil génital » (2).

Cependant la voie vaginale conservait des adversaires irréductibles qui, perfectionnant avec patience la technique de la laparotomie, devaient rendre un jour à cette dernière sa suzeraineté perdue. Malgré Lawson Tait (3), qui dédaignait de contrôler par la vue l’œuvre de sa main, l’introduction de la position déclive dans la pratique gynécologique a marqué un des progrès les plus sensibles de la chirurgie pelvienne par voie abdominale. Déjà recommandée par Ambroise Paré (4), pour « réduire l'intestin tombé en les bourses », et par Jean Scultet {5), dans le même but, la position déclive a été utilisée pour la première fois chez la femme par Freund (6) comme simple moyen d'exploration ; c’est au même titre que Mendes de Leon (7) en a vanté l'emploi. Trendelenburg (8) qui, au dire de Willy-Meyer (9), l'aurait tout d’abord appliquée à la recherche des tumeurs de la vessie, commença, en 1890, à la mettre couramment en pratique dans ses interventions gynécologiques par la voie abdominale. La position de Trendelenburg, ainsi qu’on la appelée depuis, fut rapidement adoptée par la plupart des laparotomistes,quilui durentleurs plus beaux succès. La vue parfaite des organes malades, la pro-

(4) Manoucénes, De la salpingo-ovariotripsie. Thèse de Lyon, 18917.

(2) F. Vause Casricco, De la colpo-cæliolomie sans hystéreclomie dans l'eztirpation des lésions uléro-annexielles. Sa pratique à la clinique chirurgicale de l'Hôtel-Dieu. Thèse de Paris, 1897.

(3) L. Tarr, Maladies et extirpation des appendices utérins. Edinb. med.

* Journ.. p. 201, septembre 1885.

(4) Cité par P. Desrosses, in Revue de gynécologie, juillet-août 1899. 5) IBrp,

ni Cité par Lenrz, Beitrage zur gyn.untersuch. Die untersuch. in Suspension, Strasburg, 1880.

(1) Menpes ne Leon, Cent. f. Gyn., 26 mai 1888,

(8) TrenpeLensure, Verhandl. d, deutsch. Gesell,f. Chir., Berlin, 1890, XIX, p. 53, et Samml. klin. Vortr., Leipzig, 1890, n° 355.

(9) Wizzv-Meyer, Arch. f. klin. Chir., 1885, Bd XXXI, p. 514,

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