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qu'aucun effort n'a encore été tenté pour faire fisparaître cette maladie. Et l’on sait que de toutes les maladies du froment, la carie est celle qu’on a pu le plus facilement dominer, puisqu’elle n’a jamais résisté à un bon chaulage de la semence.
Si dans un champ dont la semence a été suffisamment chaulée on retrouve encore quelques traces de carie, cela n’est dû qu’aux sporules séminiformes qui ont pu rester dans le sol au temps de la moisson et que des circonstances particulières ont portées à se développer au temps de la germination. De là encore la sage précaution de ne jamais semer de blé sur un chaume de céréale atiaquée de carie,
Un des chaulages les plus efficaces et les moins dispendieux est le suivant : faites dissoudre 14 livres de sulfate de soude (sel de Glauber) dans deux gallons d’eau. Lorsque le sel est bien fondu, vous arrosez votre tas de blé avec un balai, ayant soin de remuer avec la pelle jusqu’à ce que tout le tas se trouve imbibé, et que l’eau commence à couler autour ; alors avec de la chaux fraîchement éteinte mélangée de cendre vous asséchez votre tas, de manière à ce que chaque grain en soit bien imprégné et praliné. Votre semence peut attendre ainsi préparée plusieurs jours ou bien être semée de suite.
On peut aussi prendre du sulfate de cuivre (vitriol bleu) au lieu de sel de Glauber dans la proportion d’une livre pour deux gallons d'eau. Ce dernier chaulage sera même plus sûr que le premier, en ce que le sulfate de cuivre étant un poison vif, il protégera la semence contre les insectes qui ont coutume de la rechercher dans la terre ; toutefois une semence ainsi préparée ne pourrait encore causer la mort aux volailles qui en mangeraient, la chose a été expérimentée plus d’une fois.
Du Charbon.
Uredo segetum, De Candolle.—Le charbon est de même que la carie un champignon parasite de la famille des urédinées. Il est pulvérulent comme tous les champignons de cette famille, et il détruit ou remplace les organes dans lesquels il se développe, Le charbon a été souvent confondu avec la carie et la rouille, quoïque ses caractères soient assez tranchés pour qu’il soit toujours
facile de le distinguer de l’une ou de l’autre. Dans plusieurs:en: droits, on donne aussi au charbon le nom de néelle,
Le charbon attaque quelquefois les feuilles et les tiges des plantes, mais le plus souvent c'est la graine même qu’il envahit, Le charbon s'attaque à presque toutes les graminées, mais il semble affectionner davantage l’avoine, l'orge et le maïs, On ne distingue guère dans un champ les pieds qui en sont affectés que par une taille un peu moindre et une couleur un peu plus terne. Tant que l'épi n’est pas encore sorti de ses enveloppes, les parties malades paraissent à peu près dans leur état naturel. Mais aussitôt que l’épi a écarté les feuilles qui le dérobaient à la vue, il paraît aussitôt d’un gris pâle, et en peu de temps on le voit prendre une teinte noire et charbonnée. Les enveloppes florales, les pédicules, les épillets, tout est altéré, changé ou consumé ; souvent même c’est avec peine qu’on peut reconnaître les vestiges du grain. Il teint en noir les doigts de ceux qui le touchent et tombe en poussière si on le secoue ; cette poussière est inodore,
Les sporules séminiformes du charbon qui sont infiniment petites, et plus légères encore que celle de la carie et de la rouille, prennent aussi naissance dans l’intérieur même de la plante. La preuve en est qu’on trouve des épis entièrement détruits par le charbon avant même qu’ils soient sortis de leurs enveloppes ; les semences du champignon absorbées dans le sol avec les liquides alimentaires de la plante ayant trouvé dans l’épi les circonstances favorables à leur développement.
Le charbon est désastreux pour le cultivateur quand il attaque un grand nombre d'épis On a vu des champs de grains dans lesquels il avait envahi le quart, la moitié et même les deux tiers des épis. Tout les épis du même pied sont charbonnés, quelquefois tous les grains du même épi ne le sont pas, mais ces grains sont toujours petits, grèles et ridés. On voit le charbon se développer aussi bien dans une année sèche que dans une année pluvieuse, aussi bien sur un terrain sec que sur un terrain humide. Mais on a remarqué que là où il avait fait plus de ravages, c'était toujours sur des terrains peu fertiles ou qui l’année précédente avaient porté une graminée affectée de charbon. C’est que dans le premier cas la vie végétative étant affaiblie, le champignon a
rencoutré moins de résistance à son dévelop, «ment, et dans le second, le terrain ayant retenu les spores des champignons de l'année précédente recelait d'avance les éléments du mal.
Le remède serait donc d’abord le chaulage pour débarrasser la semence des spores qui auraient pu s’y attacher et en second lieu de ne jamais semer de grain sur un chaume d'une céréale quelconque attaquée du charbon.
I n’est pas probable que le charbon puisse être dommageable à l'homme par lusage qu’il peut faire du grain qui en aura été attaqué, puisqu’au temps de la moisson les spores du champignon ont déjà en grande partie laissé le grain, et que le battage et le vannage doivent le débarrasser du reste. Suivant plusieurs auteurs la paille même des épis charbonnés quoique d’une qualité
“inférieure ne saurait être préjudiciable aux animaux qui en se-
raient nourris.
Le charbon n’a jamais que je sache causé de grands dommages au cultivateur canadien. On a rarement vu, je pense, des champs de froment en Canada avoir plus d’un centième ou d’un soixantième d’épis attaqués du charbon. Cela est dû sans doute à la vigueur de végétation qui caractérise notre climat et peut-être aussi à la coutume, presque générale dans ce pays, de faire alterner les jachères avec les récoltes.