‹ Essai sur les insectes et les maladies qui affectent le blé [microforme]Chapitre 6 sur 17 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Parasites végétaux.

Tous les êtres qui s’établissent sur d’autres êtres pour s’y attacher ou en tirer leur nourriture, ont reçu le nom de parasites. Les parasites parcourent toutes les phases de leur existence on une partie seulement, sur les individus où ils ont été déposés soit à l'état d'œufs, de graines ou de spores. Les vrais parasites sont ceux qui vivent aux dépens des sucs élaborés par les plantes qui les portent, comme le gui, l’orobanche, un grand nombre de champignons, etc. ; les faux parasites au contraire sont ceux qui ne trouvent qu’un appui dans la plante à laquelle ils s’attachent, et qui vivent aussi bien sur un individu comme sur l’autre, comme les lierres, les lianes, etc.

Parmi les faux parasites, bien qu’il arrive quelquefois qu’il s’en attache quelques-uns au froment, nous n’en connaissons aucun pour avoir été remarqué lui être grandement dommageable ; il n’en est point ainsi des vrais parasites. Mais comme ces derniers sont presque tous des plantes cryptogames, pour mettre le lectsur plus en état de comprendre les explications qui vont suivre, avant d'entrer dans les détails, je dirai un mot du mode de reproduction de ces plantes singulières.

Les botanistes partagent les végétaux en deux grandes classes, savoir : ceux dans lesquels les organes de la reproduction sont visibles ou apparents qu’ils appellent phanérogames, et ceux où ces

mes organes n'apparaissent pas et semblent ne pas exister qu’ils nomment cryptogames. On a ignoré pendant longtemps le mode de reproduction de plusieurs familles de ces derniers, tels que les urédinées, les mucédinées, etc., on a même hésité longtemps à reconnaître plusieurs ifdividus de ces mêmes familles pour appartenir au règne végétal. Mais depuis l'invention des verres convexes et les études attentives du savant physiologiste Bénédict Prévost, il n’est

plus permis de douter aujourd’hui que les moisissures, les rouilles des plantes, ete., ne soient de véritables végétaux, qui pour n’être point aussi parfaitement conformés que les autres, n’en suivent pas moins les mêmes règles générales de naître, croitre et mourir et de se reproduire de semence. Et au point de vu: de l'étude philosophique de la nature, la moisissure que vous tranchez de la lame de votre couteau en ouvrant un pain un peu vieux, en vous laissant voir ses racines, ses tiges, ses branches, ses fleurs et sés graines, productions qui n’ont pu venir que d’une semence qui a résisté à l’action fermentative de la pâte et à la chaleur du four, ne vous annonce pas moins l'artiste suprême, que ces belles productions qui font le charme des campagnes et la beauté des jardins.

Si l’on prend de la poussière de carie ou de quelqu’autre urédinée et qu’on la répande sur de l’eau maintenue à 120 ou 130 Rhéaumur, on verra au bout de quelques jours, chaque globule microscopique composant cette poussière, se gonfler au double de son volume, puis pousser un tubercule d’une longueur de cinqà six fois son diamètre. Ce tubercule se divisera ensuite à son extrémité en six, 8 et même 10 branches, tantôt sessiles et tantôt romifiées. Ces branches présenteront plus tard des articulations apparentes ou mieux des grains internes infiniment petits, et en même temps les globules paraîtront affaissés et laisseront voir des réseaux, qui sans doute renfermaient auparavant les graines ou sporules séminiformes maintenant développées et qu’on ne peut se refuser à regarder comme les semences de la plante. Les globules qui forment la carie, la rouille, etc., sont donc des plantes cryptogames, à moitié de leur croissance, et qui ont besoin de se trouver dans d’autres circonstances pour achever leur développement. Ceci posé, nous allons nous occuper séparément de la carie, du charbon ei de la rouille seules plantes parisites reconnues comme nuisibles au froment,

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